« Un homme du Daghestan préférerait mourir debout plutôt que de devenir une femme »
Yekaterina Neroznikova, militante des droits humains au sein du groupe de crise Marem (Марем), actif au Caucase du Nord, déconstruit deux thèses antiféministes centrales : que les féministes déstabiliseraient la natalité, et que les femmes seraient déjà surreprésentées dans les institutions d’État. Elle montre comment répression, misogynie d’État et guerre s’imbriquent, et pourquoi les initiatives militantes de base continuent de résister malgré les menaces et les poursuites. [AN]
Femmes, levez la main
Les politiciens russes estiment que les femmes russes n’ont pas besoin du féminisme. Pour eux, c’est comme une maladie : d’abord on arrête de se raser les aisselles, ensuite on prend les hommes en haine, et après on sait ce qui vient – le mode de vie « sans enfants », le séparatisme lesbien et le mouvement antiguerre. On se sert des féministes pour effrayer les femmes et les enfants, sans jamais expliquer en quoi elles seraient si mauvaises.
« Un homme du Daghestan préférerait mourir debout plutôt que de devenir une femme ! Que les femmes des montagnes restent des femmes des montagnes et ne deviennent pas des lesbiennes ! Et personne – ni l’Occident ni quiconque – ne peut mettre la Russie à genoux ! »
Ces mots sont ceux de Gadjimourad Magomedov, directeur de l’École de football de réserve olympique du Daghestan, prononcés trois mois après le début de l’invasion à grande échelle de la Russie en Ukraine, lors d’un rassemblement en soutien aux forces armées russes [1]. Ce court discours illustre d’emblée trois questions de genre qui se sont aiguisées depuis le début de la guerre : la transphobie, renforcée après l’interdiction du changement de genre ; la persécution des personnes LGBTQ+ ; et l’opposition active entre les soi-disant valeurs familiales traditionnelles et l’influence corruptrice de l’Occident, censée dévoyer femmes et enfants russes. Selon les autorités russes et leurs propagandistes, il faut protéger les femmes de l’influence des féministes – nourries par l’Occident, elles n’auraient qu’un seul désir : transformer tout le monde en êtres asexués et sans enfants.
Voici un extrait d’une chronique du poète et publiciste Igor Karaulov :
Le féminisme n’est pas nécessaire en premier lieu aux femmes elles-mêmes. Une femme qui réussit n’insistera pas pour qu’on l’appelle « manageuse », « rédactrice en cheffe » ou « entrepreneuse ». Elle ne verra pas d’inconvénient à ce qu’un homme lui tende la main ou lui ouvre une porte – elle n’y voit rien d’humiliant. Elle ne s’affirmera pas en refusant de se raser les aisselles ; elle connaît de meilleures façons de le faire. Elle apprécie sa féminité. Elle apprécie la virilité chez les hommes et veut leur plaire. Ces exemples montrent que le choix entre « féminisme » et un patriarcat à la Domostroï [2] est une fausse alternative, et qu’il n’est pas obligatoire de choisir l’un de ces deux partis [3].
L’auteur s’adresse aux personnes de 30-40 ans qui ont grandi à l’époque des films érotiques de Tinto Brass [4], où les femmes ne se rasent ni les aisselles ni d’autres parties du corps, ce qui ne les empêche pas d’être féminines et sexy. Pourtant, les histoires de peur autour des « terribles féministes poilues » résonnent encore dans certains cœurs russes. Ce procédé est-il encore efficace après quatre ans de guerre totale, ou faut-il désormais des accusations plus sérieuses ?
Thèse n°1 : les féministes ont volé nos enfants. Ou bien pas ?
Le féminisme est un phénomène visant peut-être à défendre les droits des femmes, mais qui aura de grandes conséquences négatives. Si les droits des femmes sont vraiment développés, les filles ne voudront pas se marier et n’auront pas d’enfants. Voilà le problème. Elles veulent être égales aux hommes. C’est compréhensible. Mais un homme ne peut pas accoucher… Il faut être très prudent avec le féminisme.
Cette déclaration de Vladimir Jirinovski, défunt dirigeant du LDPR (Parti libéral-démocrate de Russie, ЛДПР) [5], est un aveu assez candide sur le « danger » du féminisme. Aujourd’hui, les opposant·es au féminisme dans l’espace public russe le répètent comme une évidence : la femme doit être épouse et mère, rien de plus.
« La chose la plus importante pour une femme est d’enfanter et de prendre soin de ses enfants. La capacité de donner la vie est un précieux don, et la famille est la priorité absolue de l’État. » Tels sont les termes dans lesquels Vladimir Poutine a félicité les Russes le 8 mars 2024. Il a dit à plusieurs reprises qu’avoir des enfants devrait être à la mode et qu’il faudrait prendre exemple sur le Caucase du Nord, où les femmes accouchent plus souvent et plus tôt. Il a cité la Tchétchénie en modèle, où les femmes auraient six enfants et commenceraient presque dès la fin du lycée.
Mais est-ce exact ? Selon les statistiques officielles [6], l’âge moyen de naissance du premier enfant en Tchétchénie est de 23,1 ans, et au Daghestan de 23,4 ans. Les hommes en Tchétchénie contractent leur premier mariage officiel à 30 ans en moyenne, les femmes à 25 ans. Si la Tchétchénie est bien la championne de natalité en Russie, son taux s’établit à 2,67 enfants par femme – et non pas à cinq ou six. Dans les autres républiques du Caucase du Nord, le nombre moyen d’enfants par femme est de 1,86 en Ingouchie et de 1,78 au Daghestan. La natalité est en recul dans le Caucase comme partout dans le pays. Les femmes caucasiennes restent en tête, mais l’époque où elles étaient contraintes d’avoir de nombreux enfants est révolue.
Au Caucase du Nord, le récit de la maternité et du mariage comme vocation première de la femme reste particulièrement prégnant, ce qui explique que nombre de femmes des républiques y soient réceptives. Mais des données officielles fiables sur leurs préférences réelles ne sont guère à attendre prochainement. Ce que les féministes auraient « imposé » à ces femmes se traduit surtout par des exigences accrues envers les hommes : des blogueuses daghestanaises recommandent ainsi de plus en plus souvent aux futures mariées les documents à exiger de leur promis (casier judiciaire vierge, attestation de la clinique de narcologie, absence d’arriérés de pension alimentaire). Les hommes les critiquent régulièrement pour cela, les accusant d’avoir trop d’exigences.
Pendant ce temps, des femmes assassinées par leur partenaire font les nouvelles presque chaque semaine. Les féministes y sont associées – mais uniquement parce qu’elles contribuent à diffuser ces informations. Et malgré les risques, et malgré les arriérés de pension alimentaire dépassant 150 millions de roubles (plus de 70% des mauvais payeurs étant des hommes), les femmes veulent toujours être mères.
Elles continuent d’avoir des enfants malgré la crainte d’en être privées. En cas de séparation d’avec le père, l’enfant peut être soustrait à la mère selon des règles non écrites et des traditions locales : l’enfant est censé rester dans la famille paternelle. Les militantes du projet « Caucase sans mère » reçoivent des dizaines de demandes de femmes qui tentent de retrouver le droit de voir leurs enfants – surtout en Tchétchénie et en Ingouchie. La pratique s’est répandue au point que certains hommes russes enlèvent leurs enfants à leurs ex-femmes et se réfugient avec eux à Makhatchkala ou à Grozny.
Les féministes ont-elles influencé le rapport des femmes à la maternité ? En partie oui, notamment par le travail d’éducation des militantes et des défenseures des droits humains. Le groupe de crise Marem (Марем) informe depuis cinq ans les femmes de leurs droits et les aide à lutter contre les violences [7]. Ce travail peut influer indirectement sur la natalité, car il modifie les priorités des femmes vers une vie de meilleure qualité. Mais il n’a rien à voir avec la propagande du mode de vie « sans enfants » ou avec la haine des hommes que les « folles féministes » instilleraient prétendument. Les études montrent que seulement 2,4% des femmes russes ne veulent absolument pas d’enfants ; celles qui n’en ont pas le doivent avant tout à des problèmes de santé ou à des difficultés à trouver un partenaire.
Et surtout, cinq ans de guerre ne sont pas propices à mettre des enfants au monde. Selon une étude récente, un tiers des Russiennes ont repoussé leurs projets d’enfants jusqu’à la stabilisation de la situation dans le pays [8].
La situation démographique que les autorités russes déplorent depuis le 24 février 2022 pourrait être améliorée par une lutte systématique contre les violences domestiques ; par un travail de réduction de la tolérance sociale envers la violence ; par de meilleures conditions pour les accouchements et pour celles qui les assistent ; par des cours d’éducation sexuelle ; par un soutien en matière de contraception et de planification familiale ; par un accompagnement des femmes dans l’acquisition d’une formation professionnelle leur permettant d’assurer l’avenir de leurs enfants ; et par la construction de villes sûres dotées d’infrastructures accessibles. Tout cela enverrait un signal clair : dans ce pays, je n’ai pas peur de devenir mère.
L’Alliance des initiatives féminines de Russie a publié à l’occasion de la Journée des mères une pétition pour une maternité digne, qui énumère huit revendications essentielles : droit au choix reproductif, maternité et accouchements respectueux, conditions économiques et sociales stables. Ce sont ces enjeux qui méritent attention, plutôt que de rejeter la faute sur les femmes et sur celles qui les défendent.
Thèse n°2 : les statistiques, ou comment les misogynes les manipulent
Les organes du pouvoir d’État sont aux mains des femmes, qui occupent 73% des postes, et dans les tribunaux et les parquets elles représentent 81%. J’ai appelé ce phénomène « l’État profond féministe ».
Ces propos de Vladimir Maslov, délégué à un congrès des pères tenu quelques mois auparavant, exposaient tristement ce qu’il identifiait comme un problème. Ils résument un argument récurrent des opposant·es au féminisme : les femmes sont déjà omniprésentes, la Russie a hérité des meilleures pratiques soviétiques, il serait temps de se calmer.
Ces mêmes amateurs de statistiques omettent cependant de mentionner que dans les organes du pouvoir, les femmes n’accèdent quasi jamais aux niveaux les plus élevés de l’encadrement, durablement occupés par leurs collègues masculins. La Russie compte certes plus de femmes juges que n’importe quel autre pays, mais elles sont pratiquement absentes des sommets : à la Cour suprême, elles représentent moins de 30% des sièges, et seules deux femmes en sont présidentes. À la Cour constitutionnelle, sur dix juges en exercice (sur onze sièges), il n’y a qu’une femme. Dans les tribunaux militaires, en 2024, on comptait 700 juges, dont seulement 17 femmes.
Même si l’on fait fi du fait que les femmes n’accèdent pas aux postes les plus élevés et qu’on se satisfait de leur présence quantitative dans le système, il ne faut pas négliger que les tribunaux n’en deviennent ni plus justes ni plus cléments envers les femmes. À l’inverse, des femmes sont emprisonnées pour des infractions pour lesquelles un homme aurait pu obtenir un sursis. L’École supérieure d’économie (HSE) a récemment observé que les femmes recevraient en moyenne douze mois de moins que les hommes pour un meurtre. Mais les infographies montrent que, dans la plupart des cas, les femmes n’auraient tout simplement pas dû purger de peine de prison : elles agissaient en légitime défense contre un partenaire intime.
C’est précisément en temps de guerre que la condamnation la plus sévère de l’histoire judiciaire russe contemporaine a été prononcée contre une femme : Daria Trepova a écopé de 27 ans de prison pour l’explosion dans un café de Saint-Pétersbourg, qui a coûté la vie au blogueur pro-guerre Vladlen Tatarsky [9]. Une bénévole, Nadin Geisler, qui aidait les réfugié·es depuis le début de l’invasion à grande échelle, a elle aussi failli recevoir la même peine – sa condamnation a finalement été réduite à 22 ans.
Le système ne ménage pas davantage les personnes âgées. Il y a quatre ans, Zarema Mousaïeva, mère âgée de blogueurs tchétchènes de l’opposition, a été traînée pieds nus dans la rue par des agents des forces de sécurité tchétchènes en plein hiver et emmenée de force de Nizhny Novgorod à Grozny [10]. Zarema, qui a du mal à marcher sans aide, est toujours en détention, et le système ne prévoit pas de la libérer, fabriquant sans cesse de nouvelles accusations. Et pourtant, on dit que les femmes sont traitées avec un grand honneur dans le Caucase.
Les femmes : une force que le pouvoir veut contrôler
La guerre est un lourd fardeau pour la Russie, et il devient chaque mois plus difficile d’expliquer aux gens pourquoi ils doivent le porter. Les féministes, avec leurs thèses sur le rejet de toutes les formes de violence, ne cadrent pas avec un récit dans lequel l’État justifie chaque jour l’agression et chante les louanges des « héros de l’OMS » [11].
Les protestations contre la mobilisation ont offert une démonstration saisissante de la menace que les femmes actives font peser sur l’État russe. L’une des manifestations les plus importantes a eu lieu à Makhatchkala en septembre 2022 [12]. Des centaines de femmes de tous âges, nationalités et convictions sont descendues dans la rue pour exiger que leurs proches ne soient pas envoyés à la guerre. L’activité des manifestantes a d’abord pris la police de court : c’est une chose d’affronter un jeune homme à qui on peut tordre le bras, mais que faire d’une grand-mère en pleurs ? Cependant, les forces de l’ordre ont fini par trouver le moyen de les remettre à leur place. Certaines d’entre elles sont encore, aujourd’hui, visitées par des fonctionnaires du Centre E (Direction principale de lutte contre l’extrémisme du ministère de l’Intérieur de Russie) [13].
Qu’observe-t-on aujourd’hui ? On explique aux écolières l’importance de devenir mère. On oriente les adolescent·es vers les prêtres plutôt que vers les éducateurs en santé sexuelle. Les centres de santé féminine se remplissent de documentation antiavortement, et la directrice du fonds « Femmes pour la vie » (« Женщины за жизнь »), financé par l’État, arrache elle-même les brochures sur les différents modes de contraception accrochées aux murs. La littérature féministe est retirée de la vente car elle véhiculerait prétendument une idéologie extrémiste. Pourtant, pour mille roubles seulement, on peut acheter un livre d’Abou Omar Sasitlinski, qui a figuré pendant dix ans sur la liste rouge d’Interpol pour financement du terrorisme et pour des liens avec lequel des personnes ont été envoyées en prison en Russie.
Dans le même temps, les programmes de développement du potentiel des femmes dans les républiques du Caucase du Nord proposent « la création d’ateliers culinaires et de couture pour les filles issues de familles en difficulté », sans jamais mentionner le mot « violence ». Les femmes sont invitées à se regrouper sous la bannière de Russie unie (« Единая Россия ») pour soutenir les « vétérans de l’OMS » et collecter de l’aide humanitaire pour ceux qui ne sont pas encore morts à la guerre. On présente comme des avancées pour les femmes les pharmacies séparées par genre en Tchétchénie et un café réservé aux femmes à Grozny – dirigé, bizarrement, par un homme.
Pourtant, les voix des femmes continuent de se faire entendre, que ce soit pour défendre ouvertement le féminisme – souvent dangereux désormais – ou pour s’opposer, plus simplement, à la violence. Ksenia Goriatcheva, du parti Nouvelles personnes (« Новые люди »), fait passer discrètement des initiatives en faveur des femmes à la Douma d’État et prend la parole pour les victimes de violences. Nina Ostanina soutient prudemment le durcissement des peines pour les violences familiales. Oksana Pouchkina, bien qu’ayant quitté la politique, poursuit son activisme public.
Les initiatives de base, créées par des femmes pour des femmes [14], continuent d’aider malgré la pression. Les militantes de Marem reçoivent encore des menaces anonymes de « défenseurs des traditions », qui les accusent de propager la haine des hommes avec l’argent de l’Occident. Parfois, même les forces de l’ordre comprennent qu’on ne peut pas se détourner de ces problèmes. C’est ce qui s’est passé avec Ayna Mankieva, qui avait fui sa famille en Ingouchie pour échapper aux violences. Elle a été relâchée par un commissariat de Moscou sans être remise à ses proches. Des membres du Conseil présidentiel pour les droits de l’homme et des député·es de la Douma d’État ont pris sa défense, et la police a cessé de la rechercher.
Il reste encore beaucoup à faire. Des drames comme le meurtre d’Ayshat Baïmouradova à Erevan ou la disparition de Seda Souleymaniva en Tchétchénie montrent qu’une femme ayant fui les violences reste une cible facile. Mais il est de plus en plus évident que davantage de personnes refusent de faire comme si rien ne s’était passé – y compris au sein des diasporas nationales. Après le meurtre de Larissa Arsanoukayeva à Nice, des femmes tchétchènes qui avaient gardé le silence pendant des années sont sorties manifester et ont appelé à ne plus ignorer ni étouffer les meurtres de femmes au sein des diasporas.
Alors, la propagande contre les féministes est-elle efficace ? Il est encore trop tôt pour répondre. Mais cinq ans de guerre ont déjà amené de plus en plus de gens à comprendre que le vrai danger ne vient pas des féministes, mais du voisin qui peut tuer sa compagne, sa sœur, son amie, puis partir au front pour échapper aux poursuites et revenir auréolé des honneurs de l’État.
Yekaterina Neroznikova
Yekaterina Neroznikova est journaliste et militante des droits humains, coordinatrice et bénévole du groupe de crise Marem (Марем, Russie), qui soutient les femmes victimes de violences domestiques et sexuelles dans les républiques du Caucase du Nord (Daghestan, Tchétchénie, Ingouchie, Ossétie du Nord). Elle a quitté la Russie après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Elle fait l’objet de poursuites administratives en Russie pour sa participation à une émission de Radio Free Europe (RFE/RL, désignée « organisation indésirable » en Russie depuis 2024) consacrée à l’enlèvement de Seda Souleymaniva.
Source : Posle Media, 11 mars 2026 : posle.media/article/muzhchine-dagestana-luchshe-umeret-stoya-chem-stat-zhenshchinoy
Traduit et notes pour ESSF par Adam Novak.
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78333
Notes
[1] Discours disponible en ligne (en russe) : vk.com/video-60114953_456239977
[2] Le Domostroï (Домострой) est un guide domestique russe du XVIe siècle codifiant les rôles au sein de la famille sur des bases patriarcales et religieuses strictes. Le terme est devenu synonyme en russe de conservatisme patriarcal extrême.
[3] Igor Karaulov, colonne publiée dans Vzglyad, 8 février 2023 :
vz.ru/opinions/2023/2/8/1198151.html
[4] Tinto Brass (né en 1933), réalisateur italien de films érotiques – Caligula(1979), Miranda (1985) – dans lesquels les corps féminins ne sont généralement pas épilés.
[5] Vladimir Jirinovski (1946—2022), dirigeant du LDPR pendant plus de trente ans, décédé en avril 2022. Démagogue nationaliste russe connu pour ses sorties provocatrices.
[6] Tochno.st, données sur la Tchétchénie :
tochno.st/problems/gender_inequality/regions/chechenskaya_respublika
[7] Le groupe Marem (Марем, fondé en 2020) apporte un soutien juridique et psychologique aux femmes victimes de violences domestiques et sexuelles dans les républiques du Caucase du Nord (Daghestan, Tchétchénie, Ingouchie, Ossétie du Nord) ; il aide également à l’évacuation vers des lieux sûrs. Pour une analyse de l’activisme féministe de base en Russie, dont le groupe Marem, voir : « Tisser la résistance féministe en Russie », Europe Solidaire Sans Frontières (ESSF), 2025 :
europe-solidaire.org/spip.php ?article75731
[8] Glasnaya.media, « Okolo treti rossiyan otkazalis ot idei rozhat detej iz-za vojny… », 10 septembre 2024 :
glasnaya.media/2024/09/10/okolo-treti-rossiyan-otkazalis-ot-idei-rozhat-detej-iz-za-vojny-ekonomicheskoj-i-politicheskoj-situaczii-v-strane-govoritsya-v-issledovanii-niu-vshe/
[9] Daria Trepova a été condamnée en août 2024 pour l’explosion dans un café de Saint-Pétersbourg en avril 2023, qui a tué le blogueur militaire Vladlen Tatarsky (nom réel : Maxim Fomine).
[10] Zarema Mousaïeva est la mère d’Abubakar, Baisangur et Ibragim Yangulbaev, blogueurs tchétchènes d’opposition. Arrêtée en janvier 2022, elle est restée depuis lors en détention. En mars 2026, un tribunal tchétchène l’a condamnée à près de quatre ans supplémentaires à l’issue d’un nouveau procès. Voir : The Moscow Times, « Chechen Judge Re-Sentences Zarema Musaeva to Nearly 4 Years in Prison After Retrial », 5 mars 2026 :
themoscowtimes.com/2026/03/05/chechen-judge-re-sentences-zarema-musaeva-to-nearly-4-years-in-prison-after-retrial-a92127
[11] OMS : « Opération militaire spéciale » (Специальная военная операция, СВО), euphémisme utilisé par les autorités russes pour désigner l’invasion de l’Ukraine depuis le 24 février 2022. L’utilisation du mot « guerre » est passible de poursuites pénales en Russie.
[12] Des centaines de femmes ont manifesté à Makhatchkala les 25 et 26 septembre 2022, au lendemain de l’annonce de la « mobilisation partielle ». La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des fourgons ; au moins 250 personnes ont été arrêtées sur les deux jours, dont des journalistes. Pour une analyse du mouvement de résistance féminine antiguerre en Russie, voir : « Résistance féministe en Russie », entretien avec le Mouvement socialiste de Russie (RSD, Secrétariat unifié) et la Résistance antiguerre féministe (FAS, Феминистское антивоенное сопротивление), ESSF, 2023 :
europe-solidaire.org/spip.php ?article65904
[13] Le Centre E (Центр « Э », ou Direction principale de lutte contre l’extrémisme, Главное управление по противодействию экстремизму) est un service du ministère de l’Intérieur russe chargé de surveiller et de réprimer les groupes jugés « extrémistes », y compris les militant·es pacifistes, les féministes et les personnes LGBTQ+.
[14] Pour un panorama des initiatives féministes de base en Russie dans le contexte de la guerre, voir : « En Russie, les féministes descendent dans la rue contre la guerre de Vladimir Poutine », manifeste des féministes russes, ESSF, 2022 :
europe-solidaire.org/spip.php ?article61344 ; et : « Russie — La recherche féministe d’alternatives », entretien avec Anastasia Polozkova et Ella Rossman, ESSF, 2025 :
europe-solidaire.org/spip.php ?article77295
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