Édition du 21 juin 2022

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Éducation

Hausse des frais de scolarité et baisse des inscriptions en Grande-Bretagne

Gracieuseté du ministre des Finances, Raymond Bachand, les étudiants universitaires québécois vont connaître, à partir de l’an prochain jusqu’en 2016, une hausse de 75 % de leurs frais de scolarité. Pour réaliser cette politique, il a l’appui indéfectible du « 1% de la population ». Une demande jugée courageuse par la présidente de la très réactionnaire Fédération des chambres de commerces du Québec, Françoise Bertrand. « On aurait souhaité une hausse encore plus élevée pour rejoindre la moyenne canadienne. Mais c’est un bon début » !.

La situation déjà difficile des étudiants québécois devrait empirer. Alors qu’il a fallu d’immenses efforts des gouvernements québécois successifs pour rattraper l’Ontario dans le domaine de la scolarité postsecondaire de la population, et que l’économie actuelle exige un effort encore plus important, le gouvernement du Québec fait fausse route un demandant un effort qui dépasse les limites de ce qui peut être raisonnable. On peut d’ores et déjà prévoir qu’on assistera à une baisse de la fréquentation des universités.

Une étude récente produite en Grande-Bretagne confirme ces craintes. Le nouveau gouvernement conservateur en place dans ce pays veut en effet augmenter les frais de scolarité à 9 000 livres sterlings à partir de l’an prochain. Or l’enquête menée par le Universities and Colleges and Admissions Service (l’organisation responsable de la gestion des admissions aux universités) démontre que les admissions devraient diminuer de 12 % en raison de la hausse des frais, passant de 59 413 nouvelles admissions à 52 321. Elle révèle que le nombre total de demandes – les candidats peuvent faire des admissions à cinq universités différentes – passerait de 325 527 à 299 764.

L’augmentation des frais aurait des effets plus importants sur les femmes : les demandes d’admissions provenant de femmes baisseraient de 10,5 % contre 7 % de celles provenant d’hommes. Mais ce sont surtout sur les demandes provenant de personnes déjà sur le marché du travail que la politique de hausse des frais de scolarité aura le plus grand impact. Le nombre d’admissions provenant de personnes de plus de 40 ans s’effondrerait de 27,8 % alors que celles des personnes entre 30 et 39 ans baisserait de 22,7 %.

L’étude n’a pas cherché à tenir compte des effets de cette politique en fonction de l’origine socioéconomique des personnes. Mais on peut se douter que ceux provenant des familles à faible revenu ou de la classe moyenne seront plus tragiquement frappés.

10 000 étudiants sont descendus dans les rues de Londres, le 9 novembre, pour signifier leur colère. Mais à Montréal, le lendemain, ils étaient 30 000 ! Ils auront besoin de s’atteler à la tâche puisqu’ils ont deux adversaires à combattre : le gouvernement actuel et le CAQ de Legault !

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