Édition du 6 décembre 2022

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Féminisme

Initiative des Nations Unies contre la violence sexuelle en temps de conflit ( « UN Action » )

L ’Initiative des Nations Unies contre la violence sexuelle en temps de conflit regroupe 13 entités des Nations Unies qui visent à mettre fin à la violence sexuelle durant et après un conflit armé . C’est un effort concerté des Nations Unies pour améliorer la coordination et la responsabilisation, renforcer la programmation et la sensibilisation, et appuyer les efforts nationaux de prévention et d’intervention efficace pour répondre aux besoins des victimes.

« UN Action » est une initiative commune de DPA, DOMP, OCHA, HC DH , BACP, ONUSIDA, PNUD, FNUAP, HCR, UNICEF, UNIFEM, PAM et OMS

Pourquoi l’ONU a - t - elle lancé cette Initiative ?

La violence sexuelle en temps de conflit est un problème actuel grave qui touche des millions de personnes, surtout les femmes et les filles. C’est une stratégie souvent utilisée à grande échelle par des groupes armés pour humilier leurs adversaires et détruire des individus, voire des sociétés entières . La lutte contre cette forme de violence reste très souvent limitée, du fait de la faiblesse des mécanismes de protection dans le pays , d’un système judiciaire inadéquat et de services sporadiques d’aide aux victimes.

Beaucoup continuent à penser que la violence est une conséquence inévitable, bien que regrettable, des conflits et des déplacements – attitude qui encourage l’impunité des coupables et le silence des victimes. Pourtant, le viol en temps de conflit est un crime de guerre, un crime contre l’humanité, un acte de génocide et une forme de torture . C’est une violation grave des droits de l’homme et du droit humanitaire , condamnée de toutes parts . En juin 2008 , le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1 820, qui lie la violence sexuelle en temps de conflit au maintien de la paix et de la sécurité internationales , et demande que “ toutes les parties à un conflit armé mettent immédiatement et totalement fin à tous actes de violence contre les civils ”. Cela signifie que le viol lié à un conflit est reconnu comme une menace pour la sécurité .

En septembre 2009, le Conseil a adopté une nouvelle résolution (1888) pour en hâter l’application . De nombreuses initiatives gouvernementales , non gouvernementales et internationales sont appliquées pour lutter contre la violence sexuelle, mais l’ampleur et la complexité du problème, alliées à une mauvaise coordination, ont abouti à d’énormes disparités dans l’intervention. Le lancement de cette campagne répond aux appels d’organisations de défense des droits des femmes, d’ONG et de victimes, demandant à l’ONU de faire bien davantage pour apporter une solution plus complète au problème. Elle renforce les initiatives des entités des Nations Unies pour mieux coordonner et rationaliser leurs activités , en les rendant “ Unis dans l’action ” au niveau des pays et partout dans le monde .

Quels sont les objectifs de l’Initiative ?

L ’Initiative s’est engagée à aligner l’action de l’ONU plus efficacement sur les efforts des pays pour lutter contre la violence sexuelle, et à renforcer les partenariats avec les ONG et les organisations de la société civile qui s’efforcent activement depuis plusieurs années à mettre fin à la violence en temps de conflit. Elle fait appel aux mécanismes existants aux Nations Unies, notamment au Comité permanent inter organisations (« IASC ») et renforce l’action du Groupe sectoriel global chargé de la protection (« PCWG ») . « UN Action » est une initiative commune de DPA, DOMP, OCHA, HC DH , BACP, ONUSIDA, PNUD, FNUAP, HCR, UNICEF, UNIFEM, PAM et OMS. Comme l’Initiative reconnaît que le problème relève autant de la sécurité que d’une question de développement, elle cherche à renforcer à la fois l’intervention de l’ONU auprès des victimes et les efforts pour prévenir la violence sexuelle durant et après un conflit . Pour s’ assurer que la violence sexuelle est au programme des secteurs de la justice et de la sécurité, l ’Initiative soutient l’engagement des femmes dans la prévention des conflits et accroît leur influence lors des négociations de paix et des efforts de relèvement qui suivent un conflit. Pour aider les victimes à reconstruire leur vie, l ’Initiative cherche à renforcer les services fournis aux victimes, notamment les soins de santé, l’aide juridique et l’assistance économique.

Quels sont les points de convergence de l ’Initiative ?

Trois points d’appui étayent l ’Initiative : 1. Une action au niveau du pays : un appui de longue durée à l ’Initiative au niveau du pays, notamment un renforcement des capacités et un appui pour une programmation commune des institutions des Nations Unies. Par exemple, l ’Initiative a contribué à mettre au point la toute première Stratégie globale pour la lutte contre la violence sexuelle en RDC . 2. Sensibiliser pour une action : Pour faire mieux connaître la violence sexuelle et susciter une volonté politique pour lutter contre elle dans le cadre d’une plus large campagne « Non au viol » . 3. Apprendre par la pratique : La création d’un centre de données sur la violence sexuelle en période de conflit, notamment les méthodes de collecte de données, la jurisprudence internationale et les interventions efficaces .

Quels sont les principes directeurs de l’Initiative ?

Le viol n’est pas une conséquence inévitable des conflits. Il doit être empêché . La violence sexiste, y compris la violence sexuelle , est une atteinte aux droits fondamentaux et à la dignité de toute personne . Toute tentative visant à mettre fin à la violence sexuelle doit tenir compte des inégalités entre les sexes et donner aux femmes une autonomie, et protéger et favoriser leurs droits fondamentaux. Les femmes doivent mener les efforts de sensibilisation et de programmation pour mettre fin à la violence sexuelle et garantir la paix . La participation positive des hommes et des garçons est essentielle. La violence sexuelle en temps de conflit et l ’impunité des coupables font partie des grands silences de l’histoire. Il nous incombe tous d’agir . « UN Action » s’emploie à renforcer la réponse du système des Nations Unies aux résolutions 1820 /1888 , 1325 /1889 , 1612 /1882 et 1674 du Conseil de sécurité , multipliant ainsi le nombre d’adhérents à la lutte contre la violence sexuelle à l’égard des populations civiles. Pour un complément d’information : La supervision de l’action de l’Initiative des Nations Unies est fournie par un groupe permanent de principaux responsables des 13 entités du système des Nations Unies. Le groupe est secondé par un petit secrétariat.

Pour un complément d’information, s’adresser à Gillian Holmes : gillian.holmes@unifem.org ou à Letitia Anderson : letitia.anderson@unifem.org , ou consulter le site : www.stoprapenow.org ; www.facebook.com/UNAction Joignez - vous à nous pour afficher votre solidarité avec d’autres partout dans le monde : croisez vos bras , prenez une photo et téléchargez-la au site : www.stoprapenow.org/get - cross/ « UN Action » elle apporte une réelle contribution dans la vie des femmes et des filles durant et après un conflit, et assure la protection, les services, les réparations et la justice.


État de la situation

Il existe de nombreuses formes de violence à l’égard des femmes : physique, sexuelle, psychologique et économique. Ces formes de violence sont interdépendantes et touchent les femmes depuis avant la naissance jusqu’à la vieillesse. Certains types de violence, comme la traite de personnes, ne connaissent pas les frontières nationales.

Les femmes qui sont victimes de la violence souffrent de toute une gamme de problèmes de santé et leur capacité à participer à la vie publique s’en trouve diminuée. La violence contre les femmes atteint les familles et les communautés à travers les générations et renforce d’autres formes de violence répandues dans la société.

La violence contre les femmes appauvrit aussi ces dernières, leur famille, la communauté et la nation. La violence à l’égard des femmes ne se limite pas à une culture, une région ou un pays en particulier ni à des groupes spécifiques de femmes au sein d’une société. Les racines de la violence contre les femmes se trouvent dans la discrimination persistante à leur égard.

Jusqu’à 70 pour cent des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie. Violence infligée par un partenaire intime . La forme la plus courante de violence subie par les femmes est la violence physique infligée par un partenaire intime. Celles-ci sont battues, victimes de violence sexuelle ou autrement maltraitées. Une étude de l’OMS réalisée dans onze pays conclut que le pourcentage de femmes victimes de violence sexuelle par un partenaire intime allait de 6 pour cent au Japon à 59 pour cent en Éthiopie. Plusieurs sondages mondiaux suggèrent que la moitié des femmes victimes d’homicide sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint ou compagnon.

• En Australie, au Canada, en Israël en Afrique du Sud et aux États- Unis, 40 à 70 % des femmes victimes de meurtre ont été tuées par leur partenaire selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

• En Colombie, une femme serait tuée par son compagnon ou ex-compagnon tous les six jours. La violence psychologique ou émotionnelle par un partenaire intime est aussi largement répandue.

Violence sexuelle

On estime que, dans le monde entier, une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie. Forme de violence sexuelle, la pratique du mariage à un âge précoce est courante dans le monde entier, notamment en Afrique et en Asie du Sud. Le mariage et les relations sexuelles sont souvent imposés à de très jeunes filles, ce qui comporte des risques pour leur santé, y compris l’exposition au VIH/sida et limite la durée de leur scolarité.

L’un des effets de la violence sexuelle est la fistule gynécologique traumatique, blessure résultant du déchirement des tissus vaginaux qui rend les femmes incontinentes et socialement indésirables.

La violence sexuelle dans les situations de conflit

La violence sexuelle dans les situations de conflit est une atrocité abominable, qui se perpètre aujourd’hui et qui touche des millions de personnes, principalement les femmes et les filles. Il s’agit souvent d’une stratégie délibérée employée sur une grande échelle par des groupes armés afin d’humilier les opposants, de terrifier les individus et de détruire les sociétés. Les femmes et les filles peuvent aussi être soumises à l’exploitation sexuelle par les personnes chargées de les protéger.

Des femmes en âge d’être grand-mères et des petites filles ont subi des violences sexuelles systématiques aux mains de forces militaires et rebelles.

Le viol est utilisé depuis longtemps comme tactique de guerre et la violence contre les femmes pendant ou après les conflits armés est signalée dans toutes les zones de guerre internationales ou non internationales.

• Dans la République démocratique du Congo, près de 1 100 viols sont signalés chaque mois, avec une moyenne de 36 femmes et filles violées chaque jour. On s’accorde à penser que plus de 200 000 femmes ont souffert de violence sexuelle dans ce pays depuis le commencement du conflit armé.

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