Édition du 16 juin 2020

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Politique québécoise

Interventions des porte-parole de Québec solidaire en appui aux travailleurs de Papiers White Birch - 28 décembre 2011

Il faudra qu’il ait un front commun de tous les syndicats, de toutes les associations de retraité-e-s (Serge Roy)

Chers amis, chers travailleurs,

J’ai eu l’occasion de parler avec plusieurs d’entre vous. Je suis un ancien syndicaliste. J’ai été président du Syndicat de la fonction publique dans les années 90 (1996-2001). On a eu l’occasion de se battre pour nos fonds de pension parce que le gouvernement voulait faire ce que Peter Brant fait. Il voulait piger dans la caisse pour éliminer son déficit de fonctionnement au lieu de prendre des solutions qui respectaient tout le monde. Je suis donc personnellement solidaire avec ce que vous faites à l’heure actuelle parce que vous voulez sauver quelque chose qui vous appartient. Vous voulez empêcher de vous faire voler. Votre argent ne doit pas servir à remplir les poches des bandits internationaux. C’est inacceptable. On n’est plus au XIXe siècle. On est au XXIe siècle. Les financiers doivent le comprendre. Les gouvernements qui sont élus par la population doivent aussi le comprendre. Québec solidaire est un parti de gauche. C’est facile, qu’ils vont dire, d’aller crier et revendiquer. Les investissements viennent d’où ? Ils viennent du travail de tout le monde dans cette société. Ils ne viennent pas juste d’eux autres. Ils doivent respecter les travailleurs et les travailleuses partout.

Les régimes de retraite, c’est un des enjeux majeurs. Il faut faire continuer à fonctionner cette usine-là qui, en fait, est à vous autres. Les régimes de retraite, c’est encore bien plus à vous autres. C’est votre avenir. C’est l’avenir de ceux qui vous suivent. C’est l’argent que vous avez mis pour faire en sorte que la vie continue d’être belle après avoir donné des dizaines d’années à l’employeur. On n’a pas le droit de laisser aller les régimes de retraite.

Le gouvernement doit passer les lois qu’il faut pour mettre au pas les investisseurs, pour protéger les argents qui ont été mis de côté pour le futur. Vous avez fait des concessions. Il faut une contrepartie maintenant. Il faut une ouverture. Je sais qu’il y a des discussions qui vont se faire. Cela fait partie du système des relations de travail. Ce système de relations de travail doit être respecté y compris par les étrangers qui possèdent la compagnie. Si ce n’est pas de même chez eux, ce n’est pas notre faute. Mais icitte, c’est comme ça. Cette bataille, que vous êtes en train de faire, c’est une bataille pour protéger tous les régimes de retraite. Il y a plein de compagnies qui s’essaient depuis des années pour rayer de la carte les régimes de retraite parce qu’elles trouvent que ça leur coûte trop cher. Pourtant, elles se donnent des congés de cotisations pas mal souvent. Il semble que ça ne leur coûte pas si cher que ça pour assurer la paix sociale.

Quand on vit en société, c’est tout le monde ensemble qu’on organise les affaires. Eux autres, ils n’ont pas l’air de savoir ça. Ils ont l’air de dire moins on est nombreux à organiser les choses, plus on fait du profit. Cette bataille là, elle est fondamentale, elle est essentielle, pas juste pour vous autres, mais pour tous ceux qui ont des fonds de pension. Pour tous ceux et toutes celles qui n’en ont pas. Il faut que tout le monde dans la société ait droit à un régime de retraite. Les régimes, même dans le secteur public, sont menacés. Vous avez vu le maire Labeaume. J’espère que vous m’en voudrez pas de vous dire que je ne l’aime pas, surtout quand je l’entends dire qu’il va mettre les syndicats au pas parce que les régimes de retraite dans les municipalités coûtent trop cher. Il y a quelqu’un qui a négocié ces régimes de retraite, des syndicats FTQ, des syndicats CSN qui ont signé des ententes avec des élus qui ont accepté, qui ont vu que cela pouvait être financé. Comment cela se fait-il qu’aujourd’hui, on pourrait se passer des fonds de pension ? Parce qu’ils ne savent pas administrer ! Cela est inacceptable. Il faudra qu’il y ait un front commun de tous les syndicats, de toutes les associations de retraité-e-s qui nous donnera droit à une retraite qui nous gardera en forme.

La défense du régime de retraite est une des principales luttes qu’on va avoir à faire. (Monique voisine)

Moi, ce que je veux vous dire, c’est qu’aujourd’hui je suis ému d’être avec vous autres pour partager votre lutte qui est importante pour toute la population, pour tout le mouvement syndical, et les gens qui ne sont pas syndiqués et qui n’ont pas de régime de retraite. C’est une lutte essentielle pour contrer la pauvreté. On peut faire reculer la pauvreté. Si on n’a pas ces mesures, comment va-t-on être quand on va devenir plus vieux. On va avoir besoins de ces argents. C’est important. Vous êtes une locomotive et vous améliorez la situation des travailleuses et des travailleurs au Québec. Il faut que vous gagniez la lutte et on est solidaires avec vous autres. Je suis solidaire aussi avec l’ensemble de vos familles. Vous avez des femmes, vous avez des enfants, vous avez une famille élargie et tout le monde subit. Je vous encourage à en parler à tout le monde autour de vous. On est solidaires. Il faut que nos entourages soient solidaires aussi. Cela va être un défi des plus importants, pour les prochains jours, les prochaines semaines, la prochaine année. Il faut que nos conditions de travail, on les conserve et la défense du régime de retraite est une des principales luttes qu’on va avoir à faire.

(Enregistrement et transcription : Bernard Rioux)

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