Édition du 15 septembre 2020

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Québec

L’ASSÉ dénonce la judiciarisation des débats sociaux dans l'affaire GNF vs Morasse

Le 22 avril 2016, l’ancien porte-parole de l’ASSÉ, Gabriel Nadeau-Dubois, est appelé à la Cour suprême pour démontrer qu’il n’a pas commis d’outrage au tribunal lors de la grève de 2012. Selon Jean-François Morasse, Gabriel Nadeau‑Dubois aurait publiquement appelé à désobéir à une injonction, et remet ainsi en cause la décision de la Cour supérieure qui l’avait acquitté.

L’ASSÉ dénonce cette mesure extrême et l’acharnement envers un des porte-paroles de l’ASSÉ en 2012. « Cette judiciarisation vise à brimer la liberté d’expression, d’association et d’action par le recours aux tribunaux », explique Hind Fazazi, actuelle porte-parole de l’ASSÉ. « En contexte de mobilisation sociale et politique, recourir aux tribunaux pour faire taire une personne semble excessif. » Depuis 2012, plusieurs centaines de personnes ont vécu ou vivent encore une forme de judiciarisation. Il s’agit d’épreuves difficiles pour les militants et les militantes qui briment leur liberté et peuvent intimider d’autres personnes à s’impliquer.

D’ailleurs, l’ASSÉ se questionne sur la légitimité de tout ce processus. Rappelons que Nathalie Normandeau, et Éric Duhaime ont organisé en février 2015 un cocktail de financement dans le cadre de leur émission à FM93,3, une radio‑poubelle de Québec, pour financer les frais juridiques de Jean-François Morasse. D’ailleurs, l’avocat de Jean-François Morasse, M. Maxime Roy, est le même avocat qui défendra Nathalie Normandeau, qui est accusée au criminel pour fraude et complot. « Décidémment, il semble qu’une clique au pouvoir et qui en a les moyens tente de défendre ses intérêts », s’indigne Hind Fazazi.

« Pour l’ASSÉ, recourir aux tribunaux pour faire taire des individus n’est ni plus ni moins qu’une atteinte au droit de s’exprimer et de s’associer, et nuit directement au travail des associations étudiantes, des syndicats et des mouvements sociaux écologistes, féministes, autochtones, communautaires ou dénonçant la brutalité policière », affirme Hind Fazazi. « Le recours aux tribunaux mine le débat démocratique, car la contestation est un droit fondamental. Au final, ceux et celles qui peuvent recourir comme cela aux tribunaux sont les plus riches. Cela nous dit quelque chose sur l’état de notre démocratie », s’indigne Hind Fazazi.

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