Les sionistes (Juifs et Gentils) présentent l’État d’Israël comme une exceptionnelle réussite , un pays complet, ¨« le seul au monde dont disposent les Juifs ». On vante sa supposée démocratie, ses réalisations, le tout au milieu d’un ensemble de pays musulmans autocratiques qu’on prend soin de dénigrer sans arrêt, et comme une société libre sans cesse menacée par le « terrorisme » palestinien.
Il y a toutefois une dimension qu’on néglige de souligner parce qu’elle échappe à bien des observateurs et analystes : l’État hébreu, censé constituer un refuge pour les Juifs du monde entier, forme par le fait même un ghetto, dans la droite ligne de ceux d’autrefois en Europe. Mais dans ce cas-ci, les anciennes victimes de pogroms et leurs descendants se sont transformées en bourreaux. Les sionistes ont utilisé à grande échelle la violence pour chasser de son pays la population arabe d’origine et se sont installées sans vergogne à sa place. Les dirigeants et une bonne partie de la population israéliennes se vantent des victoires militaires acquises contre certains pays voisins et des actions de représailles contre la résistance palestinienne.
Les responsables israéliens tentent par tous les moyens d’agrandir leur pré carré en Cisjordanie (rebaptisée « Judée-Samarie » par l’extrême-droite au pouvoir) pour reconstituer le frontières de l’Israël biblique, un projet sacré de leur point de vue. Quand ils évoquent les frontières du « Grand Israël », ils tiennent un langage de ghetto, sans s’en rendre compte peut-être. Ils veulent une terre réservée aux seuls Juifs, à l’exception de la minorité arabo-israélienne qui représente 20% de la population du pays. Ils travaillent et investissent une énergie folle dans l’entreprise d’exclusion des Palestiniens de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, lesquels sont incités par tous les moyens à aller refaire leur vie ailleurs. Il faut donc judaïser à tout prix ce qui reste aux Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, même si cela entraîne une politique constante de harcèlement à leur encontre.
Les sionistes cherchent à reconstituer un nouveau ghetto, cette fois « new look », sur une terre qui, au fond, demeure étrangère aux Juifs israéliens. Ceux-ci ne l’occupent en fait que depuis quelques générations. Les persécutés d’hier en Europe se sont transformés à leur tour en persécuteurs d’aujourd’hui vis-à-vis d’une population palestinienne innocente, dont le seul « crime » consiste à défendre ses foyers, à résister à sa dépossession avec les moyens du bord.
C’est pourquoi l’entreprise sioniste tourne en rond et qu’elle aboutit à une impasse : les Juifs israéliens demeurent entre eux, sans apporter grand chose au Proche-Orient. Ils se trouvent en conflit continuel avec leurs voisins palestiniens et ne récoltent donc que la guerre. Les opérations militaires officielles et les actions terroristes des colons-miliciens en Cisjordanie ressemblent aux pogroms anti-juifs d’autrefois en Europe. Les rôles sont inversés, tout simplement.
Jean-François Delisle
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