Édition du 12 octobre 2021

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Économie

Le gouvernement argentin nage à contre-courant

Alors que la majorité des pays de la planète sont en train de privatiser les services publics rentables et que la majorité des gouvernements sont en train de réduire leur taille pour pouvoir satisfaire les institutions internationales, l’Argentine, qui a connu une crise économique importante, va actuellement à contre-courant de cette logique.

Peut-être devrions-nous nous inspirer de ce pays qui a vu où menait la logique néolibérale ?

La crise économique Argentine avait mené, en 2002, à une mobilisation sans précédent qui a réussi à démettre plusieurs présidents en quelques mois. En 2003, Nestor Kirchner, présenté comme un péroniste de centre-gauche, fut élu président de l’Argentine. Peu de temps après son accession au pouvoir, il renationalisa les postes et les communications.

Le 22 mars de cette année, Kirchner a décrété la nationalisation de la plus grande compagnie de distribution d’eau du pays, Aguas Argentinas. Cette entreprise était possédée en grande partie par la Suez des eaux qui est en guerre avec Kirchner depuis 2002. Celui-ci avait alors accusé l’entreprise de distribuer de l’eau qui pouvait présenter des risques à la santé des citoyens et des citoyennes. Comme Kirchner avait demandé aux entreprises qui fournissaient des services publics de geler leurs prix, la Suez des eaux désirait vendre ses parts dans Aguas Argentinas.

Malgré le désir de la Suez de se débarrasser d’Aguas Argentinas parce que cette entreprise n’était plus assez rentable à cause du gel des prix, la Suez des eaux désire poursuivre le gouvernement argentin pour 1,7 milliard de dollars de dédommagements dans les instances régissant le commerce international parce que celui-ci a brisé unilatéralement le contrat de distribution qu’il avait avec Aguas Argentinas.

Alors qu’au Québec et au Canada, la logique actuelle des gouvernements est de privatiser les services publics, il est important que les citoyens et citoyennes comprennent qu’il peut en être autrement. Au Québec, le gouvernement libéral veut privatiser le Mont-Orford et il y a de plus en plus de menaces et de pressions pour privatiser la SAQ et Hydro-Québec. Au Canada, le gouvernement semble avoir l’intention de privatiser le service postal.

L’exemple de l’Argentine nous prouve donc que l’implication des mouvements sociaux dans la politique active grâce au véhicule d’un parti politique peut mener à des résultats concrets qui sont positifs pour la population. Il nous montre aussi qu’il est possible d’aller concrètement à l’encontre de la mondialisation néolibérale grâce à l’engagement partisan.

En espérant que l’Argentine puisse inspirer les mouvements sociaux au Québec et au Canada.

Sébastien Robert, militant de Québec

Mots-clés : Argentine Économie

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