Édition du 22 juin 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Europe

Les pro-nucléaires à l’offensive, le mouvement antinucléaire à la croisée des chemins

L’industrie nucléaire française des quarante dernières années est à bout de souffle, mais elle se prépare à des mutations importantes et internationales.

Hebdo L’Anticapitaliste - 559 (11/03/2021)

Commission nationale écologie

Après les appels d’éluEs de droite dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et les interventions multiples de « l’expert » Jean-Marc Jancovici en direction du mouvement climat, l’arrière-ban des nucléaristes et nationalistes se mobilise. Le 12 février 2021, une cinquantaine de personnalités politiques et économiques ont signé un appel. Parmi elles, des politiciens de droite, comme l’ancien ministre et sénateur de la Meuse Gérard Longuet, mais aussi les députés PCF du Puy-de-Dôme André Chassaigne et de Seine-Maritime Sébastien Jumel, ou Arnaud Montebourg. Ces initiatives ont lieu alors que la décision de construire six nouveaux EPR pour renouveler un parc vieillissant doit être prise par l’exécutif en 2023. Il s’agit de sauver les soldats EDF, Orano et Andra.

À la tête de réacteurs fatigués et mal entretenus, débordés par des milliers de tonnes de déchets hautement radioactifs, incapables financièrement et techniquement de construire de nouveaux réacteurs mais alléchés par les immenses marchés publics des EPR, du démantèlement, de la gestion des poubelles nucléaires, les industriels de la filière passent à l’offensive médiatique.

Un mouvement antinucléaire à rénover

Face à cette campagne sans précédent, le mouvement anti­nucléaire, fortement éparpillé sur le territoire, parfois divisé et mobilisé sur des thématiques différentes (déchets, EPR, réacteurs vieillissants…), sans moyens financiers, a besoin de se renouveler.

Il ne part pas de rien avec de nombreux groupes très implantés localement et une longue histoire de luttes et de mobilisations. Comme le suggérait la sociologue Sezin Topçu1, il doit avant tout redécouvrir, reformuler, une critique sociale de l’État nucléaire comme cela était le cas dans les années 1970. Ce n’est pas par un langage, une contestation technique et scientifique, mais bel et bien par une autre vision de la société que ce mouvement rentrera en fusion avec la mobilisation massive, mondiale, contre le ­réchauffement climatique.

Changeons le système, pas le climat ! Arrêtons ce système pour arrêter le nucléaire !

L’industrie nucléaire française des quarante dernières années est à bout de souffle, mais elle se prépare à des mutations importantes et internationales. Construire des réacteurs dans les pays émergents, gérer les déchets et démanteler les installations en ponctionnant les finances publiques et encore, apprendre aux populations à vivre en milieu contaminé. Les batailles nouvelles qui émergent contre Euratom, le soutien international aux populations de Tchernobyl et Fukushima, l’interdiction internationale de l’armement nucléaire (TIAN)2, les mobilisations qui montent contre l’enfouissement des déchets, le « recyclage » dans l’industrie ou la construction des gravats contaminés et métaux radioactifs remobilisent la jeunesse et font souvent cause commune avec la mobilisation sur le climat. C’est cette dynamique anticapitaliste et internationaliste que les écosocialistes développent dans le mouvement antinucléaire.

1.
La France nucléaire (Seuil).
2.
Traité sur l’interdiction des armes nucléaires

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