Édition du 4 mai 2021

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Politique canadienne

Les progressistes conservateurs repoussent le vent de changement en Alberta

Pendant les années Klein et après, la base des Tory s’est assoupie, et les votes ont subi un creux record sous la direction de Ed Stelmach, le successeur de Klein. Mais le moindre indice, de l’augmentation des redevances sur le pétrole et le gaz sous Stelmach, même s’il a rapidement reculé, a créé une frénésie et a été à l’origine de la création du Wildrose Party.

Il y a toujours un courant populiste au sein de la politique de l’Alberta, bien que pas toujours de droite. Dans les années 1920, les Mineworkersde Pincher Creek et de Crowsnest Pass, ainsi que les mineurs dans la vallée de Drumheller, dirigés par les Communistes, ont organisé localement un système de santé gratuit basé sur un système de taxe volontaire. Mais dans les années suivantes, la droite Créditiste a pris le dessus, jusqu’à ce que le Parti progressiste-conservateur de Peter Lougheed prenne le pouvoir en 1971. Selon les critères actuels (Stephen Harper, Ralph Klein) Lougheed ressemble à un politicien centriste du courant de modernisation capitaliste, ce qu’il était en réalité.

Pendant les années Klein et après, la base des Tory s’est assoupie, et les votes ont subi un creux record sous la direction de Ed Stelmach, le successeur de Klein. Mais le moindre indice, de l’augmentation des redevances sur le pétrole et le gaz sous Stelmach, même s’il a rapidement reculé, a créé une frénésie et a été à l’origine de la création du Wildrose Party. La polarisation dans le camp bourgeois s’est complétée quand Alison Redford a remporté la course à la direction du Parti Conservateur, et a mis l’emphase sur le « progressiste » et « non sur le traditionnel Parti Conservateur ».

Les contributions financières des entreprises nous donnent un bon portrait de la situation : Alberta-pétrole, et les sociétés de pipeline et de construction ont financé Wildrose, en même temps que des entrepreneurs profitaient de la privatisation orchestrée par Ralph Klein de la Liquor Control Board de l’Alberta (Irving Kipnes et Jim Dinning - Liquor Depot) et, dans une certaine mesure, du système de santé (Sidney Katz - médicaments Rexall Edmonton Oilers). Les compagnies comme Imperial Oil, Bell Canada et Telus ont continué de canaliser leur argent vers le PC, ou encore ont financé également les conservateurs et le Wildrose Party (parfois même les libéraux).
L’élection a commencé avec les scandales concernant le PC. Mais une série d’événements et de déclarations homophobes et racistes provenant du Wilrose Party qui se campait dans le déni ont secoué la passivité des partisans du PC pour aller voter, et a même conduit quelques Néo-Démocrates et Libéraux à voter stratégique – ironiquement non pas en votant Libéral pour chasser les Tory, mais en votant Tory pour écarter le Wilrose Party.

Donc Redford a gagné les grandes villes et le Nord (les maires de Calgary et Edmonton s’étaient tous deux attaqués au Wildrose durant la campagne) et le Wildrose a gagné le sud rural, mais a sérieusement menacé les Torys à Calgary. Les Libéraux ont reculé.

Les Néo-Démocrates ont maintenu leur base traditionnelle dans centre-nord d’Edmonton, doublant leur nombre de sièges de 2 à 4, mais ont échoué dans leur tentative de marquer des points à Edmonton et Lethbridge. L’appui ouvrier pour le parti n’est pas si fort, mais la Fédération de Travail de l’Alberta a maintenu son appui au NPD, malgré quelques flirts avec des Libéraux « progressistes », et une panique de dernière minute à propos du Wildrose Party. Les seuls syndicats qui ont investi des ressources sérieuses dans la campagne ont été les Travailleurs Unis de l’alimentation et du Commerce (TUAC) et l’AUPE, le syndicat des employés provinciaux ( officiellement non partisans).
Traduction André Frappier

Greg McMaster

Militant syndical au STTP Edmonton

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