Édition du 21 mai 2019

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Environnement

Pipeline d'Enbridge : une décision biaisée et antidémocratique

Hier (30 septembre 2015 NDLR) en fin de journée, l’Office national de l’énergie (ONÉ) a donné le feu vert à Enbridge pour l’inversion et l‘augmentation du flux du pétrole qui circule dans son vieux pipeline ligne 9b. Grâce à la complaisance de l’ONÉ, Enbridge pourrait acheminer sous peu de grandes quantités de pétrole des sables bitumineux vers le Québec, soit près de 300 000 barils par jour en provenance de l’Ouest.

Une décision biaisée et antidémocratique

La décision de l’ONÉ n’est malheureusement pas surprenante sachant que le gouvernement Harper a tout fait pour faciliter l’approbation des projets de pipelines nécessaire à l’expansion de la production de pétrole issu des sables bitumineux.

L’adoption du projet de loi mammouth C-38 et l’affaiblissement des protections environnementales par le gouvernement Harper ont rendu l’ONÉ plus biaisée et antidémocratique que jamais. Il importe de rappeler que C-38 a modifié, une panoplie de lois en lien avec l’environnement, dont la Loi de l’ONÉ. À ma connaissance, le pipeline 9b était le premier projet de pipeline à être évalué sous la nouvelle loi. La participation du public a donc été limitée comme jamais dans l’évaluation du projet par l’ONÉ et ce dernier a même refusé d’évaluer l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui sera générée par le projet d’Enbridge.

Comble de la complaisance, l’ONÉ a même acquiescé à la requête d’Enbridge qui demander à ce que les exigences des tests de sécurité soient diminuées. C’est donc avec des tests hydrostatiques à plus faible pression et sur uniquement trois portions (au lieu de la totalité) que ce pipeline vieux de 40 ans a été testé par nulle autre que la pipelinière Enbridge elle-même. Richard Kuprewicz, un expert de la question des pipelines qui collabore avec le département des transports aux États-Unis a d’ailleurs qualifié cette décision de l’ONÉ de « recul important d’un point de vue sécurité ».

L’inquiétude légitime des élus municipaux

Des élus municipaux ainsi que de nombreux citoyens ont fait connaitre leur mécontement et leur inquiétude face à ce manque de sérieux de la part de l’organisme fédéral censé s’assurer de la sécurité de ce type infrastructure. Si la Loi sur l’ONÉ n’est pas réformée prochainement, d’autres projets de pipeline de sables bitumineux, comme Énergie Est, risquent d’être approuvés malgré le fait qu’ils aggraveraient eux aussi la crise climatique, en plus de représenter des risques pour la sécurité des communautés et l’eau potable.

Quand on sait que le pipeline passe dans la cour de certaines résidences, à proximité de garderies et d’écoles ainsi que sous plusieurs cours d’eau, comme la rivière des Outaouais, cette inquiétude est bien légitime. Nous espérons que l’issue de ces élections apportera un changement après 10 ans de règne d’un gouvernement qui est passé maitre dans l’art de dérouler le tapis rouge aux pétrolières.

Patrick Bonin

Blogueur pour Greenpeace Canada. Il est aussi responsable de la campagne énergie-climat pour l’organisme.

http://www.greenpeace.org/canada/fr/

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