Édition du 1er décembre 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Plan pour une économie verte : réactions syndicales et populaires

Suite au dévoilement du "Plan" caquiste pour une économie verte, nous avons compilé une nouvelle revue de presse qui sera mise à jour au fur et à mesure de la publication de communiqués à ce sujet de la part des organisations syndicales et populaires. Bonne lecture.


Plan pour une économie verte 2030 - Un plan insuffisant pour répondre à l’urgence climatique qui menace l’espèce humaine (CSQ)

MONTRÉAL, le 17 nov. 2020 - En réaction au Plan pour une économie verte 2030 (PEV) dévoilé hier par le gouvernement du Québec, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) trouve certaines initiatives intéressantes, mais juge néanmoins que les mesures s’avèrent, dans leur totalité, insuffisantes pour répondre à l’urgence climatique. Au terme du plan qui a été déposé, la population québécoise sera toujours confrontée à un défi de taille pour assurer sa survie à long terme devant les changements climatiques.

La présidente de la CSQ, Sonia Ethier, trouve que le plan qui a été déposé est incomplet pour engager le Québec dans une lutte sérieuse contre les changements climatiques. Bien qu’elles constituent une partie de la solution, les mesures présentées ne permettront pas de répondre, à elles seules, à l’urgence climatique. « La hauteur du défi qui se présente à l’espèce humaine ne semble pas encore pleinement prise au sérieux par le gouvernement du Québec, qui se fie encore au bon vouloir des entreprises et des particuliers. Alors que ça fait déjà près de 30 ans que l’on sensibilise, que l’on éduque et que l’on mobilise pour un monde plus écologique, le constat est que c’est insuffisant pour répondre au défi qui est devant nous. Les jeunes nous le disent depuis longtemps et appellent les gouvernements aux actions. Encourager les bonnes actions est un pas dans la bonne direction, mais il faudra, un jour, que le gouvernement ait le courage de sévir à l’endroit des grands pollueurs plutôt que de leur laisser le champ libre. On attend encore que le gouvernement du Québec affiche clairement son parti pris dans la lutte contre les changements climatiques », explique Sonia Ethier.

De son côté, Anne Dionne, vice-présidente de la CSQ, note que le plan qui a été annoncé reporte encore dans le temps l’objectif d’un Québec carboneutre. Si elle accueille favorablement la mise en place de différentes mesures comme la conversion des bâtiments institutionnels à l’électricité, l’électrification de 25 % des camionnettes du gouvernement et de 65 % des autobus scolaires, elle considère également que les sommes globales allouées sont insuffisantes pour permettre au gouvernement de s’engager pleinement dans la lutte aux changements climatiques. « Les services publics sont un levier important pour aider le gouvernement à atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre, mais le PEV ne prévoit rien pour soutenir les travailleuses et les travailleurs de ce secteur qui tentent déjà d’améliorer l’empreinte carbone de leurs milieux de travail dans une perspective de transition juste. Tout autant, il faut noter le décalage entre les travaux des grands chantiers initiés par le gouvernement dans les derniers mois et le PEV qui a été annoncé hier. Le Québec mériterait d’avoir une approche systématique et cohérente dans la protection de l’environnement et la lutte aux changements climatiques », lance Anne Dionne.

Les groupes sociaux dénoncent le manque d’ambition du Plan pour une économie verte et appellent à la mobilisation (REPAC-03-12)

Québec, le 17 novembre 2020 – Des groupes communautaires, environnementaux, syndicaux, féministes et étudiants s’indignent devant le contenu du Plan pour une économie verte (PEV) déposé ce lundi : Il ne répond absolument pas aux recommandations du GIEC pour prévenir les conséquences de la crise environnementale. Ces groupes jugent tout aussi durement la récente mise à jour économique qui oublie une grande partie de la population et invitent la population à se mobiliser, ce samedi 21 novembre, à 13h, à la Place d’Youville, pour revendiquer une transition verte, juste, féministe et incluse.

Trop peu, trop tard

Pour maintenir la température globale mondiale au-dessous de +20C, le Québec s’est engagé à réduire les émissions de GES de 29 mégatonnes d’ici 2030. Or, le PEV déposé par le ministère de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques fixait l’objectif à seulement 20 mégatonnes. « Déjà que le Plan vert s’annonçait décevant, on apprend que M. Legault est intervenu directement afin d’abaisser les objectifs de réduction des GES à... 12 mégatonnes ! Et ça ne reste que des objectifs ! Pour les atteindre, le gouvernement décide de miser sur les incitatifs financiers plutôt que des restrictions ou des pénalités financières. Le gouvernement a déjà baissé les bras quant à la lutte à la crise environnementale. Nous devons reprendre notre avenir en main », explique Nicolas Roulx des AmiEs de la Terre de Québec.

« D’un côté, le gouvernement Legault sort un Plan vert peu ambitieux et de l’autre, il appuie des projets comme GNL Québec qui, en plus de causer des dommages irréversibles sur la faune, sont très polluants. Sans compter que le plan de relance déposé cet automne (PL66) permet de contourner des réglementations environnementales ! Le gouvernement Legault manque clairement d’ambition, de cohérence et de transparence », s’indigne Anaïs Gousse de la Coalition Étudiante pour un virage environnemental et social.

Le retour de l’austérité

Sans surprise, la récente mise à jour économique du gouvernement Legault prévoyait des déficits cette année et les suivantes et un retour à l’équilibre budgétaire annoncé en 2025-2026. Pour se faire, le gouvernement Legault mise sur une reprise économique et une baisse des dépenses, sans aller chercher de nouveaux revenus. « La table est mise pour un retour à l’austérité. On craint des compressions dans les services publics ! Les travailleur-ses de la santé, de l’éducation et des services sociaux ont vu leurs conditions se dégrader en temps de pandémie et cela affecte forcément les services qu’ils rendent à la population », rappelle Vania Wright-Larin du Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches. « On constate plus que jamais l’importance de maintenir un filet social solide afin de traverser les périodes de crise. Les impacts des changements climatiques sont déjà bien visibles, mais le pire demeure à venir et on doit s’assurer de protéger les populations plus vulnérables », poursuit-il.

La pandémie creuse et continue de creuser les inégalités socio-économiques. Rappelons que les prestations d’aide sociale, malgré une hausse de dépenses liées à la crise sanitaire, n’ont pas été majorées. « La crise sanitaire affecte plus durement et plus longuement les femmes. Elles tiennent à bout de bras les réseaux de la santé, de l’éducation et des services sociaux. Elles sont surreprésentées parmi les personnes les plus pauvres. Alors qu’elles seront touchées de plein fouet par l’austérité des prochaines années, qu’est-ce que le gouvernement Legault priorise dans son plan de relance ? Des emplois à prédominance masculine, encore ! Les femmes refusent d’être non-reconnues et ignorées, » clame Anne-Valérie Lemieux Breton du Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale.

Force est de constater que le gouvernement Legault est bien loin de prioriser la protection de l’environnement ainsi que la justice sociale. C’est pourquoi les groupes communautaires, étudiants, féministes, syndicaux et environnementaux unissent leur voix et appellent à un rassemblement – dans le respect des mesures sanitaires – à la Place d’Youville, ce samedi à 13 h.

Plan de relance verte du Québec : Des demies mesures, des efforts insuffisants et des mesures intéressantes (AQLPA)

Frampton, le 16 novembre 2020 – L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) commente le dévoilement du Plan de relance verte du gouvernement du Québec. Dans le contexte d’extrême urgence de la crise climatique, Québec fait dans les demies mesures et ne répond pas responsablement au défi climatique.

D’abord en ne proposant qu’une réduction de 37,5 % de nos émissions de gaz à effet de serre (GES), un effort vraiment insuffisant, François Legault écarte les demandes du Groupe d’experts intergouvernementaux sur le climat (GIEC), des scientifiques du climat et des groupes citoyens et environnementaux qui exigent des réductions de GES de 50 % pour 2030.

Pour atteindre son objectif visant à réduire de 29 millions de tonnes les émissions de GES québécois le Plan de relance verte propose une réduction de moins de la moitié de cet objectif au Québec soit 12 millions de tonnes ou 42 % et acheter des crédits carbones à l’étranger, en Californie principalement via la Bourse du carbone, pour combler la différence soit 58 %, pour notre économie et la création d’emplois ce serait mieux d’en faire plus au Québec.

Québec souffle le chaud et le froid

L’AQLPA est satisfaite de constater une volonté sérieuse dans le domaine de l’électrification des transports en imposant la fin de la vente de véhicules à essence et diésel pour 2035.

L’AQLPA reconnait et encourage une ambition plus convaincante en matière de production de gaz naturel renouvelable, GNR biogaz biométhane, doublant de 5 à 10 % l’objectif de production de GNR en 2030 bien que le potentiel de 60% de remplacement du gaz fossile par du GNR demeure tout à fait réalisable d’ici-là.

« Québec présente, entre-autres, deux actions vraiment intéressantes qui dans le contexte actuel ressemblent malheureusement à des demies mesure parce que le Premier ministre refuse encore de rejeter le projet d’usine de gaz liquéfié GNL Québec au Saguenay, il faut savoir que ce projet annulerait les efforts de réduction de GES au Québec. Que resterait-il de nos efforts si GNL Québec voyait le jour ? De plus le Premier ministre continue à encourager l’étalement urbain, la construction de routes et la surexploitation de nos forêts ce qui limite gravement notre capacité à réduire plus responsablement des GES », déclare André Bélisle président de l’AQLPA.

Plan pour une économie verte au Québec : Greenpeace déplore un demi-plan

Montréal – En réaction à la publication du Plan pour une économie verte (PEV) par le gouvernement Legault, Patrick Bonin, Responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace a déclaré : 

« La population qui s’est mobilisée pour le climat restera une fois de plus sur sa faim avec ce plan qui, malgré les milliards annoncés et certains efforts dignes de mention, est insuffisant pour respecter les engagements climatiques du Québec. Après avoir reconnu l’urgence climatique, le gouvernement Legault propose un plan édulcoré qui n’atteint que 42% de la cible de réduction des GES du Québec pour 2030 alors que cette dernière n’est déjà pas assez ambitieuse. Proposer un plan incomplet et remettre l’adoption de politiques et de mesures plus ambitieuses à plus tard nous fait craindre un nouvel échec alors que le Québec vient de rater son objectif de réduction des GES pour 2020.

Le gouvernement Legault doit mettre en place un processus crédible pour travailler avec les scientifiques, la société civile, les municipalités, les entreprises et le fédéral pour bonifier son plan d’action et assurer l’atteinte et le dépassement de la cible de 2030 de manière à respecter les exigences de la science du climat. Il devra aussi déployer une grande campagne d’éducation de la population en plus de mettre en place de la réglementation supplémentaire et des contraintes, entre autres, à l’utilisation de l’auto-solo, l’utilisation du gaz naturel et aux grands pollueurs en général. » 

Pour Greenpeace, il est évident que la mobilisation continuera et s’accélèrera tant et aussi longtemps que le gouvernement Legault ne proposera pas un plan qui respectera la science du climat. Greenpeace souligne également les réactions de la jeunesse qui demande au gouvernement Legault d’en faire davantage.

Le Plan pour une économie verte est un devoir à moitié fait, selon Nature Québec

Québec, le 16 novembre 2020 – Nature Québec estime que le Plan pour une économie verte (PEV) manque cruellement d’ambition dans les moyens identifiés pour que le Québec fasse sa part dans l’effort mondial contre la crise climatique. L’organisme réagit à la sortie publique du PEV par le Ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et le Premier ministre.

Le PEV n’identifie que 40% des mesures qui seront mises en œuvre pour atteindre l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 37,5% d’ici 2030. « Nous avons appris que le bureau du Premier ministre a sabré de nombreuses mesures dans la version du PEV qui faisaient consensus parmi les expert-es consultés et le ministère. Maintenant, avec un plan qui n’identifie que 40% des mesures nécessaires pour atteindre notre cible, le gouvernement n’a remis qu’un devoir à moitié fait », illustre Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec.

Nature Québec demande au gouvernement de faire preuve de cohérence et de courage. « Toutes les décisions et les politiques gouvernementales doivent être réfléchies en fonction de leur impact sur l’atteinte de notre cible collective. Des agrandissements d’autoroute qui encouragent l’auto solo et des projets d’énergies fossiles comme GNL/Gazoduq doivent être refusés. Il est temps d’écouter la science pour régler la crise climatique, comme le gouvernement écoute la science pour prendre ses décisions durant la crise sanitaire », explique Mme Simard.

L’organisme rappelle par ailleurs que la cible du Québec pour 2030 n’est déjà pas assez ambitieuse selon les recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). « Le GIEC a démontré que pour limiter le réchauffement mondial sous le seuil sécuritaire de 1,5 °C, il faut que l’humanité réduise ses émissions de 50% d’ici 2030. En tant qu’État développé, le Québec a en main la technologie et les ressources nécessaires pour avoir une cible plus ambitieuse et l’atteindre en 10 ans », estime Mme Simard. 

En outre, bien que Nature Québec salue l’objectif de carboneutralité pour 2050, qui est aussi recommandé par le GIEC et qui a été adopté par de nombreuses législations partout dans le monde, l’organisme craint qu’il relève de la pensée magique sans moyens concrets pour l’atteindre. « Il ne faut pas oublier que la cible de réduction de 20% des GES pour 2020 a été tout simplement abandonnée après des années de stagnation et même d’augmentation des émissions. Il faut maintenant instaurer un budget carbone et inclure les cibles pour 2030 et 2050 dans la loi pour s’assurer qu’elles ne soient pas aussi abandonnées », conclut Mme Simard. 

Plan pour une économie verte - Le virage vert sera-t-il fabriqué au Québec ? (FIM-CSN)

MONTRÉAL, le 16 nov. 2020 - La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) ne comprend pas pourquoi le Plan pour une économie verte (PEV) du gouvernement Legault ne contient pas une clause pour favoriser les matériaux, les véhicules de transport en commun et les technologies fabriquées au Québec. Cette approche aurait grandement diminué le transport de ces marchandises (GES en moins) et favorisé l’économie d’ici.

« Ce plan aurait été une excellente occasion pour le premier ministre Legault de réaffirmer son nationalisme économique. Il n’y a aucune raison pour que ce virage vert ne soit pas une occasion de stimuler les emplois et la relance économique des régions », soutient Louis Bégin, président de la FIM-CSN.

Le passé ne permet pas de penser que cette préoccupation est constante à Québec. La FIM rappelle en effet quelques exemples récents où des sociétés d’État ont favorisé des entreprises étrangères au détriment de producteurs québécois chevronnés : les équipements pour Hydro-Québec que GE a finalement fait construire en Italie entraînant des pertes d’emplois à La Prairie ; les trains du REM que la Caisse de dépôt et placement du Québec a fait fabriquer en Inde ; les traversiers de la Société des traversiers du Québec qui ont aussi été construits en Italie. De plus, on peut penser aux nouvelles constructions du secteur public, comme les maisons des aîné-es, qui pourraient être fabriquées avec des poutres d’ingénierie en bois. Dans bien des cas, l’ajout de critères environnementaux et une plus grande exigence de contenu local dans les appels d’offres auraient avantagé les fournisseurs québécois.

« Ce sont autant d’occasions ratées pour que d’importants contrats octroyés par des sociétés d’État puissent aider l’économie régionale. Avec la crise de la COVID, nous avons plus que jamais besoin de ces emplois », conclut Louis Bégin.

Réaction de la FTQ au Plan pour une économie verte (PEV) - « Il faudra un plan avec plus d’ambition pour faire face à l’urgence actuelle ! » - Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ

MONTRÉAL, le 16 nov. 2020 - La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) considère qu’il faudra un plan beaucoup plus ambitieux pour faire une réelle différence dans la lutte contre les changements climatiques bien que le Plan pour une économie verte (PEV), déposé aujourd’hui, soit un premier geste concret de la part du gouvernement.

« Nous sommes à un tournant en ce qui a trait aux changements climatiques ; il faut agir rapidement. L’atteinte de l’objectif de carboneutralité en 2050 se fera difficilement sans mesures contraignantes et un plan de travail structuré à court terme. Par exemple, on ne retrouve nulle part dans ce plan d’obligations pour les employeurs de mettre en place des plans de décarbonation et une planification adéquate. Tout est sur une base volontaire et les entreprises disent déjà qu’elles ont effectué le maximum d’effort », déclare le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

Bien que le gouvernement ait fait appel à la société civile pour constituer les chantiers de travail du PEV, la FTQ déplore qu’aucune structure ne soit prévue dans ce plan pour continuer à travailler avec ces différents acteurs. « La relance verte est loin d’être un dossier exclusif au milieu des affaires. Il faut que les travailleuses et les travailleurs, ainsi que leur communauté, participent aux décisions. Autrement, le gouvernement mettra en danger des milliers d’emplois à l’approche de 2050 si on est loin des cibles souhaitées puisque ce seront alors des décisions plus radicales qui devront être prises et ce sont les travailleuses et les travailleurs qui écoperont », ajoute Denis Bolduc. C’est pour cela que la FTQ demande depuis plus d’un an la mise en place d’un groupe de travail sur la transition juste et la création de pôles régionaux de dialogue social qui sont des conditions pourtant incontournables pour réussir la transition dans les milieux de travail. La FTQ attend toujours.

Par ailleurs, la FTQ déplore l’absence de mesures impliquant directement les travailleurs et les travailleuses dans la reconnaissance de leur expertise visant la carboneutralité de leur milieu de travail. Le gouvernement mise plutôt sur des équipes d’accompagnement, excluant les organisations syndicales. Pourtant, la FTQ tend la main au gouvernement depuis près de deux ans à cet égard.

« Monsieur Legault parle de mesures pragmatiques et de compétitivité des entreprises pour excuser le manque d’ambition, il faut lui rappeler que c’est surtout l’audace et l’ambition qui permettront au Québec de se démarquer, tant ici qu’à l’international. Le Québec a tous les leviers pour devenir un joueur économique important et atteindre ses cibles de réductions de GES. N’oublions pas que la sortie de ce plan est notamment due à la mobilisation des Québécoises et des Québécois et aux nombreuses pressions des groupes de la société civile. Nous ne lâcherons pas le morceau ! C’est notre responsabilité à tous et à toutes d’assurer un avenir vert pour les générations à venir. Nous nous attendons à plus, Monsieur Legault », conclut le secrétaire général, Denis Bolduc.

Plan pour une économie verte - Un plan beige sans aucune contrainte, déplore Québec solidaire

MONTRÉAL, le 16 nov. 2020 - Pour la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, et la responsable solidaire en matière d’environnement, Ruba Ghazal, le Plan pour une économie verte (PEV) présenté aujourd’hui par le gouvernement de la CAQ ne permettra pas au Québec de se préparer à la pandémie qui menace les générations futures : celle des changements climatiques.

« Aujourd’hui, c’est une des rares journées dans l’année où la CAQ annonce des mesures environnementales. Le reste du temps, le gouvernement annonce des agrandissements d’autoroutes dans les régions urbaines, retarde la construction du tramway à Québec et défend le projet GNL Québec. François Legault fait miroiter un pas en avant, mais globalement, le Québec recule en matière de lutte aux changements climatiques », déplore Mme Massé.

« Le plan qu’on a entre les mains aujourd’hui a tellement été dilué par le premier ministre qu’il n’est même plus en mesure de remplir l’objectif que le gouvernement s’est fixé lui-même. Il n’y a aucune contrainte pour atteindre nos cibles. Nous fonçons tout droit dans un mur », s’inquiète Ruba Ghazal.

Québec solidaire demande au gouvernement de taxer les VUS

La députée de Mercier déplore également que le plan présenté aujourd’hui par la CAQ prévoit peu de mesures d’écofiscalité, le nerf de la guerre aux changements climatiques.

« Le groupe de travail mis sur pied par le gouvernement avait recommandé des mesures dissuasives à l’achat de véhicules polluants comme les VUS, mais le gouvernement a balayé la recommandation du revers de la main. M. Legault prétend que dans le contexte de la pandémie, il était difficile de trouver de l’argent pour investir dans la transition écologique, mais en refusant de miser sur l’écofiscalité, c’est le gouvernement lui-même qui se prive de revenus », note Ruba Ghazal.

Rien pour réduire le recours à l’auto solo

Pour la députée solidaire, interdire les voitures à essence en 2035 est un pas en avant, mais sans mesures fortes pour réduire le nombre de véhicules sur les routes, l’électrification de l’auto solo est un mirage.

« Le secteur des transports est le principal émetteur de GES au Québec, mais remplacer les voitures à essence par des voitures électriques sans jamais parler de réduction, ça ne va rien régler aux problèmes de congestion auxquels on fait face à l’heure actuelle. C’est l’inverse qu’il faut faire : il faut d’abord améliorer la mobilité et offrir des alternatives à la voiture avant de prévoir l’électrification du parc automobile », conclut Ruba Ghazal.

PEV : un plan qui manque de cibles, de contraintes et d’ambition, estime la CSN

MONTRÉAL, le 16 nov. 2020 - « C’est un plan que nous aurions bien reçu… il y a 20 ans. » C’est ainsi que le président de la CSN, Jacques Létourneau, réagissait au Plan pour une économie verte présenté par le ministre Benoit Charette aujourd’hui.

Pour la CSN, le plan présenté ne reflète pas les consultations menées par le gouvernement auprès des groupes de travail justement formés en vue de son développement. L’urgence climatique impose au Québec un plan complet et intégré qui inclut des mécanismes de suivi et de reddition de comptes pour chacun des investissements. Ces mécanismes manquent au projet du ministre de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques.

« Il est bien d’avoir des mesures incitatives. Mais l’absence de contraintes et de cibles concrètes pour plusieurs secteurs fragilise grandement notre capacité à respecter les recommandations du GIEC et les nombreux engagements du Québec à cet égard », de déplorer le président de la CSN. « L’urgence climatique commande beaucoup plus que le saupoudrage de quelques incitatifs, sans contraintes réelles pour forcer le changement. Malgré les affirmations du premier ministre aujourd’hui, nous considérons que la stratégie du gouvernement ne répond pas aux demandes des jeunes qui l’implorent de les écouter et de gouverner pour les générations futures. »

La CSN partage par ailleurs certains des objectifs en matière d’électrification des transports. Il était plus qu’urgent de forcer la conversion du parc automobile aux véhicules électriques et hybrides rechargeables. Pourtant, les moyens proposés ne permettront pas de révolutionner notre façon de nous déplacer ni de réduire notre dépendance à la voiture, et ce, en dépit de certains investissements à venir — et annoncés à de multiples reprises — en matière de transports collectifs. « À ce sujet, la disproportion entre les sommes prévues au PQI pour les infrastructures routières et les investissements prévus par le gouvernement pour l’électrification des transports parle d’elle-même », de souligner Jacques Létourneau.

C’est toutefois sur le plan de la décarbonisation des entreprises que se situe la plus grande déception, estime la centrale syndicale.

« Le parc industriel est à lui seul responsable du tiers des émissions de GES du Québec, rappelle M. Létourneau. Pourtant, aucune cible n’est déterminée par le gouvernement pour ce secteur. Celui-ci ne propose que des sommes incitatives offertes aux entreprises — et on ne parle ici que de 168 M$ par année. »

Enfin, la CSN est d’avis que les organisations syndicales doivent être parties prenantes de ce changement. Ces transformations doivent être menées dans une perspective de transition énergétique juste, seule avenue permettant de trouver des solutions lorsque les transformations liées à la transition ont des impacts sur les travailleuses et les travailleurs dont les emplois dépendent d’industries à haute émission de GES.

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