Édition du 4 octobre 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

États-Unis

Populisme contre populisme au rendez-vous des présidentielles

Les candidats républicains se battent entre eux sur le terrain de l’extrême-droite. Donald Trump veut déporter tous les « illégaux ». Ben Carson veut faciliter les permis de port d’armes pour empêcher la montée d’un Adolphe Hitler aux États-Unis. Le sénateur Ted Crux veut construire un mur entre les États-Unis et le Mexique, tandis le sénateur Marco Rubio veut un mur entre le Canada et les États-Unis pour arrêter les terroristes venus du nord. Cette surenchère s’impose à tous les candidats, tous enfoncés dans un populisme de droite.

Entre-temps, Hillary Clinton à Saturday Night Live affirme qu’elle est du peuple plutôt qu’avec le 1% : « je comprends vos problèmes, je vous ai à cœur ». Sous cette enveloppe populiste, elle tente de convaincre la majorité des Démocrates qu’elle est transparente, alors que, selon les sondages, 61% des gens ne la croient pas. Plus à gauche, Bernie Sanders, égal à lui-même, continue de confronter les problèmes de pauvreté et de discrimination, avec une approche populaire et un discours populiste de gauche. Même dans le cœur conservateur des États-Unis comme dans l’État de l’Iowa, les gens l’écoutent.

Ce discours qui se veut pro-peuple a toujours existé aux États-Unis, Lors de la révolution américaine (1776), l’idée centrale était à l’effet que l’individu, imbu de s liberté, doit tracer son propre chemin. Une sorte de libertarisme individualiste s’est imposé au fil des années et au fil des crises, amenant les gens à revendiquer leurs droits contre les gouvernements et les ploutocrates.

Jusqu’à récemment, c’est la droite qui a le mieux compris cela. Après la crise économique de 2008, le Tea Party a canalisé un grand mécontentement populaire contre le gouvernement fédéral et les ploutocrates de Wall Street. Le problème n’est pas le capitalisme, dit le Tea Party, mais le fait que ces institutions soient corrompues. Il faut revenir au « vrai » capitalisme, celui des « self-made men », comme Donald Trump, qui comprend les gens « ordinaires » et qui défend les valeurs traditionnelles américaines issues de la Révolution.

Que dire des chances du populisme de gauche ? Avec Bernard Sanders et bien d’autres, le discours se concentre sur les classes sociales, mais dans un langage populaire et anti-intellectualiste (pas anti-intellectuel). Cette approche met de l’avant l’idée que le peuple peut s’organiser, qu’il n’y a pas à attendre d’organisations-miracles ou de chefs-miracles, encore moins un État-miracle. Sanders, plutôt que de parti, parle d’une révolution politique, venant de mouvements de masse.

Populisme de droite contre populisme de gauche, c’est le terrain de la lutte politique en ce moment de campagne présidentielle de 2016.

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