Édition du 3 décembre 2019

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Syndicalisme

Pour la qualité et la sécurité des soins, les professionnelles en soins de la FIQ demandent 24 heures sans temps supplémentaire obligatoire (TSO)

Toujours préoccupée par la qualité et la sécurité des soins offerts à la population, de même que par l’état de fatigue et d’épuisement d’une grande majorité de ses membres, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec – FIQ demande à nouveau un 24 heures sans TSO. Ce 24 heures aura lieu du 15 au 16 novembre à travers la province pour les membres qu’elle représente. « La ministre de la Santé, Danielle McCann parle souvent des professionnelles en soins, de son désir de mettre fin au TSO et des actions qu’elle pose. Cependant, si l’abolition du TSO est encore au nombre de ses priorités, elle devra le faire sentir davantage sur le terrain et aller plus loin dans la mise en place de solutions, car la situation est encore critique pour bon nombre de professionnelles en soins. Lors de ce 24 heures, la ministre aura l’occasion de réitérer son engagement envers les professionnelles en soins, mais également envers la population », de dire Nancy Bédard, présidente de la FIQ lors d’une conférence de presse tenue à Montréal. Pour l’occasion, cinq professionnelles en soins ont témoigné, aux côtés de la présidente, des effets de leurs conditions de travail dans leur vie professionnelle et personnelle ainsi que des conséquences néfastes du TSO sur la qualité et la sécurité des soins donnés à leurs patient-e-s.

Pour la FIQ, cette journée est essentielle à l’aube de la période hivernale, période particulièrement exigeante pour les infirmières, les infirmières auxiliaires, les inhalothérapeutes et les perfusionnistes cliniques. « L’hiver est à nos portes et force est de constater qu’il y aura encore une forte pression qui se fera sentir sur les épaules des professionnelles en soins. Pendant ce 24 heures, elles ont besoin de vivre une journée normale de travail, une journée où elles ne seront pas prises en otage. Une 2e journée, mais oh combien importante dans le contexte actuel. Notre appel à la ministre de la Santé est simple : elle doit demander à ses gestionnaires de prendre tous les moyens raisonnables pour éviter le TSO aux professionnelles en soins du vendredi 15 novembre à 16 h au samedi 16 novembre à 16 h », de poursuivre madame Bédard.

Au cours des prochains jours, les syndicats affiliés de toute la province seront déployés dans les établissements de santé afin de veiller à ce que les employeurs élaborent des horaires de travail complets et prévoient du personnel en nombre suffisant. « Nous allons suivre de près ce qui se passe sur le terrain afin de nous assurer que tout au long de ce 24 heures, les gestionnaires n’utilisent le TSO que lors de situations urgentes ou exceptionnelles. Je lance une invitation spéciale aux directrices de soins infirmiers (DSI) afin qu’elles soient à nos côtés pour cette journée. Les DSI doivent notamment surveiller et contrôler la qualité des soins infirmiers dans les établissements et clairement, le TSO va à l’encontre de cet objectif », d’expliquer madame Bédard.

D’autres méthodes douteuses seront sous la loupe

La Fédération aura également à l’œil les employeurs qui se targuent de ne pas imposer des heures supplémentaires obligatoires. Bien souvent, si le TSO est absent, c’est qu’ils ne remplacent pas les absences ou font de la substitution de titre d’emploi. « Quand il te manque plusieurs professionnelles sur un quart de travail ou que ce n’est pas la bonne professionnelle à la bonne place, cela a aussi un impact direct sur la qualité et la sécurité des soins. Nous savons que plusieurs employeurs usent de plus en plus de ces tactiques néfastes. Nous utiliserons le 24 heures sans TSO pour documenter davantage ces phénomènes et ainsi, pouvoir mettre en lumière les gestionnaires qui mettent tout autant à risque les professionnelles en soins que les patient-e-s », de dire la porte-parole syndicale.

L’enjeu du TSO préoccupe depuis longtemps la Fédération et elle dénonce sur toutes les tribunes cette forme de violence organisationnelle. « Tout le monde le sait, cette pratique est devenue un réel mode de gestion qui porte atteinte aux droits des professionnelles en soins et a un impact direct sur la qualité et la sécurité des soins. Lors de notre première journée nationale sans TSO le 8 avril dernier, nous avions fait la démonstration éloquente qu’il était possible, quand l’humain était au service de l’humain, de diminuer drastiquement le TSO. Suite à cette journée, une motion demandant l’abolition du TSO a même été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale. Plusieurs mois ont passé depuis et visiblement, le cri du cœur des professionnelles ne semble plus occuper le haut de la liste des priorités de la ministre de la Santé. Lors de ce 24 heures sans TSO, nous voulons lui rappeler sa promesse et son engagement ferme à en faire une priorité constante depuis le 8 avril dernier. Elle doit dès maintenant le réitérer et se mettre davantage en action », d’expliquer la présidente conclure madame Bédard.

Pour la Fédération, les patient-e-s, la population, le réseau de la santé et les gestionnaires ont toujours pu compter sur les professionnelles en soins. Cependant la situation est critique, le seuil de tolérance et la capacité physique et mentale des professionnelles en soins de continuer sous ce mode de gestion ont atteint leurs limites. « Parce qu’elles veulent être encore là demain, la semaine prochaine et le mois prochain, les professionnelles en soins du Québec doivent pouvoir, elles aussi, compter sur leur ministre de la Santé », de conclure, madame Bédard. La FIQ a profité de cette annonce importante pour donner le coup d’envoi d’une campagne publicitaire dénonçant les conséquences du TSO sur les professionnelles en soins. Une première de trois capsules a été rendue publique aujourd’hui.

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