Édition du 22 novembre 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Forum Social Mondial

Pour un Forum mondial antiguerre

Ronald Cameron accompagnait un groupe de jeunes québécois, français et belges, soutenus par les offices jeunesse des trois pays, collectif à l’initiative de Katalizo et de Plateforme altermondialiste. La rédaction de ces articles a été réalisée dans le cadre de cet accompagnement.

Il y a bien eu quelques ateliers sur les enjeux de la guerre et de la paix,mais la plupart du temps, il ne s’agissait pas nécessairement de parler de celle de l’Ukraine. La guerre en Ukraine démontre plutôt que la gauche altermondialiste du Nord et du Sud est plutôt soucieuse de sa relation avec l’impérialisme états-uniens . Parmi les enjeux, si on veut promouvoir un autre monde possible, il s’agit de développer une vision avec les mouvements sociaux d’Europe de l’Est. Ceci dit, dans les réserves des mouvements sociaux des pays du Sud, de Palestine, du Maghreb en général et beaucoup d’Amérique latine, il y a ce souci de voir sa lutte comme banalisée devant l’important affrontement entre pays européens. La conséquence concrète lors du FSM est d’avoir empêché de conclure comment aller de l’avant, notamment parce qu’il n’était question que de rester sur la promotion de la paix contre la guerre.

C’est ainsi curieusement qu’était conçu un des panels importants, celui intitulé Foro global contra la guerra — Global anti-war Forum a été organisé par le Transnational Institute (TNI) d’Amsterdam avec l’appui de nombreux réseaux internationaux, dont Global Dialogue for a Systemic Change, ATTAC-France, France Amérique Latine, Innovation for Change — South Asia Asian Cultural, Forum on Development (ACFOD), Alternatives, RÏSE et le Conseil international pour l’éducation des adultes.

Défini dans une démarche de co-construction, cet atelier visait d’abord et avant tout à cartographier les différents types de guerres (guerre traditionnelle, guerre aux migrants-es, guerre au terrorisme, aux narcotrafiquants), dans une démarche de travail en sous-comité. Essentiellement composés d’Européens, les échanges en sous-groupe ont rapidement soulevé les enjeux concernant l’agression russe en Ukraine.

On notait que depuis environ vingt ans (depuis la création du FSM), une trentaine de guerres ont été menées sur la planète. Toutefois, celle en cours de la Russie en Ukraine a un impact sur la situation mondiale et bouscule les relations internationales. On rappelait que la mobilisation contre la guerre en Irak en 2003 avait été exemplaire. Si la guerre menée aujourd’hui par la Russie apparaît comme une guerre du passé, elle marque tout de même un contexte nouveau. Car l’opposition à la guerre en Irak participait plutôt d’un large refus de voir triompher un capitalisme mondialisé aux tendances impérialistes, dans le sillage des conséquences de la chute du mur de Berlin et des pays du bloc de l’Est. Nous sommes aujourd’hui dans une conjecture toute différente.

La guerre en Ukraine nous renvoie à un monde polarisé et augure du retour à des luttes inter-impérialistes plus violentes. On constatait d’ailleurs lors de cet atelier, d’une part, que l’appel à refuser la guerre laissait les populations ambivalentes devant la violence de l’agression russe et, d’autre part, que l’appel à la paix pouvait paraître peu crédible pour les populations.

C’est pourquoi il est apparu important d’engager une démarche d’éducation afin de dénoncer le caractère systémique de cette guerre qui renforce le monde que nous ne voulons pas, notamment dans le contexte de pandémie. Au lieu d’en appeler à contrer la guerre et à appeler à la paix, il s’agit plutôt d’identifier les impacts régressifs de cette guerre, si on souhaite développer un large mouvement antiguerre et convaincre la population de l’appuyer.

Cinq conséquences perverses de cette guerre ont été identifiées : l’accroissement de l’autoritarisme (quand ce n’est pas le renforcement de la droite radicale) ; l’accroissement des budgets militaires en Occident au motif de la défense de la démocratie libérale ; le renforcement du recours au pétrole (à l’encontre de toute logique liée aux exigences visant à limiter les changements climatiques) ; l’accroissement du nombre de réfugiés.es et l’appauvrissement brutal des populations à des niveaux jamais connus depuis la Seconde Guerre mondiale ; le renforcement du racisme (notamment dans le traitement différencié des réfugiés.es en faveur de la population blanche ukrainienne, considérée comme nécessaire dans un continent en crise démographique).

Développer un mouvement antiguerre exige de promouvoir une vision du monde radicalement éloignée de celle que nous offre la guerre en Ukraine. Elle rend d’autant plus urgente une action politique internationaliste, d’une part, et aussi un vaste soutien à la population ukrainienne qui en souffre.

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