La présidence sud-africaine du G20, qui a fait de la lutte contre les inégalités un thème central cette année, a commandé la toute première analyse du G20 sur les inégalités afin de conseiller les dirigeants. Le Comité extraordinaire d’experts indépendants du G20 sur les inégalités mondiales, dirigé par le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, a mis en évidence une « urgence en matière d’inégalités ».
Selon ce comité, depuis l’an 2000, les 1 % les plus riches ont accaparé 41 cents de chaque nouveau dollar créé par l’économie mondiale, tandis que la moitié la plus pauvre de l’humanité n’a reçu qu’un seul cent par dollar créé.
Le comité souligne les nombreux dommages que ces inégalités causent à l’humanité et à la planète, entraînant d’énormes difficultés économiques pour la majorité, tout en alimentant la polarisation politique et l’érosion des démocraties.
Oxfam salue la recommandation du comité de créer un nouveau panel international sur les inégalités qui jouerait un rôle similaire à celui du GIEC sur la crise climatique. Un tel panel apporterait la même rigueur scientifique et la même détermination pour mener des actions urgentes afin de remédier à la crise des inégalités.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a appelé les autres pays du G20 à soutenir le rapport Stiglitz et ses recommandations.
Le Canada doit répondre à l’appel
« L’Afrique du Sud place le G20 devant un test moral, et le Canada doit y répondre avec courage », plaide Julie McClatchie, chargée de politiques publiques et de plaidoyer chez Oxfam-Québec.
« Ottawa a la chance de défendre un virage mondial vers la taxation équitable des plus riches et la réduction des écarts de richesse, entre autres en soutenant la création d’un panel international sur les inégalités. Les chiffres sont clairs, les solutions existent ; ce qui manque, c’est la volonté politique d’agir. Le Canada doit montrer qu’il est prêt à choisir la solidarité plutôt que le statu quo. »
Le Canada n’est pas épargné par l’accroissement des inégalités.
* Les personnes formant le 1% des plus riches au pays détiennent une fortune de près de 1250 milliards de dollars, soit presque autant que ce que possède 80% de la population canadienne la moins riche.
* En 2024, la fortune combinée des 65 milliardaires canadiens s’est accrue de 309 millions de dollars par jour, soit près de 500 milliards en une année.
* La tendance ne semble pas près de s’inverser : 11 nouveaux milliardaires se sont ajoutés au pays en 2025, pour un total de 76.
Le sommet du G20 intervient à un moment de grands bouleversements géopolitiques. Si les États-Unis brillent par leur absence aux réunions de cette semaine, leur gouvernement a défendu des politiques destructrices – des droits de douane inconsidérés aux allégements fiscaux régressifs, en passant par les coupes dans l’aide internationale – qui exacerbent les inégalités tant aux États-Unis qu’à l’échelle internationale.
Les autres pays du G20 ont une réelle occasion de prendre des engagements durables dans la direction opposée pour réduire les inégalités, en misant sur des règles internationales et une coopération qui servent les intérêts des personnes ordinaires plutôt que ceux des oligarques mondiaux.
Oxfam appelle les dirigeants du G20 à renouveler leur engagement en faveur d’une imposition efficace des personnes très riches, convenu lors du sommet du G20 de l’an dernier au Brésil, et à le traduire en actions concrètes.
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