Édition du 17 septembre 2019

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Afrique

Sommet et contre-sommet de la francophonie

Nous publions trois documents qui aident à mieux comprendre les enjeux véritables du Sommet de la francophonie qui s’est tenu à Dakar où Michaëlle Jean a succédé à Abdou Difouf à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie. Nous publions d’abord :

- un article de Pauline Imach intitulé François Hollande au sommet de la Francophonie... en avant la Françafrique

- un document audio - dans lequel l’organisateur d’un contre-sommet finalement interdit explique les motivations de l’organisation d’un tel contre-sommet

- enfin un texte qui décrit les mesures répressives prises à l’encontre de ce contre-sommet.

(La rédaction de Presse-toi à gauche)

François Hollande au sommet de la Francophonie... en avant la Françafrique

1er décembre par Pauline Imbach

François Hollande s’est rendu ce samedi 29 novembre au XVe sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui s’est tenu à Dakar, au Sénégal, et a réuni 35 chefs d’État et de gouvernement. Dirigé pendant douze ans par l’ex-président sénégalais Abdou Diouf, l’OIF doit désigner son nouveau chef.

Le président français y a prononcé un discours d’ouverture en appelant « au respect des ordres constitutionnels et des aspirations des peuples ». « Là où les règles constitutionnelles sont malmenées (…) là où l’alternance est empêchée, j’affirme, ici, que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver un soutien dans l’espace francophone ». Il a déclaré que le peuple burkinabè a fait une belle démonstration et que celle-ci « doit faire réfléchir ceux qui veulent se maintenir au pouvoir en violant l’ordre constitutionnel ».

Dommage que cela ne fasse pas réfléchir ceux qui les aident à se maintenir au pouvoir en violant l’ordre constitutionnel.

Rappelons que cette déclaration est faite quelques semaines seulement après une lettre que François Hollande a adressé, le 7 octobre 2014, à son ami Blaise Compaoré et dans laquelle il lui proposait comme solution de sortie de crise un poste dans une organisation internationale... probablement l’Organisation internationale de la Francophonie.

Rappelons également que la diplomatie française, fidèle à sa tradition françafricaine, est allée jusqu’au bout et a exfiltré Blaise Compaoré, le soustrayant de fait à la justice de son pays.

Pour le poste à l’Organisation internationale de la Francophonie, c’est dommage, Blaise Compaoré aurait été parfait dans le rôle d’ambassadeur de la Françafrique.

Comme le souligne Malick Noël Seck, coordinateur du Front contre la Francophonie (qui se tient en parallèle de l’OIF et propose des conférences, colloques, concerts, etc. ), « L’OIF est une organisation qui ne sert qu’à asseoir la diplomatie française au niveau international et n’est pas acceptable ». « Lorsque l’Organisation de la Francophonie organise un sommet chez Sassou-Nguesso (président du Congo-Brazzaville), valide des élections de dictature héréditaire, comme on l’a vu au Togo et au Gabon, nous nous posons des questions sur les réelles motivations démocratiques de cette organisation ». Le rappeur Karim Gueye ajoute que le peuple sénégalais doit être conscient que « ce qui se passe dans cette francophonie-là, c’est la France qui dicte comment gouverner nos pays ».

Comme le souligne Fabrice Tarrit, président de l’association Survie |1|, « François Hollande s’est inscrit dans le fauteuil de ses prédécesseurs et a fait de la politique française en Afrique un pilier qui repose toujours sur les mêmes composantes : l’ingérence militaire, le soutien des dictateurs et la promotion tous azimuts des intérêts économiques français. Donc, on est encore à l’âge d’or de la Françafrique. »

Mais François Hollande ne trompe personne et les citoyen-ne-s africain-e-s et européen-ne-s ne sont pas dupes, comme le souligne l’appel en solidarité avec le peuple burkinabè, qui a reçu plus de 100 signatures d’organisations et de personnalités et qui condamne fermement les actes de la France qui a exfiltré le dictateur Blaise Compaoré et exige la fin de l’impunité et par conséquent, que Blaise Compaoré soit rendu à la justice du Burkina Faso.
Notes

|1| http://www.rfi.fr/emission/20141121...


Audio sur la dénonciation du sommmet et le sens du contre sommet


Francophonie : Contre Sommet très mouvementé pour Malick Noël Seck et Cie
dimanche 30 novembre 2014 13:23 | Ferloo

« Suite à la décision prise par les autorités du Sénégal d’interdire les activités du Front contre le sommet de la francophonie et du retrait de la salle de l’UCAD II, réservée depuis plus d’un mois », les responsables de l’organisation contre sommet de la Francophonie avaient décidé de se retrouver à la Fondation Rosa Luxembourg, ce matin. Mal les en a pris, car « les forces de l’ordre les ont trouvé là-bas et leur ont interdit de tenir leur Colloque » ? Voir photos…

Rappelons que les camarades de Malick Noël Seck ont d’abord reçu une lettre de la Direction des systèmes d’information de l’Ucad II, en date du 28 novembre 2014, disant « son regret de leur informer que leur manifestation prévue pour la demi-journée du 29 novembre 2014 (de 9h à 13h), suite à leur réservation de la salle de conférence enregistrée le 07 octobre 2014, ne pourra se tenir à la date indiquée. Mieux, dans cette missive, il leur est demandé de « se rapprocher du secrétariat du Centre de conférences de l’Ucad II, pour tout remboursement si un paiement a été effectué ».

A cette occasion, ils ont dénoncé cette situation en ces termes avant de vouloir changer de lieu. « Nous sommes, nous dénonçons avec la dernière énergie la volonté manifeste de l’Etat et du Pouvoir de Macky Sall à saboter notre initiative inscrite dans l’expression naturelle, légitime et légale de nos opinions, de nos libertés et de nos droits pourtant garantis par la constitution, les lois et règlements de notre pays ».

Et de poursuivre : « le Front Contre le Sommet de la Francophonie prend à témoin l’opinion nationale et internationale et, vous informe des réaménagements apportés à son programme qui se poursuivra malgré les velléités et pratiques malsaines, irresponsables du gouvernement qui cherche vaille que vaille à saupoudrer notre initiative et endormir encore le Peuple, ses maigres ressources au profit d’une organisation impérialiste et à la solde de la France ».

« Pour refuser une telle forfaiture, informait un communiqué de Malick Noël Seck, le Front contre le sommet de la Francophonie invite la presse nationale et internationale, classe politique responsable, l’intelligentsia libre et les citoyens et peuples d’Afrique au colloque suivi d’une conférence de presse de clôture de ses activités prévu ce dimanche 30 novembre 2014 à partir de 8H 30 à la Fondation Rosa Luxembourg ».

Différentes communications autour du Thème Francophonie, Francité et Identités Nationales y étaient prévues « avec la participation d’imminents intellectuels Sénégalais et Africains pour démontrer à suffisance et prouver l’impertinence et l’inopportunité du sommet de la Francophonie dans un contexte socio économique pareil ».

Mais ces travaux ne dureront que le temps d’une rose. Selon Malick Noël Seck : « Les forces de l’ordre nous ont trouvé à la Fondation Rosa Luxembourg, nous interdisant de tenir notre Colloque dans un lieu privé et nous dispersant. Nous reviendrons vers vous, soit par communiqué de presse, soit par conférence de presse ».

Ferloo

Mots-clés : Afrique

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