Édition du 30 novembre 2021

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Afrique

Succès du Contre-sommet Afrique-France à Montpellier

Du 6 au 10 octobre, grâce au partenariat de plus de 60 organisations, Montpellier a vécu un contre sommet, mettant au centre de son action, le soutien aux migrant·e·s, la solidarité et l’égalité entre les peuples, la fin du franc CFA et de la présence militaire en Afrique, l’annulation de la dette…

Tiré de de la section "Blogues" de Médiapart.

Un réseau d’associations ne pouvait accepter qu’un sommet Afrique France puisse se tenir à Montpellier avec la seule parole de Macron et de ses ministres dans la continuité de la Françafrique et du néocolonialisme.

Aussi, du 6 au 10 octobre, loin du ballet officiel d’un sommet aux participants triés sur le volet, une dizaine de conférences, débats et manifestations se sont succédé. Autour de 400 personnes ont participé à ces différentes initiatives. Au point que nous avons dû refuser du monde à chacun de nos débats. Cependant, ceux-ci sont accessibles en ligne sur la chaîne de la Carmagnole, ainsi que sur le site de Survie.

Tous ces débats ont connu un réel succès.

Le mercredi 6 , Bernard Mounier a traité des « Dérives de l’aide française au développement, entre business et corruption »

Le jeudi 7, Mireille Fanon Mendes-France, a rappelé la pensée de « Frantz Fanon, de l’anticolonialisme à la pensée décolonisée », tout en mettant en évidence l’actualité de ces questions.

Le vendredi 8, Aziz Fall a développé « la Lutte contre l’impunité : Sankara et le Panafricanisme ». Conférence très attendue puisque le 11 octobre s’ouvrait, à Ouagadougou, le procès sur l’assassinat de Thomas Sankara et ses douze compagnons. Mariam Sankara, veuve du président, à l’origine de cette plainte, était présente dans la salle. Le procès était attendu depuis 34 ans !

Le samedi 9, Fanny Pigeaud a parlé du « Franc CFA-Domination économique », et est revenue sur les mécanisme de domination de cette monnaie coloniale et de la fausse réforme du FCFA adoptée en 2021. Et ensuite, Raphäel Granvaud a abordé « La présence militaire française en Afrique » à travers les enjeux de la guerre contre le terrorisme au Sahel.

En peu de temps, la vidéo d’Aziz Fall sur Thomas Sankara a été vue plus de 2000 fois, un signe supplémentaire de l’attente de tous ces débats !

Des ateliers, le vendredi 8 au matin, très dynamiques et « vivants », ont traité d’abord de « Comment on devient sans-papiers » , en dénonçant la violence de ces mots qui nient l’identité des personnes arrivées en France avec des papiers, « leurs papiers », dont ils et elles sont fiers…

Les ateliers de l’après midi, « La Méditerranée militarisée », avec Bichra Ben Nia puis « Violences policières sur les migrants » avec Anzouma Sissoko, ont été déplacés à la place Jean Jaurès. Des bateaux en carton, symbole des migrants traversant la méditerranée, ont été construits. Bateaux qui auront ensuite traversé la ville de Montpellier en long et en large pendant les journées de mobilisations.

Pour clore ce contre sommet, le dimanche matin, André Rosevegue a animé la « balade décoloniale », avec départ de la « Place des Grands Hommes » (où il y a pourtant une femme !). Aziz Fall, présent sur le lieu, a pu donner aussi son regard sur ces hommes…

La venue des Collectifs Sans Papiers et de la Marche des Solidarités a permis de mettre la situation des migrant.es devenant des « sans papiers » comme un sujet politique actuel incontournable. Si du côté du sommet officiel, des « pépites » ont été mises en valeur, et leur revendications écoutées avec complaisance sans en tenir compte dans les recommandations finales, la décision du Préfet d’interpeller les membres du Collectif Sans Papiers à leur descente du train a déchiré le voile mis en place par Macron et son gouvernement.

Le rassemblement rapide de solidarité devant l’hôtel de police de Montpellier a permis la sortie de 6 camarades. Deux d’entre eux, envoyés au CRA de Nîmes, ont été libérés le 12 octobre, grâce à une mobilisation continue tant militante que juridique.

Nous exigeons la levée de toute sanction, comme l’obligation de quitter le territoire (OQTF) et IRTF (interdiction de retour sur le territoire français) qui les frappent. C‘est pourquoi nous soutenons l’appel de la Marche des Solidarités.

Grâce aux Collectifs de Sans Papiers, le contre sommet a été visible avec une première déambulation en ville le vendredi et la tenue d’ateliers en plein centre de Montpellier, puis avec une déambulation/manifestation, traversant le marché des arceaux, la rue St Guilhem et la place de la Comédie où des prises de parole ont eu lieu le samedi matin.

Enfin, à partir du Plan Cabanes, quartier populaire de Montpellier, une joyeuse manifestation s’est élancée tout en musique, rassemblant près d’un millier de personnes le samedi après-midi.

Nous remercions toutes celles et ceux qui se sont déplacé·e·s et qui se sont mobilisé.es, notamment les équipes de la Carmagnole.…

Plus que jamais, nous affirmons : « Il est fini le temps de la Françafrique , il est fini le temps des colonies ! »

Pour le Contre Sommet Afrique France de Montpellier :
Chantal Ponsot (Comité Thomas Sankara de Montpellier), Emma Cailleau (Survie), Francis Viguié (La Carmagnole), Valérie Cabanne (UJFP)

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