Édition du 21 juin 2022

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Canada

Un groupe transpartisan de députés et plus de 100 organisations de la société civile dénoncent le racisme environnemental sur le territoire Mohawk

À la veille de la deuxième lecture du projet de loi d’initiative parlementaire C-226 concernant le racisme environnemental, Elizabeth May est accompagnée des députés Alexandre Boulerice, Leah Gazan, Mike Morrice, Matthew Green et Niki Ashton, de plus de 100 groupes écologistes et de justice sociale ainsi que des principaux syndicats canadiens1. Ils dénoncent d’une même voix l’inaction du gouvernement qui a permis au territoire mohawk de Kanehsatà:ke de servir de dépotoir pour des déchets toxiques non réglementés pendant des années.

Depuis 2018, plusieurs médias d’information2 ont fait état des impacts présumés sur la santé des citoyens locaux et sur la nappe phréatique causés par le dépotoir de G&R Recycling et des sites de déversement similaires sur le territoire mohawk de Kanehsatà:ke. En 2021, une coalition ralliant des défenseurs du territoire autochtones et des activistes non-autochtones a publié les données révélées par les demandes d’accès à l’information3 via leur site web : fr.reconciliaction.org. Les données obtenues confirment que le site est hautement contaminé, qu’il pose des menaces à long terme pour l’eau et la faune et que le gouvernement fédéral est au courant de la situation depuis 2019.

«  Chaque niveau de gouvernement, du conseil de bande au gouvernement fédéral, pratique une routine bien rodée de renvoi de la balle  », explique un militant de la communauté autochtone dont le nom doit être tenu secret pour des raisons de sécurité personnelle. «  La communauté est frustrée par ce problème depuis des années maintenant. Et le gouvernement du Canada l’a constamment laissée tomber. Cette décharge s’inscrit dans un schéma plus large de racisme environnemental, qui fait lui-même partie du projet colonial d’oppression des peuples autochtones. Le ministre Marc Miller a été délibérément indifférent à la situation. Le Conseil de bande autant que la province de Québec ont fait preuve d’apathie et d’incompétence. Leur indifférence frise la négligence criminelle et prolonge nos souffrances ».

La coalition de députés verts et néo-démocrates, ainsi que des organisations de la société civile alliées, demandent une solution à long terme au problème du déversement à Kanehsatà:ke. Au-delà du nettoyage immédiat du site principal, ils cherchent une approche législative qui reconnaîtrait que les milieux de vie des communautés autochtones et racisées sont disproportionnellement utilisés comme sites d’élimination de déchets toxiques d’une manière que les communautés canadiennes majoritairement blanches ne toléreraient jamais. En outre, à la demande des défenseurs des terres autochtones de la communauté, les alliés plaident en faveur d’une consultation complète de la communauté avant toute nouvelle décision affectant la santé et le bien-être des résidents de Kanehsatà:ke.

« Le chevauchement entre les produits chimiques toxiques, les décharges de déchets dangereux et les communautés autochtones - ainsi que les communautés de personnes racisées et les Canadiens en situation de précarité financière - ne peut être nié. Les déversements continus et illégaux sur les territoires mohawks de Kanehsatà:ke en sont un exemple profondément troublant », observe Elizabeth May. « Depuis trois ans maintenant, la communauté de Kanehsatà:ke voit son droit de vivre dans un environnement sain bafoué par le gouvernement Trudeau, dont les représentants ont refusé à maintes reprises d’agir dans ce dossier ", ajoute Alexandre Boulerice, chef adjoint du NPD. Les libéraux parlent souvent de justice climatique et de réconciliation, mais chaque fois que ça compte, comme à Kanehsatà:ke, on ne les retrouve nulle part. Il est temps d’aller au-delà de la rhétorique et d’agir concrètement dans des cas de racisme environnemental  ».

Références :

1. Liste complète des ONG et groupes alliés à la campagne :https://fr.reconciliaction.org/groups-groupes

2. Le site G & R est en opération à Kanehsatà:ke depuis plusieurs années. La contamination du site a été largement documentée dans les médias, notamment à travers deux récents articles du Toronto Star, deux articles dans La Presse ainsi qu’un reportage publié en septembre 2020 dans Ricochet Media et gagnant du prix X. Avant cela, les articles de La Presse décrivant la situation remontent à juillet 2018.

3. Documents obtenus grâce à des demandes d’accès à l’information disponibles ici : https://cryptpad.fr/drive/#/2/drive/view/D4ik9tXfxRczpPKB0mzmIlTzgW+xjLdqG7xmgDJoeMU/

4. Synthèse de la recherche complète sur le site G & R accessible ici : https://fr.reconciliaction.org

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