Édition du 3 décembre 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Urgence pragmatique et climatosceptique

Ce week-end, au Conseil général (CG) de la CAQ, le premier ministre Legault a déclaré : « L’urgence pragmatique, c’est ça, notre approche ».

M. Legault demeure cohérent avec son discours inaugural de novembre où il avait d’abord déclaré : « La survie de notre planète est en jeu, et je ne peux pas ignorer ce défi de l’urgence climatique et continuer de regarder mes deux fils dans les yeux. L’audace dans ce domaine consiste à regarder la réalité en face, à nous retrousser les manches malgré l’ampleur colossale du défi qu’on a devant nous… », pour ajouter plus tard : « Si on est sérieux dans notre volonté de lutter contre les changements climatiques, il faut éviter les discours idéologiques voulant que tous les projets de développement soient néfastes. Et j’ai un exemple en tête : le troisième lien. […] On peut faire du troisième lien un épouvantail ou un repoussoir ou en faire un projet de développement durable permettant de construire un véritable système de transport structurant. » Elle était déjà là, son urgence pragmatique.

GMob et l’équipe de la Déclaration citoyenne universelle d’urgence climatique –DUC étions aux portes du CG pour présenter les Chantiers de la DUC (C-DUC), onze domaines d’intervention urgents pour nous sortir des énergies fossiles et mieux nous protéger des impacts inévitables du réchauffement climatique. Nous avons ainsi rencontré un délégué se présentant comme un physicien, ayant tout plein de données scientifiques démontrant que les GES sont bons pour notre environnement. Il a réclamé pendant le CG que le Fonds vert achète pour les fonctionnaires des exemplaires du livre « L’urgence climatique est un leurre ».

M. Legaut, en déclarant que la CAQ n’est pas au service de groupes de pression, mais au service de l’ensemble des Québécois, a semblé indiquer qu’il ne savait pas qui a raison. Dans ce cas, il serait sage pour lui qu’il applique le principe de précaution qu’on définit comme « en cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement. »

Mais n’en faisons pas un débat de scientifiques. Discutons plutôt sur le terrain du bon sens.

Par exemple, dans la question des dérèglements climatiques, ou bien nous avons raison de dire qu’il y a urgence, et alors il faut appliquer immédiatement les changements nécessaires qu’on trouve dans les C-DUC, ou ce sont les pragmatiques et climatosceptiques qui ont raison, et alors il ne faut rien changer à nos façons de faire.

Supposons un moment que nous ayons tort : quels pourraient être, d’ici 2100, les impacts des changements que nous demandons urgemment ? À quoi pourrait ressembler notre société si on les mettait en place ?

Eh bien, nous aurions une nouvelle économie fondée sur les limites biologiques et physiques de la planète, des énergies pleinement renouvelables et une efficacité énergétique, et nous aurions réduit notre consommation d’énergie.

Nous aurions une consommation respectant les capacités de la planète. Nous aurions remplacé nos systèmes à combustible fossile (chauffage, fournaise, chauffe-eau et climatisation) par des systèmes à énergie renouvelable.

Nous aurions réaménagé notre territoire pour un environnement carboneutre, et aurions endigué le gaspillage.

Nous aurions favorisé le transport en commun électrifié, nous aurions des industries à faible empreinte écologique et carboneutres, nous aurions aussi des sols en santé, une agriculture soutenable, l’autosuffisance et la souveraineté alimentaire.

Et enfin, nous aurions un système public de santé et services sociaux dont la première ligne interdisciplinaire serait publique, forte, décentralisée et démocratisée.

Si nous avions tort, ce serait les impacts de l’application de nos mesures.
Au contraire, si ce sont les « pragmatiques et climatosceptiques » qui ont tort, les impacts de ne rien changer à nos façons de faire pour répondre à nos besoins en société sont moins longs à énumérer : nous ne serions pas loin de l’extinction, peut-être même tous morts ! 

Nous ne voulons choisir à votre place, mais pour vous comme pour nous, nous espérons sincèrement que c’est nous qui avons tort !...

Jacques Benoit,
Michel Jetté
Louise Sabourin
Normand Beaudet
André Bélisle
Marc Brullemans
Pour GMob et la DUC
26 mai 2019.

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