Édition du 30 novembre 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Révolution écosocialiste

Les votes de grève se multiplient dans le secteur public

Vers un front commun de la base

Ça commence à chauffer dans le secteur public ! Alors que les négociations piétinent depuis un an devant l’intransigeance de l’état-patron, les votes de grève se multiplient dans plusieurs syndicats. À la FAE, les syndiqués ont voté un mandat de grève générale illimité à partir de la fin mai. Alors qu’à la CSQ et au soutien scolaire SEPB-FTQ, le mandat voté est de cinq de jours de grève. Au moment où l’on se parle des votes sur les moyens d’action s’en viennent à l’APTS et dans les syndicats affiliés à la CSN.

Partout les moyens d’action sont votés à de larges majorités car la frustration est à son comble avec les tactiques dilatoires du gouvernement caquiste et l’exploitation éhontée de la crise sanitaire pour tenter d’écraser les revendications syndicales. Les charges de travail et le stress causé par les dangers d’attraper la COVID 19 créent des moments de désespoir et de découragement, certes, mais aussi une colère sourde chez les travailleurs et travailleuses du secteur public.

Commet transformer le rapport de forces ?

Comment transformer ce rapport de forces qui semble être si favorable au gouvernement caquiste à l’heure actuelle ? Comment créer cette dynamique de mobilisation et d’unité à la base si nécessaire pour affronter l’état employeur ?

Réseauter les militants/es

Le premier constat est qu’il faut combattre l’état d’émiettement des réseaux militants qui sont à l’origine des forts votes de grève. L’absence de Front Commun des syndicats du secteur public, une première depuis 1972, déconcerte bien des militants et militantes qui se demandent comment coordonner les éventuels moyens d’action contre un gouvernement qui est si clairement anti-syndical. Un premier jalon important serait de réseauter les forces militantes qui s’expriment, souvent chacune de son côté, au sein des diverses organisation syndicales. Se coordonner pour faire circuler les informations sur les votes de grève ainsi que les actions militantes qui éclatent ici et là aurait un impact positif et mobilisateur sur la base syndicale en brisant l’isolement et le pessimisme ambiant. Ce réseau commun pourrait aussi au moment opportuns devenir un lieu d’analyse stratégique et de diffusion de mots d’ordre d’action commune.

Promouvoir des actions communes à la base/ Un 1er mai de convergence

Pour briser l’isolement et repartir la mobilisation après les longues période de confinement subies depuis un an, il serait bon de se donner des lieux et moments de convergence entre travailleurs et travailleuses du secteur public. Ainsi, l’appel à un rassemblement unitaire en appui aux travailleurs essentiels ce dimanche 14 mars à Montréal est une excellente initiative lancée par un collectif intersyndical fondé en 2019, Travailleuses et travaillleurs progressistes de l’éducation [1]. Le 1er mai, Journée internationale des travailleurs, serait une autre excellente occasion pour appeler les travailleurs/euses du secteur public à manifester en commun et réaffirmer leur volonté de lutter contre le gouvernement Legault. Engager de telles actions communes préparerait les forces militantes à se coordonner en vue d’un mouvement de grève unifié. Car la grève, c’est ensemble qu’il faut la faire.

Développer l’appui populaire aux revendications des travailleurs/euses du secteur public

Le démantèlement néolibéral des services publics a amplifié la gravité de la crise sanitaire et d’importantes couches de la population voient la nécessité de réinvestir massivement dans les secteurs de la santé, des services sociaux et de l’éducation. Le gouvernement caquiste a tenté de capturer cette sympathie latente en formulant un discours paternaliste sur les « anges gardiens » et le « dévouement » de ceux et celles qui oeuvrent dans les secteurs essentiels. Mais les contradictions entre ce discours hypocrite et la réalité sur le terrain sont de plus en plus évidentes et créent un terrain fertile pour gagner un appui populaire aux revendications des travailleurs/euses du secteur public. C’est l’occasion de démontrer que l’amélioration des conditions de travail et le salaire de ces centaines de milliers de personnes sont intimement lié a cette relance tant nécessaire des services publics.

La prochaine étape : tenir une assemblée d’organisation pour promouvoir un front commun de la base

Les directions syndicales ont adopté une stratégie de demandes diversifiées en fonction des secteurs de négos et des plans d’actions établis avant la Covid qui ont été mis à mal par la crise sanitaire. Comme il n’y a pas de Front commun intersyndical à travers le Québec, comment pallier cette lacune dans l’organisation des luttes ?
 
Parmi les militantes et militants syndicalistes la question de la construction d’un front commun intersyndicale à la base est de plus en plus discutée. La réflexion est importante et essentielle si nous ne voulons pas être mis au pied du mur et avoir à voter des ententes satisfaisantes pour le gouvernement mais au détriment des travailleurs et travailleuses des secteurs publics et para publics. Seule la démocratie des membres à la base peuvent faire grandir la mobilisation et développer des moyens d’actions originaux autour des mots d’ordre de grève.
 
Pour en discuter plus largement une rencontre est en train de s’organiser. Nous vous reviendrons pour confirmer le tout et le lien internet.


[1Un an de travail essentiel : Exigeons mieux pour les travailleuses et travailleurs essentiel.les ! https://www.facebook.com/events/708935726416304

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