Pour télécharger le numéro 17 de la revue Adresse, internationalisme et démocratie
La volonté d’empire s’exprime principalement par la domination économique, la capture, par tous les moyens, des marchés, au nom d’une mondialisation par essence inégalitaire, caractéristique aussi des BRICS comme le démontre l’article de Patrick Bond (« Les BRICS et l’Afrique »). Les seules règles sont celles imposées par les indices boursiers internationaux, (pour rappel les principaux le CAC40 en France, le Dax en Allemagne, le Dow Jones, le Nasdaq).
Le but est de faire croître, par des moyens de plus en plus violents, la valeur des actions (y compris celles des matières premières pourtant essentielles à la survie de l’humanité) pour les plus grands bénéfices des actionnaires. Cela signifie une recherche de main-d’œuvre toujours moins chère, toujours plus exploitée – d’où la pseudo-solution de la délocalisation, qui condamne la population du pays concerné au chômage pour confier ce même travail à des pays pauvres, dépourvus de préférence de droits sociaux et/ou de législation environnementale contraignante.
La désindustrialisation de la France, concerne aussi aujourd’hui la Chine qui relocalise sa production dans les pays avoisinants, ce que nous voyons dans l’article d’Andrea Ferrario (« Comment la Chine redessine l’Asie »).
Avec l’hécatombe des droits sociaux que ces nouvelles formes de misère produisent, y compris pour ceux des femmes, même en Chine supposément communiste, comme le démontre l’article de Yige Dong (« La crise de la reproduction sociale »), piégées par la tradition patriarcale qui naturalise depuis toujours les soins (non rémunérés) des enfants et des parents âgés – sauf pour les riches bien entendu qui peuvent (mal) payer une autre femme, selon un processus analogue de délocalisation.
À cela, s’ajoutent des formes de contrôle en apparence « soft », l’imposition de technologies (y compris l’achat obligatoire d’armes, de culture, d’échanges universitaires), le tout déguisé en aide, en coopération bienfaisantes. Ce que fait aussi la Turquie en cherchant à reconstituer l’empire ottoman, et la Russie concurrençant la Chine pour la prise de possession du sous-sol minier sur le continent africain – tout en faisant semblant de respecter les préférences politiques locales.
Ce qui nous mène à la question posée par Siavush Seyavush et Maryam Namazi dans leurs articles respectifs sur cette autre forme de domination, celle d’une certaine bienpensance occidentale qui se veut de gauche et qui in f ine opère par des mécanismes comparables au capitalisme décrits dans d’autres articles dans le présent numéro d’Adresses. Dans son article oh combien percutant, Siavash Shahabi (« Iran : lutte pour la liberté et le racisme des antiracistes »), dénonce ce qu’il appelle « le racisme de l’intelligentsia ».
Autrement dit, celui de l’élite officielle de gauche qui se donne le droit de nommer les luttes à soutenir unilatéralement, les souffrances dignes de compassion – et à condamner sans appel celles jugées indignes d’une pareille considération.












Un message, un commentaire ?