Édition du 4 octobre 2022

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Algérie

Algérie. Le 8 mars : « Un moment de lutte, une séquence d’une longue marche de la dignité pour les droits des femmes »

Le ton a été donné sur les réseaux sociaux, où des dizaines de vidéos sont postées sous le hashtag « le 8 Mars n’est pas une fête » et dans lesquelles des femmes expliquent les raisons pour lesquelles la lutte des Algériennes doit se poursuivre.

Tiré de À l’encontre.

Plusieurs appels pour une marche des femmes, ce dimanche 8 mars, ont fleuri à travers tout le territoire national.

Emanant de plusieurs associations de femmes, telles que le réseau Wassila, Femmes algériennes pour un changement vers l’égalité, le Collectif des femmes d’Aokas et le Collectif libre et indépendant des femmes de Béjaïa, Assirem N’yellis N’Djerdjer, Bnet El Houria et d’autres encore, l’initiative est placée sous le slogan « Le 8 Mars n’est pas une fête, c’est la Journée internationale de la lutte pour les droits de la femme ».

• L’idée est de rendre à la journée du 8 mars son cachet politique et militant et dénoncer, par là même, un glissement sémantique faisant de cette journée une « fête » où les revendications des femmes étaient, plusieurs années durant, étouffées par les youyous et la zarnadjia [musique souvent utilisée pour les mariages].

Cette année donc, le cœur n’est pas à la fête. « Nous ne pouvons pas faire la fête, alors que nous avons un code de la famille méprisant, faisant des femmes des mineures à vie ; nous ne pouvons pas faire la fête, alors qu’il n’y a que 18% de femmes sur le marché du travail ; nous ne pouvons pas faire la fête alors que nous n’avons pas trouvé une solution radicale à la violence et au harcèlement à l’encontre des femmes », proclame la militante féministe Amel Hadjadj dans une vidéo sur Facebook.

Et de poursuivre : « Le 8 Mars n’est pas une fête, mais la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Nous sommes dans un contexte particulier où l’on réclame un changement radical et une Algérie libre et démocratique. La démocratie ne peut se réaliser sans accorder les droits à toutes les catégories de la société. La célébration de cette journée constituait une manière de prendre à la légère les droits des femmes, de cette journée et de son contenu politique. C’est une opération visant à vider cette journée de son contenu politique. »

• Aussi, et pour changer l’image de cette journée, les associations appellent les femmes à revendiquer leurs droits dans la rue partout en Algérie : une marche est ainsi prévue à Alger devant le portail de la faculté d’Alger à 14h, une autre à Béjaïa, près de la maison de la culture Taos Amrouche dès 13h, une marche devrait s’ébranler à Oran, dès 14h à partir de la place d’Armes, Le Collectif des femmes libres de Bouira a décidé de marcher, dès 13h30, de la porte de l’université jusqu’à la Maison de la culture…

Le rassemblement des femmes de Constantine, en coordination avec les étudiants du CEC (Collectid des étudiant·e·s de Contantine), organise une journée portes ouvertes (à partir de 10h30 au département langues à l’université de Constantine) sur l’origine de la journée du 8 Mars et de lui rendre son cachet politique en tant que journée de lutte et non pas de célébration. Ce sera aussi l’occasion d’évoquer les questions de harcèlement scolaire contre les femmes.

• Le ton a été donné sur les réseaux sociaux, où des dizaines de vidéos ont été postées sous le hashtag « le 8 Mars n’est pas une fête » et dans lesquelles des femmes expliquent les raisons pour lesquelles la lutte des Algériennes doit se poursuivre.

Elles invitent les femmes à revendiquer leurs droits à l’occasion de cette journée symbolique. « Le 8 Mars ne doit pas être une journée folklorique, mais une journée qui nous rappelle que nous avons des droits à revendiquer, que nous avons un combat à poursuivre.

C’est un jour de rappel des luttes journalières. Pourquoi je me bats en tant que femme algérienne ? Mon quotidien se résume à me battre contre un système profondément misogyne, d’un côté, et un patriarcat que l’on croirait presque inscrit dans l’Adn du peuple, de l’autre.

De ce fait, je ne pourrais jamais me soumettre ni à un Etat qui m’outrage à travers ses lois que je n’ai à aucun moment votées, ni à un patriarcat qui s’acharne à faire de moi une propriété privée », souligne une jeune fille dans une vidéo postée sur Facebook.

Une militante embraye : « Le système algérien a longtemps fait en sorte que cette journée soit une fête. Nous sommes d’ailleurs l’un des rares pays qui ont une demi-journée pour les femmes. Au nom des gâteaux et des roses distribués ce jour-là, il y a un code de la famille qui outrage nos droits. »

L’initiative est reprise également par Nadia Chouitem, députée du Parti des travailleurs, qui appelle à faire de ce 8 mars 2020 une « journée révolutionnaire ». « Ce 8 mars 2020, dit-elle, intervient dans un contexte marqué par un élan révolutionnaire visant une rupture avec le système et avec ses politiques.

Pour ce qui nous concerne, il est temps aujourd’hui d’abroger le code de la famille, mis en place en 1984 par l’ex-parti unique (…) le 8 mars 2020 devrait être celui de la rupture avec les politiques du système rétrogrades et autoritaires afin de permettre l’égalité des droits entre les citoyens. » (Article publié par El Watan, en date du 8 mars 2020)

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