Édition du 29 septembre 2020

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Premières Nations

Dépôt d’une plainte officielle pour motif de discrimination systémique et profilage racial par le SPVM : encore un cas en trop

À la suite du dépôt officiel d’une plainte auprès de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse du Québec (CDPDJ) par Femmes Autochtones du Québec (FAQ) pour motif de discrimination systémique et profilage racial de la part du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à l’endroit d’une femme autochtone, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), de concert avec son Conseil des femmes élues, le Foyer pour femmes autochtones de Montréal et Résilience Montréal, unissent leurs voix à celle de FAQ pour dénoncer, une fois de plus, une intervention policière excessive.

Ce communiqué fait suite au cas médiatisé du 3 mai dernier, au Cabot Square de Montréal, alors qu’une femme issue d’une Première Nation, visiblement en détresse psychologique, nécessitait un transport en ambulance afin de recevoir des soins hospitaliers d’urgence. Ce sont plutôt plusieurs véhicules et 17 policiers du SPVM qui ont été les premiers répondants, appuyés par l’escouade canine, dans l’attente d’une ambulance. Une intervention inappropriée et excessive au sein d’une ville qui se proclame « métropole de la réconciliation ».

« C’est avec la plus grande indignation que l’on constate encore un cas de trop. Comment se faitil qu’en dépit de toutes les solutions présentéessur un plateau d’argent à coup de millions de dollars investis, qui incluent des appels à la justice (ENFFADA), des appels à l’action (Commission Viens), des nombreuses études de recherche, des efforts de rapprochement, des principes de réconciliation et des dénonciations sur la scène internationale, nous voyons encore se dérouler sous nos yeux d’évidents agissements abusifs policiers ? » a questionné la Cheffe Adrienne Jérôme de Lac Simon, également porte-parole du Conseil des femmes élues de l’APNQL. « Nous avons saisi la Ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, la Ministre de la Justice, Sonia Lebel et la Mairesse de la Ville de Montréal, Valérie Plante, afin d’obtenir des explications sur leurs intentions réelles de mettre en œuvre les actions significatives pour enrayer la discrimination systémique qui ronge leurs institutions depuis trop longtemps », a soutenu le Chef de l’APNQL Ghislain Picard.

Rappelons qu’un Rapport d’analyse des données du SPVM et de l’élaboration d’indicateurs de suivi en matière de profilage, publié en août 2019, révèle que les personnes autochtones et les personnes noires affichent des disparités très élevées, entre 4 et 5 fois plus de chances que les personnes blanches, quant à leur probabilité moyenne de se faire interpeller par le SPVM et que les femmes autochtones constituent un groupe particulièrement ciblé par les interpellations policières, courant 11 fois plus de chances de se faire interpeller que les femmes blanches.

« Nous ne baisserons pas les bras et nous continuerons à faire preuve de détermination pour dénoncer tout cas de profilage racial et d’excès policier. Aucun autre recours n’est exclu dans le cas présent », a conclu Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec.

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