Édition du 23 novembre 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Le mouvement des femmes dans le monde

Elles « aiment ça »

Dans ce collectif, nous rêvons d’une véritable “libération sexuelle” des femmes. Une libération sexuelle qui nous délivrerait du trauma et de la violence. Où le sexe ne serait plus pour les femmes une monnaie d’échange, que ce soit contre de l’argent, de la sécurité, de la visibilité, de l’affection ou même de la gentillesse.

Tiré de Entre les lignes et les mots
Publié le 13 novembre 2021
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/11/13/elles-aiment-ca/

Qui sommes nous ?

Nous sommes des femmes.

Nous sommes de gauche.

Nous sommes des survivantes.

Nous sommes des concernées.

Les hommes machistes répètent depuis toujours qu’au fond, les femmes « aiment ça ». Dans ce « ça », comprenez la domination masculine, la soumission féminine, l’arrogance des machomen, des-hommes-des-vrais.

Nous, femmes qui avons vécu de la violence sexuelle – parfois consentie, parfois tarifée, parfois ni l’un ni l’autre – aimerions interroger cette affirmation. Moins pour la nier en bloc que pour la questionner.

Les femmes aiment-elles la soumission et la violence sexuelle ? Et si oui, pourquoi ?

Quelles sont les raisons qui nous amènent à « aimer ça » ?

La violence peut se définir comme l’atteinte de l’intégrité physique et psychique de l’Autre en vue d’assoir son pouvoir.

Aujourd’hui, la violence sexuelle est parfaitement tolérée, célébrée, constamment érotisée, du moment que ses victimes y « consentent ».

Mais peut-on consentir par trauma ? Par précarité ? Par désir d’être aimée ou d’avoir de la valeur ? Ces consentements sont-ils valables ?

L’article 3 du protocole de Palerme, par exemple, stipule que « le consentement de la victime est indifférent lorsqu’elle a été abusée, trompée, instrumentalisée, ou lorsqu’elle était en situation de vulnérabilité. »

Avec le mouvement #Metoo et #Balancetonporc, nous avons dénoncé les viols et les agressions sexuelles qui se basent sur l’absence de consentement. Mais, si le consentement est un préalable indiscutable, on ne peut aborder les questions du consentement et du désir sans prendre en compte les conditionnements forgés par des siècles de domination et de traumatismes vécus par les femmes, et qui jouent un rôle crucial dans leur soi-disant consentement/désir/choix de la violence.

Dans ce collectif, nous rêvons d’une véritable “libération sexuelle” des femmes. Une libération sexuelle qui nous délivrerait du trauma et de la violence. Où le sexe ne serait plus pour les femmes une monnaie d’échange, que ce soit contre de l’argent, de la sécurité, de la visibilité, de l’affection ou même de la gentillesse.

Les hommes de gauche voudraient nous faire croire qu’il est léger de jouer à des « jeux de domination » dans un monde où la domination systémique des hommes est encore effective.

Les hommes de gauche laissent la réflexion sur les limites dans la sexualité à la droite rétrograde et sexiste, pour mieux pouvoir accuser toute critique de leurs comportements d’être « puritaine ».

Les hommes de gauche répètent encore et encore qu’« on doit écouter les concernées » mais ne donnent la parole qu’aux « concernées » qui valident la domination.

Les hommes de gauche renvoient la parole des survivantes à des problèmes personnels ou interpersonnels, en dépit de l’ampleur systémique des violences.

Les hommes de gauche promeuvent le mythe de la pute heureuse, dans un monde où 70% d’entre nous souffrons de syndrome de stress post-traumatique, dans un monde où 90% des prostituées sont victimes de la traite, et où celles qui ne le sont pas ont presque toutes commencé mineures, après avoir été victimes de violences.

Les hommes de gauche répètent encore et encore que « TOUT est permis entre adultes consentants » et s’assurent que ce TOUT devienne de plus en plus violent et dégradant, et que les femmes y consentent de plus en plus.

Les hommes de gauche font preuve d’un exemplaire aveuglement sur les origines du consentement des femmes à la soumission, parce que – tout comme les hommes de droite – ils sont persuadés qu’au fond, « elles aiment ça ».

http://ellesaimentca.com/qui-sommes-nous/

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