Édition du 8 octobre 2019

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Environnement

Entente pour le Port de Montréal à Contrecœur- Une course aux subventions aux dépens du Saint-Laurent et de la biodiversité

Alors que la Banque de l’infrastructure du Canada annonce aujourd’hui la signature du protocole d’entente avec le Port de Montréal pour le projet d’expansion à Contrecœur, la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) et Nature Québec soulignent que le projet d’expansion du Port de Montréal n’est pas encore autorisé et que le processus d’évaluation environnementale est toujours en cours.

Selon les deux organisations, il est prématuré d’engager différentes instances gouvernementales alors même que le processus d’évaluation environnementale n’est pas complété.

Des impacts majeurs sur le chevalier cuivré

Le chevalier cuivré est une espèce en voie de disparition unique au Québec et le cœur de son aire de distribution mondiale se situe dans la région de Contrecœur. La construction du nouveau terminal portuaire entrainerait des pertes cumulatives de 4 hectares d’herbiers aquatiques désignés en 2012 habitat essentiel de l’espèce, soit l’équivalent de sept terrains de football, et
pourrait être fatale pour le chevalier cuivré.

La SNAP Québec et Nature Québec rappellent qu’en vertu de la Loi sur les espèces en péril, le ministère responsable a l’obligation de protéger l’habitat essentiel d’une espèce aquatique en voie de disparition dans un délai de six mois après que celui-ci ait été désigné. Dans le cas du chevalier cuivré, Pêches et Océans Canada doit prendre un arrêté pour protéger son habitat
essentiel depuis décembre 2012.

« Comment expliquer qu’un gouvernement ne respecte pas sa propre Loi sur les espèces en péril ? », se demande Alain Branchaud, biologiste et directeur général à la SNAP Québec. « Avec un retard de plus de 6 ans et demi pour prendre l’arrêté ministériel, nous pouvons parler d’un délai déraisonnable », ajoute-t-il. Les deux organisations exigent la publication de l’arrêté ministériel dans les plus brefs délais.

Selon Christian Simard, directeur général de Nature Québec, « les projets d’agrandissement de ports sur le Saint-Laurent, que ce soit à Québec ou à Contrecœur, souffrent d’une grande improvisation et s’opposent même l’un à l’autre sur le marché des conteneurs. Ils ont malheureusement en commun la destruction d’habitats essentiels et une justification économique bancale. En fait il s’agit d’une course aux subventions pour construire à tout prix, aux dépens du Saint-Laurent, de la biodiversité et… du bien commun ! ».

Nature et développement industriel

Alors que la crise de la biodiversité et les changements climatiques s’accélèrent et que la nature nous envoie des milliers de drapeaux rouges, nous sommes appelés à revoir notre modèle économique dépendant d’une impossible croissance continue. Les grands projets industriels doivent être évités et repensés pour diminuer la pression sur nos milieux naturels.

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