Édition du 18 juin 2019

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Politique canadienne

Finalement, nous sommes pas mal plus endettés que nous le pensions

Statistique Canada a annoncé hier (15 octobre 2012) qu’il révisait à la hausse ses chiffres sur l’endettement. On croyait que l’endettement des ménages se chiffrait autour de 151%, finalement c’est 162%. C’est donc dire que pour chaque dollar de revenu les ménages canadiens cumulent 1,62$ de dette. Le graphique révisé par Statistique Canada est éloquent, la croissance de l’endettement des particuliers se poursuit.

Tiré du site de l’IRIS.

Cette augmentation s’explique essentiellement par le fait qu’avant la révision, Statistique Canada amalgamait les ménages et les institutions à but non lucratif. L’isolement des ménages nous offre un portrait plus juste de la situation économique des Canadiens et des Canadiennes. À cet effet, remarquons que le Canada est, en ce moment, à quelques points de pourcentage du niveau d’endettement des Étasuniens avant l’éclatement de la bulle des subprimes (qu’on évalue entre 167% et 169%).
Nos collègues du CCPA ont ressorti ce graphique de la banque du Canada qui se rendait jusqu’en 2011 et qui comparait le ratio d’endettement du Canada avec ceux d’autres pays, comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne. Quand on le joint avec le réajustement annoncé aujourd’hui, les nouvelles ne sont pas très bonnes.

On voit clairement que le Canada se distingue en étant le pays où les ménages sont les plus endettés, et ce, désormais, par une avance au-delà d’un dizaine de points de pourcentage. Plus inquiétant encore, il semble que le Canada soit le seul de ces pays à être sur une tendance ascendante en matière d’endettement des ménages. Même si les autres pays ont des situations critiques parfois en matière de finances publiques, il semble que le Canada a vraiment fait porter le poids de la crise de 2008 sur le dos des ménages et que la situation n’est pas près de se rétablir.

Nous ne semblons pas sur le point de voir immédiatement remonter les taux d’intérêt. Cependant, il est difficile d’envisager qu’ils baissent (le taux directeur de la Banque du Canada est à 1%). Dans une situation où cette hausse de l’endettement a été beaucoup portée par l’immbolier et que le prix des maisons a augmenté de façon importante, tout cela annonce des dangers encore plus importants. À cet égard, l’IRIS a montré que les politiques de la SCHL avaient largement contribué à cette situation. Si le marché venait à s’écrouler, combien de ménages se retrouveraient avec des prêts hypothécaires valant plus que leur maison… Tous ces facteurs mis ensemble pourraient donner une très dure crise.

Julia Posca

Doctorante en sociologie à l’UQAM et chercheuse associée à l’IRIS

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