Édition du 24 novembre 2020

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Asie/Proche-Orient

Israël et la Palestine : une haine inexpiable ?

À force d’entendre parler du conflit israélo-palestinien, on en retire l’impression qu ‘il est insoluble et qu’il ne finira jamais. Il remonte à la nuit des temps. Juif-ve-s et arabes seraient d’éternel-le-s incompatibles, en raison de valeurs politiques inconciliables.

Rien n’est plus faux.

Il faut se rappeler que le conflit entre ces deux nations remonte, pour l’essentiel au commencement su XXième siècle avec le début de l’émigration toujours plus nombreux de personnes juives en Palestine pour fuir les persécutions dont ils et elles étaient l’objet en Europe.

Selon la lecture de l’histoire, que faisaient les personnes militantes sionistes, les juif-ve-s ne faisaient alors que retourner dans la patrie de leurs ancêtres dont ils-elles avaient été chassé-e-s par les Romains en l’an 10 après Jésus-Christ.

« Un peuple sans terre pour une terre sans peuple » selon leur slogan.

Il s’agissait d’un mensonge puisque les « Mamétans » (qu’on appelle aujourd’hui les Palestinien-ne-s) y habitaient déjà. C’est cet envahissement progressif de leurs terres par les sionistes juif-ve-s et la dépossession qui en a résulté qui expliquent l’âpreté et la durée du conflit actuel.

Pourtant, pendant longtemps au Proche-Orient, les communautés musulmanes(majoritaires) et juives ont cohabité en relative harmonie, alors qu’en Europe, les collectivités juives subissaient persécutions et brimades de la part de la majorité chrétienne.

Pourquoi ?

Les chrétien-ne-s tenaient les personnes juives de l’antiquité pour responsable de l’exécution du fondateur de leur religion, Jésus, qu’on disait « Fils de Dieu ». Pour eux et elles, les personnes juives s’étaient rendu-e-s coupables d’un sacrilège. Ils devaient donc en payer le prix.

Dans la théologie musulmane au contraire, Jésus est considéré comme un prophète important, certes, mais pas comme le fils de Dieu. Ce qui explique la tolérance des personnes musulmanes envers les personnes juives malgré leurs conflits et persécutions occasionnelles.

Ironiquement, musulman-ne-s et juif-ve-s sont vus aujourd’hui en Occident comme des ennnemi-e-s de toujours, s’entendaient assez bien, à l’inverse des personnes chrétiennes et juives en Europe.

Après tout. Les musulman-ne-s n’ont à peu près jamais persécuté les juif-ve-s et ils-elles ne se sont pas non plus rendus coupables de l’holocauste. L’antagonisme israélo-palestinien repose sur des motifs territoriaux et politiques, non culturels ou religieux.

Ce qui pose problème est l’appui fanatique des classes politiques occidentales à l’État hébreu et par le fait même anti-palestinien.

La véritable intolérance ne loge pas là où on le prétend.

Jean François Delisle

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