Édition du 24 mars 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 18 févirer 2020

L’État pétrolier canadien démasqué

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Dans cette édition de Presse-toi à gauche, Dalie Giroux analyse les enjeux de la lutte des Premières nations contre le projet Coastal GasLink, Pierre Beaudet interroge les parties impliquées dans le naufrage de Bombardier et Manon Massé, Ruba Ghazal et Catherine Dorion expliquent les intérêts d’un baron américain du charbon très friands des paradis fiscaux dans le projet GNL Québec.

Dalie Giroux qui enseigne à l’Université d’Ottawa explique que « les peuples autochtones, et pas seulement dans le cas wet’suwet’en, cherchent à affirmer l’autorité sur le territoire des gouvernements traditionnels. C’est là l’enjeu politique premier de cette « crise ». » Que le recul sur cette question (du passage du pipeline NDLR) constitue une forme de reconnaissance (par le gouvernement Trudeau NDLR) du fait que la légitimité du projet (Coastal GasLink NDLR), dans le contexte de l’affirmation d’une juridiction autochtone sur le territoire, est problématique. Ultimement, c’est le caractère extractiviste du Canada, comme Etat pétrolier, qui est en jeu.

Pierre Beaudet déplore l’aplatventrisme des élites politiques et économiques devant la catastrophe annoncée de Bombardier renfloué périodiquement au gré des échecs de sa direction alors que les salarié.e.s sont laissé.e.s à eux/elles-mêmes et que la qualité de la production est en chute libre. Le profit à court terme avant tout pour satisfaire les actionnaires avides de profits juteux et qui comme la grenouille qui veut devenir aussi grosse que le bœuf de la fable célèbre, devient la proie de plus gros encore. L’auteur déploré également la passivité des organisations syndicales impliquées, organisations qui se limitent à défendre les emplois existants sans remettre en question les fondements du problème alors qu’il faut « penser plus largement à ce qui est nécessaire, dans le transport comme ailleurs, pour la société entière. »

Les auteures, toutes députées de Québec solidaire, vont à contre-courant du discours officiel de la CAQ et dénoncent les intérêts qui tirent les ficelles en coulisse du projet GNL Québec. Elle sdénoncent en particulier les discours mensongers sur les vertus du gaz naturel liquide en matière de réduction des gaz à effet de serre, dénoncent le rôle du milliardaire américain Jim Breyer dans le projet, lui qui « fait mine de défendre l’environnement au Québec, mais il est marié à l’industrie du charbon des États-Unis. » Enfin, les auteures dénoncent les subventions déguisées de dizaines de millions de dollars en provenance d’Hydro-Québec au projet. QS a tenu à Saguenay une assemblée publique qui fut couronnée de succès.

De plus, vous trouverez notamment dans notre édition de cette semaine une série d’articles sur les enjeux de la lutte contre Coastal GasLink et la mobilisation des nations autochtones : Andrew Nikiforuk dénonce le gouvernement Trudeau, un compte-rendu des actions de protestation et de solidarité, un appel à la solidarité avec les femmes Wet’suwet’en et la prise de position du Syndicat Canadien de la Fonction Publique contre le répression envers les Premières nations.

Sous la rubrique Syndicalisme, nous publions certaines des prises de position face à l’invitation de la CAQ à des Forums, celle du SPGQ par le biais de sa présidente Line Lamarre, de la FSE-CSQ et une invitation de Lutte commune à discuter des façons de construire la mobilisation syndicale.

Sur la scène internationale

Pour rendre compte de la situation internationale, nous vous proposons de lire sur l’environnement, un débat important celui des mesures de compensation ; de manifester nos indignations avec la Déclaration de la Marche Mondiale de Femmes, et de consulter notre dossier Rohinghas.

Concernant l’environnement
Changement climatique : La supercherie de la compensation carbone

Une des propositions des personnes défendant l’option du capitalisme vert dans les mobilisations écologistes c’est la notion de compensation. Voici un argumentaire qui en démontre les limites.

D’abord l’auteur définit la notion de compensation : « Compensation carbone : "ensemble des mesures techniques ou financières permettant de contrebalancer, en partie ou en totalité, les émissions, dans l’atmosphère, de gaz à effet de serre d’origine anthropique qui n’ont pu être évitées".

Ensuite il aborde les proposition de reboisement. En Europe, cette solution est devenue extrêmement populaire. « Les données fournies confirment que c’est la reforestation qui se taille la part du lion dans cette foire aux compensations, puisqu’en 2018, elle représente à elle seule 50,7 Ms de tonnes, soit, entre 2016 et 2018, une différence de 34,1 Ms contre 13,2 pour les autres types de compensation »

Mais cette solution a des limites « la plantation de mille milliards d’arbres permettrait, selon les auteurs, d’absorber 205 gigatonnes de CO2 et de réduire de 25% la quantité présente dans l’atmosphère. Mais un des auteurs reconnait : « Cela va prendre des décennies avant que les arbres ne soient matures et atteignent leur potentiel de stockage ». Par ailleurs, 50% du potentiel de reboisement est concentré dans cinq pays : Russie, Canada, États-Unis, Brésil, Australie. »

De plus les changements climatiques vont affecter ce reboisement : « De surcroit, le réchauffement climatique rend les forêts plus vulnérables aux incendies ("orages de feu" en Australie), aux insectes et aux maladies. Il est donc plus que douteux qu’une forêt plantée dans de telles conditions dure ne serait-ce que 100 ans à cause de la récurrence des incendies de forêt, et la plantation d’arbres, imaginée dans une optique de très court terme, ne fera in fine rien d’autre que de contribuer à l’accumulation de gaz à effet de serre. »

L’auteur poursuit son argumentation et conclut : « Mais ces mesures seront un cautère sur une jambe de bois si on ne s’attaque pas à l’ensemble des sources d’émissions de gaz à effet de serre ». « Mais il ajoute : "l’écologie et le social doivent aller de pair". La transition écologique du 21ème siècle sera sociale ou ne sera pas ! »

Concernant les mobilisations

Appel à la 5ème Action Internationale de la Marche Mondiale des Femmes

Cet appel de l Marche Mondiale des Femmes lance l’année des actions mondiales qui se déroule tous les cinq ans. Cette année les thèmes de la pauvreté et des violences faites aux femmes se combinent avec les migrations et la dégradation de l’environnement.

Voici quatre citations mobilisantes :

« Nous résistons à la destruction de la vie par le capital. Nous sommes confrontées au pouvoir des sociétés transnationales, agents directs du capital, alliées des élites des États, qui avancent sur les territoires, monopolisent, contrôlent et privatisent la terre, transforment la nature en marchandise et contaminent l’eau, la nourriture et nos corps. »

« Nous résistons à l’imposition et à l’exaltation de la maternité comme seule destinée des femmes, renforçant un modèle familial hétéro-patriarcal basé sur la dissimulation de notre travail domestique et de soins qui soutient la vie, dans un système qui nous prend pour des marchandises. « 

« Nous résistons au capitalisme patriarcal et raciste qui impose des frontières et des murs, attaque d’importants contingents de personnes, les expulse de leurs territoires et, en même temps, leur refuse les droits fondamentaux au logement, à la circulation, à l’alimentation et à la manifestation, »

Et cette déclaration de conclure : « Nous renforçons notre engagement à aller de l’avant ensemble jusqu’à ce que nous soyons toutes libres. » « Nous résistons pour vivre, nous marchons pour nous transformer ! »

Vous trouverez aussi la Déclaration de la Marche Mondiale des Femmes en France qui illustre comment chaque pays reprend la Déclaration et l’adapte à ses spécificités

5ème Marche Mondiale des Femmes !

Concernant les Rohinghas

La situation de ce peuple proscrit parce que musulman doit être davantage connu. Ces gens sont expatriés et vivent dans des conditions inacceptables. Voici trois articles qui en fait un bon tour d’horizon.

Birmanie et Bangladesh – Réfugiés rohingyas : catastrophe humanitaire et écologique. Enjeux politiques, economiques et stratégiques

Rohingyas : derrière la religion, le pétrole et le gaz

Au Bangladesh, l’arrivée massive des Rohingyas bouleverse le jeu politique

Bonne lecture

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