Édition du 15 septembre 2020

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Agriculture

L'accaparement des terres agricoles inquiète plusieurs régions

L’UPA estime qu’un des freins à l’établissement des jeunes en agriculture est la valeur élevée des actifs agricoles et l’écart de plus en plus grandissants entre la valeur marchande et économique des terres, un écart qui s’explique par la spéculation qui se fait par les gros acheteurs. « Le Bas-Saint-Laurent voit apparaître de tels types d’entreprises qui acquièrent de grandes superficies de terres, entrant ainsi en compétition avec les entreprises agricoles existantes et des jeunes de la relève. Des transactions sont déjà conclues et d’autres sont en voie de se réaliser au Kamouraska », commente le président de l’UPA du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis.

Tiré du site du Journal mobile maskoutain.

Son homologue de la Montérégie, Christian St-Jean, est aussi inquiet. « Nous avons tous entendus parler des achats effectués par des sociétés comme Pangea au Bas-Saint-Laurent et au Saguenay. Ici, c’est un peu différent en raison de la valeur des terres qui est plus élevé, mais on demeure aux aguets. Il y a des compagnies de transport qui achètent des lots de terres au détriment de la relève », analyse-t-il.
L’UPA de la Montérégie a participé activement à la préparation de la proposition qui sera présentée au congrès général de l’UPA provincial, les 18 et 19 novembre et à l’assemblée générale annuelle de la confédération.

« Nous avons déjà adopté une résolution à notre assemblée générale régionale et le sujet sera amené et débattu au congrès général. Il faut que ça cesse car nos jeunes ne sont pas en mesure d’égaler les offres de ces grosses compagnies, ce qui mets en péril les transferts d’entreprises et l’avenir de l’agriculture dans plusieurs régions du Québec, dont la nôtre », déplore M. Marquis.

Pour Gilbert Marquis, « il est essentiel qu’on mette un frein rapidement à ce phénomène qui menace à long terme l’agriculture faite par des québécois ».

Union Paysanne

Pour l’Union paysanne, l’achat de terre par des fonds d’investissement n’a pas sa place en agriculture, mais cette question ne pourra être résolue sans répondre à la question : quel modèle d’agriculture voulons-nous au Québec ? « Le modèle en place depuis plus de 30 ans nous laisse avec les agriculteurs les plus endettés d’Amérique du Nord, 50% de terres agricoles du Québec en friche et un bilan net déficitaire quant au nombre de fermes restantes chaque année. C’est cette condition sous-jacente qui fait naître des entreprises comme Pangea, qui sont ni plus ni moins l’équivalent des intégrateurs dans le secteur porcin", analyse le président de l’Union Paysanne, Benoît Girouard.

L’UPA déplore que l’arrivée d’investisseurs faisant l’achat de terres en bloc, dans une même municipalité, entraînera une diminution du nombre de producteurs par municipalité. Selon les chiffres de l’UPA, la valeur moyenne des terres en cultures au Saguenay-Lac-Saint-Jean est passée de 1 500$ l’hectare en 2010 à 3 770$ l’hectare en 2012, en raison des offres présentées notamment par Pangea.

Alexandre D’Astous

Journaliste du Journal mobile, média communautaire maskoutain.

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