Édition du 13 avril 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Le développement durable du réchauffement climatique

Urgence climatique Sherbrooke (UCS), un groupe de citoyennes et citoyens, a décidé récemment de relancer les élu.e.s de la municipalité qui ont adopté, il y a deux ans, la Déclaration d’urgence climatique, mieux connue comme la DUC.

Jacques Benoit
GMob (GroupMobilisation)

UCS considère que depuis cette adoption, le conseil municipal n’a pas agi pour faire face à cette urgence, et, conséquemment, le groupe a mis au défi les membres du conseil de répondre par écrit ou par vidéo à une question : « Quelles connaissances les élu.es de Sherbrooke devraient, selon vous, acquérir afin de prendre des décisions face à la crise climatique que nous vivons ? »

Dans ce qui suit, je me permets de proposer des éléments de réponse à cette question des plus pertinentes non seulement pour les élu.e.s de la municipalité de Sherbrooke, mais pour les élu.e.s de tous les niveaux de gouvernement.

La première chose que les élu.e.s doivent comprendre, c’est la signification d’un réchauffement du climat de +1,5 °C ou +2 °C, et la différence d’impact entre les deux. Pour ce faire, ils et elles peuvent visionner cette infographie du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), préparée pour la COP- 25 en décembre 2019.

De même, ils et elles devraient aussi savoir que pour limiter le réchauffement à + 2 °C, la concentration de CO2 dans l’atmosphère ne doit pas dépasser de 350 à 400 ppm. Actuellement, elle est d’environ 410 ppm, et elle augmente.

De plus, l’année 2020 s’annonce comme étant la plus chaude, puisque comme l’explique le Dr Peter Carter, du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), «  la température mondiale pour les six premiers mois de 2020 a enregistré 1,3 °C au-dessus de la valeur de référence  ». Et il ajoute : «  Un monde à 1,5°C est un monde désastreux, sans aucun doute. À 2°C, c’est un monde impossible. »

Ajoutons que si nous continuons à émettre de plus en plus de gaz à effet de serre (GES) et ne faisons rien pour cesser, nous nous dirigeons actuellement sur une tangente nous menant plutôt à +3 °C, voire +5 °C pour 2100.

« Et alors ?... »

Alors ? La dernière période glaciaire qu’a connue la planète remonte à il y a 22 000 ans jusqu’à 14 000 ans. À cette époque, une épaisseur de glace d’environ 2-3 kilomètres recouvrait une partie de l’Europe et de l’Amérique, et les océans étaient plus bas de 120 mètres. En quoi est-ce pertinent ? Ce qui nous sépare, maintenant, de cette période glaciaire, outre les 14 000 années, c’est la température planétaire : en 14 000 ans, elle a augmenté d’environ… +5 °C !

Cependant, l’augmentation de +5 °C qui vient se fera cette fois sur… 100 ans ! C’est du jamais vu, et il est impossible de prédire les impacts sur la vie de cette accélération en température et en temps du réchauffement en cours.

Que pouvons-nous faire ? Que devons-nous faire ?

Nous n’avons surtout pas besoin d’un plan coloré de développement économique ou de « développement durable » qui ne fera que « développer durablement » le réchauffement planétaire. Nous avons besoin urgemment d’un plan de réduction des gaz à effet de serre (GES) pour lutter contre le réchauffement climatique.

Ça nous prend un plan d’urgence climatique global, qui s’attaque aux causes et qu’on met en place d’ici 2022. Il est d’une urgence vitale d’agir dans plusieurs domaines importants en même temps.

Le Plan des Chantiers de la DUC est un tel plan
.

Les municipalités doivent adopter le Plan de la DUC et, comme nous leur avons déjà demandé, revendiquer de nos gouvernements supérieurs d’en faire autant. Souvenons-nous que les gouvernements fédéral et provincial ont tous deux reconnu l’urgence climatique. Il est plus que temps maintenant qu’ils agissent en fonction de la reconnaissance de cette urgence.

À ceux qui ne cessent de répéter qu’il ne faut pas être alarmiste, qu’il faut plutôt être pragmatique, je voudrais leur rappeler que le dictionnaire définit le terme pragmatisme comme étant un « comportement, attitude intellectuelle ou politique, ou étude qui privilégie l’observation des faits par rapport à la théorie ». On ne peut s’y tromper : le réchauffement climatique est un fait, les dangers qu’il fait courir à l’humanité sont réels et déjà perceptibles, et l’urgence d’agir, une pragmatique nécessité !

Aux autres qui disent que notre plan est trop radical, que respecter la science va nuire à l’économie du Québec, je réponds : ou bien c’est nous qui gérons les difficiles transformations et réductions à faire, ou bien ce sont les catastrophes qui s’en chargeront pour nous.

En nous basant sur la crise de la COVID-19, que préférons-nous ?...

Jacques Benoit

Coordonnateur de la Coalition solidarité santé.

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