Édition du 22 juin 2021

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Asie/Proche-Orient

LE PRINCIPE DE REPRÉSENTATIVITÉ

Le Hamas, le Djihad islamique et d’autres organisations de résistance palestinienne sont considérées par l’ensemble des classes politiques américaine et canadienne comme des groupes "terroristes". C’est devenu un lieu commun et un cliché officiels.

Il n’y a qu’à se rappeler le concert d’aboiements enragés de la plupart des membres du Congrès américain quand une députée d’origine musulmane a parlé des atrocités commises à l’occasion par les gouvernements américain et israélien. Ils et elles ont toutes protesté avec véhémence, prenant la défense des États-Unis et d’Israël qu’ils qualifient de "démocraties", et le Hamas de "terroriste", c’est-à-dire de criminel.
Les États-Unis et le Canada boycottent le Hamas au pouvoir dans la miséreuse bande de Gaza, mais ils reconnaissent le gouvernement-croupion du Fatah, dirigé par l’inepte Mahmoud Abbas, qui contrôle une partie de la Cisjordanie. Pas question non plus pour eux de rompre les liens avec Israël, en dépit des multiples abus de pouvoir et même parfois des atrocités anti-palestiniennes commises par la classe politique israélienne. À des degrés divers, la plupart des classes politiques occidentales préfère fermer les yeux sur cette réalité déplaisante qui contredit pourtant leurs principes les plus hautement proclamés.

Lorsque Mahmoud Abbas a reporté ce printemps sine die le scrutin qui devait se tenir en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et à Gaza, aucun politicien occidental n’a formulé la moindre protestation. La raison en est simple : si le scrutin avait eu lieu, le Hamas l’aurait sans doute emporté, balayant le Fatah, faible, corrompu, discrédité et plus ou moins à la botte d’Israël.

Si on veut enfin régler de manière équitable le conflit israélo-palestinien, tous les acteurs majeurs des parties en présence doivent participer aux négociations décisives, y compris le Hamas. Que cela plaise ou non, cette organisation, qui gouverne Gaza représente une part non négligeable de la nation palestinienne, que ce soit en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, à Gaza ou en exil.

Le Hamas ne fait partie du problème mais de la solution. La seule façon de l’amener à modérer ses positions consiste à l’intégrer au processus politique et diplomatique. La véritable cause de la perpétuation du conflit israélo-palestinien réside dans l’appui fanatique des classes politiques occidentales à l’État hébreu et dans la mise à l’écart de courants représentatifs de la société palestinienne, dont les membres sont jugés trop violents et intraitables (trop combattifs en fait) par les bien-pensants occidentaux.

Mais qui est intraitable en réalité ?

Jean-François Delisle

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