Tiré de Europe Solidaire Sans Frontières
19 janvier 2026
Par Andrea Ferrario
Le gisement de Simandou, caché dans les montagnes du sud-est de la Guinée, contient l’une des plus grandes réserves de fer haut de gamme au monde. Pendant près de trois décennies, il est resté inutilisé malgré les études de faisabilité menées pendant des années par Rio Tinto, une multinationale anglo-australienne, qui a tenté à plusieurs reprises d’en lancer l’exploitation. Le problème n’était pas d’ordre géologique, mais logistique et économique. L’extraction du minerai nécessitait la construction simultanée d’une voie ferrée de 600 kilomètres, d’un port capable de gérer d’énormes volumes et de systèmes de transfert pour charger les navires. L’investissement nécessaire, estimé à l’époque à plus de 15 milliards de dollars rien que pour les infrastructures, décourageait tout investisseur ayant une approche traditionnelle. Mais en novembre dernier, le navire Winning Youth a quitté pour la première fois le nouveau port atlantique de Morebaya, sur la côte guinéenne, avec une cargaison de près de 10 000 tonnes de minerai de fer extrait de Simandou.
Cette expédition a marqué la fin d’un blocage qui a duré près de trois décennies. Le projet, dont le coût a entre-temps grimpé à 20 milliards de dollars, soit pratiquement l’équivalent du produit intérieur brut annuel de la Guinée, a été débloqué grâce à un modèle opérationnel qui intègre des capitaux, une ingénierie et un contrôle logistique entièrement chinois dans un système vertical allant de la mine au navire. Cette transformation marque un tournant décisif dans la présence économique de Pékin sur le continent africain. La Chine ne se contente plus de financer des infrastructures par le biais de prêts dans le cadre du programme des Nouvelles routes de la soie, mais exploite directement les gisements miniers en contrôlant l’ensemble de la chaîne de valeur.
Le tournant s’est produit lorsque le consortium Winning, dirigé par l’entrepreneur chinois Sun Xiushun, a obtenu en 2019 les droits sur deux des quatre gisements miniers. Sun avait déjà démontré sa capacité à construire des systèmes logistiques complexes en Guinée à travers l’extraction de bauxite, en développant depuis 2015 un réseau intégré de ports, de chemins de fer et de navires qui a fait de la Guinée le premier exportateur mondial de bauxite, qui assure environ 70 % des importations chinoises. L’application au fer des leçons apprises avec la bauxite a permis de débloquer un projet qui semblait irréalisable.
La rapidité d’exécution a surpris tout le secteur minier. En quelques années, des dizaines d’entreprises chinoises ont travaillé simultanément sur des chantiers complexes, souvent dans des conditions environnementales extrêmes. La nouvelle ligne ferroviaire transguinéenne, achevée dans des délais et à des coûts inférieurs aux prévisions initiales, est aujourd’hui l’une des infrastructures les plus ambitieuses du continent. Même les observateurs occidentaux ont dû reconnaître que les capacités opérationnelles chinoises, basées sur une forte coordination entre l’industrie, l’ingénierie et la logistique, ont longtemps été sous-estimées. À la base de cette capacité d’exécution se trouve un réseau dense de partenariats qui réunit de grands groupes publics chinois et des entreprises formellement privées. Grâce à une série de coentreprises, Pékin a réussi à exercer une influence significative sur les deux principaux volets du projet Simandou. Une fois qu’il sera pleinement opérationnel, le gisement deviendra une source importante de fer pour le marché mondial, offrira à la Chine une alternative stratégique aux approvisionnements traditionnels et renforcera son poids dans les négociations dans un secteur clé de l’économie mondiale.
Quand l’or noir devient poison
Quand l’or noir devient poison : catastrophes environnementales et stratégies d’endiguement
Les discours sur les prouesses de la Chine se heurtent toutefois à une réalité de terrain faite de pollution, de catastrophes et de tentatives systématiques de faire taire ceux qui en dénoncent les conséquences. En février 2025, l’effondrement en Zambie d’un barrage propriété de Sino Metals, contrôlée par China Nonferrous Mining, a provoqué le déversement dans l’environnement d’une quantité de déchets toxiques dont la société a initialement déclaré qu’elle s’élevait à 50 000 tonnes. Les enquêtes ultérieures ont révélé que le volume réel dépassait 1,5 million de tonnes, soit trente fois plus. L’arsenic, le cyanure et les métaux lourds ont contaminé plus de cent kilomètres du fleuve Kafue, l’une des principales ressources en eau pour des millions de personnes. Des milliers de poissons morts ont échoué sur les rives, tandis qu’à Kitwe, la ville universitaire en aval, des dizaines d’étudiant.e.s ont été hospitalisé.e.s après avoir bu de l’eau contaminée.
Neuf mois plus tard, en novembre, un scénario similaire s’est répété en République démocratique du Congo. La rupture du barrage de Congo Dongfang Mining, filiale de Zhejiang Huayou Cobalt, a déversé de l’eau acide dans la banlieue de Lubumbashi, la deuxième ville du pays. Les canaux le long des routes se sont remplis jusqu’à déborder, inondant les maisons et les marchés. L’eau a atteint le fleuve Lubumbashi, détruit la faune aquatique et contaminé les puits dont dépendent les familles qui n’ont pas les moyens de disposer de l’eau courante. La pauvreté généralisée a poussé certains habitants à manger les poissons morts ramassés sur les berges malgré les avertissements sur leur toxicité, simplement parce qu’ils n’avaient rien d’autre à donner à leurs familles ce jour-là. Il ne s’agit pas d’accidents fortuits, mais des conséquences prévisibles de pratiques bien établies. Au Ghana, le « galamsey », terme local désignant l’extraction illégale d’or contrôlée en grande partie par des opérateurs chinois, a détruit plus de 100 000 hectares de plantations de cacao, selon les informations fournies par l’association locale des cultivateurs.
Le manque de réglementation dans le secteur minier a causé des catastrophes environnementales dans toute l’Afrique, comme l’empoisonnement au plomb extrait illégalement dans l’État nigérian de Zamfara, qui a causé la mort de centaines d’enfants en 2010. En ce qui concerne plus particulièrement les activités des entreprises chinoises, la dévastation s’étend également au secteur forestier. Au Cameroun, la demande asiatique a favorisé la déforestation accélérée du bassin du Congo, le deuxième poumon vert de la planète. La demande mondiale pour les essences tropicales rares abondantes dans le bassin du Congo a intensifié l’exploitation industrielle depuis 1990. Lorsque l’Europe a mis en place des mesures pour garantir la légalité du bois en 2018, la demande s’est déplacée vers l’Asie. En 2019, la Chine était devenue le principal acheteur de bois camerounais, avec des importations d’un milliard de dollars. Les pratiques frauduleuses sont similaires à celles de l’exploitation minière : les opérateurs locaux obtiennent des permis non conformes utilisés pour couvrir les volumes extraits illégalement, le bois est transporté à travers des frontières poreuses vers les pays voisins, d’où il est ensuite exporté avec des documents falsifiés. Le Cameroun perd des milliards de francs CFA en taxes et en droits de coupe non perçus.
Confrontées au préjudice causé, les entreprises chinoises ont adopté des stratégies pour contenir les protestations. En Zambie, dans les mois qui ont suivi la catastrophe, des responsables de Sino Metals accompagnés de représentants du gouvernement ont offert aux habitants des sommes comprises entre 100 et 150 dollars en échange d’accords qui leur imposaient de ne pas parler de la catastrophe, de ne pas intenter d’actions en justice et de ne pas révéler l’existence même de l’accord, le tout accompagné de mesures judiciaires intimidantes. En mai dernier, la Chambre de commerce chinoise en Zambie a obtenu une injonction pour bloquer la diffusion d’un film documentaire d’investigation sur les problèmes environnementaux liés aux entreprises chinoises dans le pays. Reporters sans frontières a qualifié cette affaire d’exemple de poursuite-bâillon, c’est-à-dire de recours à une procédure judiciaire abusive pour réduire les journalistes au silence en les faisant crouler sous les frais de justice. En outre, Sino Metals utilise des drones dans la zone du site minier pour identifier les militant.es ; et les journalistes, tandis que la police a arrêté plus d’une dizaine de personnes.
Ces abus sont rendus possibles par la faiblesse structurelle des systèmes de réglementation et de contrôle. Les agences environnementales de nombreux États d’Afrique occidentale et centrale sont chroniquement sous-financées, dépourvues d’indépendance réelle et infiltrées par la corruption. Les fonctionnaires et les dirigeants politiques reçoivent des pots-de-vin ou délivrent des permis dans le cadre de procédures opaques, tandis que les évaluations d’impact environnemental, bien qu’obligatoires sur le papier, sont ignorées dans la pratique ou utilisées pour extorquer de l’argent. Le chevauchement des compétences entre les autorités fédérales, provinciales et locales crée également des zones d’ombre où les responsabilités sont diluées. De nombreux pays africains disposent d’une législation moderne, mais leurs capacités de contrôle sont inexistantes, ce qui permet aux entreprises, chinoises ou non, d’opérer sans enregistrement adéquat, protégées par des réseaux de complicité qui remontent jusqu’aux plus hauts niveaux de l’État.
Les zones d’ombre
Les zones d’ombre : extraction illégale, réseaux criminels et travailleurs chinois victimes
La corruption et la fragilité institutionnelle, qui permettent aux grandes entreprises d’opérer avec peu de contrôle, favorisent également le développement d’activités parallèles difficiles à surveiller. Parallèlement aux grands projets officiels, une industrie minière illégale prospère à l’échelle semi-industrielle, intégrée dans des réseaux transnationaux et souvent liée à des groupes criminels qui finit par entraîner une implication directe des travailleurs chinois et à leur porter préjudice. En novembre dernier, l’ambassade chinoise en République centrafricaine a diffusé un avertissement inhabituel à l’intention de ses ressortissants, rapportant des cas de confiscation de documents, de violences, de morts suspectes et de maladies contractées sur les sites d’extraction aurifère. Le tout dans un pays dévasté par plus d’une décennie de guerre civile, mais riche en ressources minières de grande valeur.
Les travailleurs chinois qui arrivent en Afrique, attirés par des promesses de gains faciles, découvrent souvent une réalité très différente de celle qu’ils imaginaient. Le ralentissement structurel de l’économie chinoise, avec un secteur de la construction en crise profonde et une demande intérieure stagnante, a laissé des millions de personnes sans perspectives d’avenir. Les histoires de fortune rapide faite en extrayant de l’or en Afrique circulent sur les réseaux sociaux et dans les provinces les plus pauvres de l’est de la Chine, incitant des personnes désespérées à investir les économies de toute une vie pour rejoindre des pays dont elles ne savent rien. Une fois arrivés à destination, ces gens se retrouvent dans des environnements où la violence est endémique, où les institutions étatiques sont inexistantes ou complices des trafiquants, et où les voies de sortie sont bloquées par les dettes accumulées et la confiscation des documents. La propagande nationaliste chinoise, qui, à travers des films commerciaux à succès tels que « Wolf Warrior 2 », alimente l’idée d’une Chine puissante prête à protéger ses citoyens où qu’ils se trouvent, se heurte à l’abandon réel dans lequel se trouvent ces travailleurs. Le communiqué de l’ambassade chinoise en République centrafricaine, qui reconnaît publiquement le risque d’esclavage, constitue un aveu inhabituel et embarrassant. Dans la plupart des cas, les autorités chinoises préfèrent garder le silence afin de ne pas nuire aux relations bilatérales avec les gouvernements africains et de ne pas remettre en question le discours officiel sur la coopération mutuellement avantageuse. Les travailleurs chinois deviennent ainsi à la fois les victimes et les instruments d’un système extractif qui opère en marge de la légalité, les exploitant eux-mêmes ainsi que les communautés locales au nom de profits qui finissent ailleurs.
Ressources stratégiques
Ressources stratégiques : concurrence, dette et avenir incertain
La vulnérabilité des travailleurs chinois et la destruction des communautés locales sont des phénomènes qui s’inscrivent dans une concurrence plus large pour le contrôle des ressources minières africaines. Cette concurrence oppose non seulement la Chine, mais aussi les États-Unis et l’Europe, engagés dans une course pour s’assurer un accès privilégié aux gisements grâce au financement d’infrastructures concurrentes. En novembre, le Premier ministre chinois Li Qiang s’est rendu en Zambie pour relancer la ligne ferroviaire Tanzanie-Zambie, une infrastructure historique aujourd’hui réactivée comme corridor stratégique vers l’océan Indien. Ce projet est en concurrence directe avec le corridor de Lobito, soutenu par les États-Unis et l’Union européenne, qui vise à acheminer les mêmes ressources minières vers l’Atlantique. L’enjeu n’est pas seulement le transport des matières premières, mais aussi le contrôle des flux commerciaux et des relations politiques tout au long de la chaîne logistique. Parallèlement, l’attention croissante portée à la sécurité des routes et des nœuds infrastructurels montre à quel point la concurrence économique est de plus en plus liée à une dimension d’influence et de présence sur le terrain.
Le modèle opérationnel que la Chine applique aujourd’hui en Afrique à travers des projets tels que Simandou a des racines qui aident à comprendre son évolution et les risques qui y sont liés. L’Angola occupe une place centrale dans le discours chinois sur le développement : un rapport publié en 2017 par l’université Renmin de Pékin le décrit comme le premier banc d’essai à grande échelle de ce qui allait être appelé le « modèle angolais », un système dans lequel les prêts destinés aux infrastructures sont remboursés par les exportations de ressources. Ce modèle est apparu au début des années 2000, alors que le pays sortait d’une guerre civile et était lourdement endetté. Il se présentait comme une alternative aux conditions strictes imposées par le Fonds monétaire international et le Club de Paris, avec des échéances plus longues et l’absence de contraintes politiques. Présenté comme mutuellement avantageux, ce modèle a toutefois été appliqué durant une période de prix élevés du pétrole, qui n’ont atténué que temporairement les tensions financières.
Aujourd’hui, l’Angola est l’un des principaux débiteurs africains de la Chine et, après l’effondrement des prix du pétrole, le service de la dette a progressivement réduit la marge de manœuvre budgétaire pour les dépenses publiques. Les évaluations des institutions financières multilatérales continuent de mettre en évidence une vulnérabilité structurelle. Des projets tels que le barrage de Laúca, souvent cités dans les discours chinois comme des exemples de coopération verte, illustrent bien ces ambiguïtés : si, d’un côté, l’hydroélectricité a augmenté la capacité de production, de l’autre, l’accès à l’énergie reste très inégal. De grandes infrastructures emblématiques coexistent ainsi avec la persistance de la précarité énergétique et des questions non résolues quant aux véritables bénéficiaires de ces investissements.
La volonté de la Chine de renforcer sa présence dans le secteur minier africain répond à des besoins stratégiques bien identifiés. La Chine importe plus de 70 % de son fer d’Australie et du Brésil, une dépendance que Pékin considère comme une vulnérabilité, accentuée ces dernières années par les tensions commerciales et diplomatiques avec Canberra. Les entreprises chinoises contrôlent aujourd’hui environ 8 % de la production mondiale de fer transporté par voie maritime, une part qui devrait augmenter considérablement avec la mise en service de Simandou et d’autres projets africains. Cette expansion s’inscrit toutefois dans un contexte contradictoire : la demande intérieure d’acier est en baisse, tandis que les nouvelles capacités de production risquent d’alimenter une offre excédentaire et de comprimer davantage les prix. En outre, les coûts d’exploitation de Simandou restent plus élevés que ceux des principaux gisements australiens et brésiliens, en raison des distances et de la complexité logistique. Les investisseurs chinois se trouvent donc dans une position ambivalente, tiraillés entre le gain d’influence stratégique à long terme et des rendements économiques incertains à court et moyen terme.
À cela s’ajoute l’utilisation de la dette comme instrument d’influence. Grâce à la restructuration des prêts et à leur conversion dans sa propre monnaie, Pékin offre à plusieurs pays africains, tels que le Kenya, l’Éthiopie et la Zambie, un soulagement financier immédiat, tout en renforçant son poids dans leurs budgets publics. Cette dynamique peut atténuer les tensions budgétaires à court terme, mais elle tend à accroître la dépendance politique et économique, ce qui complique les tentatives de diversification des partenaires et réduit la marge de manœuvre des gouvernements vis-à-vis des grandes entreprises chinoises actives sur le territoire.
Les promesses de transformation économique liées aux mégaprojets miniers se heurtent à des obstacles structurels qui rendent tout résultat incertain. Dans la littérature universitaire chinoise, Simandou est présenté comme un modèle vertueux de développement durable : un article publié en décembre dernier par la Lee Kuan Yew School of Public Policy le décrit comme un système intégré capable de surmonter les limites qui ont bloqué pendant des décennies les grands groupes miniers occidentaux. Dans cette vision, la Guinée acquerrait un corridor infrastructurel central pour son économie, utile non seulement pour le secteur minier, mais aussi pour l’agriculture, le commerce et le développement urbain, tout en bénéficiant de la possibilité de profiter de rendements à long terme et de compétences industrielles. Ce discours entre toutefois en contradiction avec les données disponibles. Le plan Simandou 2040 vise à quadrupler l’économie, et l’agence de notation Standard & Poor’s a relevé la note souveraine à B+, citant le projet comme un tournant, tandis que le gouvernement a annoncé que 5 % des revenus miniers et 20 % des revenus ferroviaires seraient consacrés à l’éducation et aux bourses d’études dans un pays où plus de la moitié de la population reste analphabète. Cependant, les quelque 50 000 travailleurs employés pendant la phase de construction passeront à 10 000-15 000 une fois le projet achevé, ce qui laisse en suspens la question de la réinsertion des autres. Le précédent de la révocation d’une concession de bauxite en août dernier montre également que la junte de Mamadi Doumbouya n’hésite pas à intervenir de manière autoritaire contre les investisseurs jugés défaillants. Sur un horizon de trente ans, le risque de renégociations forcées ou de blocages locaux le long des 600 kilomètres de voie ferrée reste réel, surtout dans un contexte politique fragile.
L’expansion minière chinoise en Afrique repose donc sur des bases instables : l’interdépendance entre les investisseurs et les gouvernements hôtes ne garantit pas la stabilité, tandis que les coûts environnementaux et sociaux dépassent les avantages escomptés, et que le fossé entre les discours officiels et les réalités vécues par les communautés locales continue de se creuser.
Andrea Ferrario
P.-S.
• Traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l’aide de Deeplpro.
Source - Andrea Ferrario, 19 janvier 2026 :
https://andreaferrario1.substack.com/p/la-cina-scava-in-africa-ferro-debito
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