Édition du 29 novembre 2022

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Québec

Le niveau de vie des employés de l’État recule depuis 2000

Les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes sont une réalité bien documentée qui concerne la totalité des pays membres de l’OCDE et la plupart des sociétés dans le monde. Le Québec n’y fait pas exception alors qu’en 2017, les femmes y ont gagné en moyenne un taux horaire de 90 cents pour chaque dollar gagné par les hommes.

Pourtant, le Québec s’est doté en 1996 d’une Loi sur l’équité salariale dont l’objectif est de « corriger les écarts salariaux dus à la discrimination systémique fondée sur le sexe à l’égard des personnes qui occupent des emplois qui sont dans des catégories à prédominance féminine ». Cette loi a eu des effets importants qui ont favorisé une plus grande égalité entre les hommes et les femmes sur le marché du travail. Nous verrons toutefois comment des iniquités importantes persistent et ne semblent pas en voie de se résorber.

Quelques éléments tirés de l’étude

• L’administration québécoise (qui regroupe la fonction publique, le système public de santé et de services sociaux et le système public d’éducation) est le seul secteur du marché de l’emploi à connaître un haut niveau de ségrégation professionnelle sexuée, son effectif étant composé à 72 % de femmes.

• L’administration québécoise est le seul secteur à avoir connu une baisse du niveau de vie de son effectif depuis l’année 2000.

• Les employé·e·s de l’administration québécoise subissent des écarts de rémunération importants avec les autres employé·e·s du secteur public (administrations municipale et fédérale, entreprises publiques et universités).

• La combinaison de la ségrégation professionnelle et de la stagnation salariale qui affecte l’administration québécoise indique la présence d’une discrimination systé-mique fondée sur le sexe.

• La Loi sur l’équité salariale ne suffit pas à corriger cette forme de discrimination, car elle ne s’applique qu’à l’intérieur des différentes entreprises formant un secteur d’activité ; elle ne peut être appliquée entre les secteurs.

• Le secteur des entreprises publiques est composé à 56 % d’employé·e·s d’entreprises sous compétence provinciale et bénéficie d’une rémunération globale 24 % supérieure en moyenne à celle de l’administration québécoise.

• Un rattrapage salarial du personnel de l’administration québécoise pour porter leur rémunération au niveau des entreprises publiques coûterait environ 7,3 milliards $ annuellement à l’État québécois, dont 5,9 milliards $ en salaires, et réduirait de 35 % l’écart général du salaire horaire moyen entre les hommes et les femmes au Québec.

Consulter l’intégral de l’étude.

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