Édition du 26 octobre 2021

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Syndicalisme

Revue de presse

Pénurie de main d’oeuvre dans le secteur de la santé : les positions des centrales syndicales

Les centrales syndicales ont répliqué au gouvernement Legault à propos de la pénurie de main d’oeuvre dans le réseau de la santé et en éducation en soulignant l’absence dans le plan du premier ministre de l’enjeu numéro un concernant le travail dans le secteur de la santé : le temps supplémentaire obligatoire et les conditions de travail. Nous vous proposons une revue de presse des réactions syndicales aux annonces de la semaine dernière. (PTAG)


Consultation du gouvernement visant à valoriser, à attirer et à mobiliser le personnel scolaire : des gestes rapides et concrêts à poser pour cesser l’hémorragie dans le réseau (FTQ)

Montréal, le 3 octobre 2021. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), et ses syndicats affiliés dans le secteur scolaire (SCFP, SEPB, UES 800) qui participeront, demain le lundi 4 octobre, à la consultation du gouvernement du Québec visant à valoriser, à attirer et à mobiliser le personnel scolaire invite le gouvernement à poser des gestes rapides et concrets afin de stopper la démobilisation et les démissions dans le réseau.

« Au cours des derniers mois, dernières années nous avons beaucoup entendu parler de la nécessité de rehausser le statut des enseignants du réseau de l’éducation. C’est bien, c’est même très bien, mais le problème c’est que le gouvernement a complètement oublié les autres corps d’emplois, le personnel de soutien et les professionnels, qui sont tout aussi nécessaires à la réussite scolaire des élèves. Les travailleuses et travailleurs que nous représentons tiennent le réseau de l’éducation à bout de bras et leur travail, mal reconnu, est essentiel. Sans ces, femmes et ces hommes, secrétaires, techniciens de laboratoire, psychologues, ouvriers spécialisés, concierges, techniciennes en service de garde pour ne nommer que ceux-là, il n’y aurait pas d’école fonctionnelle », déclare le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

« Notre message au gouvernement est clair : il doit changer de modèle et s’intéresser à l’ensemble du personnel, à l’ensemble des activités de l’école, ‘Il faut tout un village pour élever un enfant’, ça s’applique aussi à l’école. Si on continue à oublier le personnel de soutien et les professionnels, la pénurie de personnel va s’aggraver et les services aux élèves vont en souffrir », d’expliquer Richard Delisle, président du secteur de l’éducation du SCFP-Québec.

« Qu’on le veuille ou non, la valorisation, la rétention et l’attraction du personnel scolaire passent avant tout minimalement par un rattrapage salarial et par une amélioration significative des conditions de travail des différents corps d’emplois. On peut faire toutes les consultations possibles, les conclusions seront les mêmes ; il faut un investissement majeur dans le réseau de l’éducation », ajoute Réda Ait Ali président par intérim du Conseil national du soutien scolaire (CNSS-SEPB).

« Le gouvernement doit passer un message afin de reconnaître la valeur de tous les travailleurs et travailleuses de l’éducation. Il faut revoir tout le fonctionnement dans les écoles. Garantir un nombre minimal d’heures de travail afin que les travailleuses et travailleurs puissent vivre décemment, afin de mettre fin à la précarité. Certaines classes d’emploi gagnent à peine plus de 20 000 $ par année, après cela on se demande pourquoi on manque de personnel ? Poser la question c’est y répondre » conclut Pierre-Paul jr Binet, C.S. Central Québec UES 800.


Le gouvernement reste muet sur la fin du TSO (FSSS-CSN)

Les mesures doivent permettre de reconnaître de manière permanente le travail des personnes en place qui luttent depuis plus d’un an et demi contre la pandémie. Elles doivent aussi viser à cesser de gérer le réseau à coups d’arrêtés ministériels et de se mettre à l’écoute du personnel et des syndicats.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) déplore que le plan gouvernemental reste muet sur la fin du temps supplémentaire obligatoire et contient des mesures temporaires qui ne permettront pas de mettre fin à la crise du réseau. La FSSS–CSN réagira au plan gouvernemental à 16 h dans ses bureaux à Montréal.

Pour la FSSS–CSN, pour être un succès, le plan gouvernemental doit viser une chose : donner un coup de barre dans les conditions de travail du personnel du réseau de la santé et des services sociaux. Au sortir d’une négociation difficile où le gouvernement a fait la sourde oreille aux nombreuses solutions que nous avons mises de l’avant, la FSSS–CSN constate que le gouvernement Legault prend enfin conscience de la crise du manque de personnel dans le réseau. Les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes comme plusieurs autres titres d’emploi quittent le réseau parce que les conditions sont trop difficiles. Elles sont aussi trop nombreuses à tomber au combat parce que peu est fait pour prendre soin de leur santé physique et psychologique. Malgré nos nombreuses demandes, le gouvernement refuse toujours de nous transmettre ses données sur la planification de la main-d’œuvre, ce qui ne permet pas d’agir sur les manques de personnel pour bien des titres d’emploi du réseau.

« Le gouvernement reste muet sur les moyens pour mettre fin au temps supplémentaire obligatoire pour les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes. C’est pourtant là l’essentiel, au-delà des incitatifs financiers. Ce dont on a besoin, c’est d’améliorer nos conditions de travail. On a besoin de plus que d’un gros plaster pour régler la crise », lance Frédéric Lapierre Justin, représentant des professionnel-les en soins à la FSSS–CSN.

Implanter les solutions avec le personnel et les syndicats

C’est pourquoi la FSSS–CSN appelle le gouvernement à aller plus loin et à faire autrement. Si accélérer les mesures incluses dans les nouvelles conventions collectives et implanter de nouveaux incitatifs financiers sont à évaluer, il faudra en faire davantage pour régler la crise. Les mesures doivent permettre de reconnaître de manière permanente le travail des personnes en place qui luttent depuis plus d’un an et demi contre la pandémie. Elles doivent aussi viser à cesser de gérer le réseau à coups d’arrêtés ministériels et de se mettre à l’écoute du personnel et des syndicats. Pour la FSSS–CSN, il faut d’urgence :

• Mettre fin au temps supplémentaire obligatoire et miser sur la stabilité des postes et des horaires

• Contrer la surcharge de travail

• Accentuer les mesures de conciliation travail famille études

• Fermer la porte aux agences privées en intégrant leur personnel dans le réseau public

• Agir globalement sur les manques de personnel pour tous les titres d’emploi en demande. La FSSS–CSN est heureuse de constater que le gouvernement accepte enfin d’augmenter le personnel administratif pour venir en support aux équipes de soins

• Décentraliser l’organisation de la prévention et donner les moyens aux milieux de travail de faire de la prévention pour agir sur la santé physique et psychologique du personnel

• Organiser le réseau en misant sur la décentralisation, la démocratisation et l’autonomie des équipes de travail

« Les solutions, les gens sur le terrain les connaissent depuis longtemps. Le problème, c’est qu’on frappe un mur pour les implanter. Aujourd’hui, le gouvernement montre enfin qu’il est prêt à faire des efforts. Pour mettre fin à la crise du réseau, il doit maintenant se mettre à notre écoute », de conclure Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.


Encore combien de rapports avant qu’on mette fin à la crise en santé et services sociaux ? (CSN)

Les solutions, on les connaît, il ne manque que la volonté politique d’écouter les travailleuses et travailleurs.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) réagit au dépôt du rapport annuel de la Protectrice du citoyen qui dénonce une fois de plus plusieurs problèmes récurrents dans le réseau. Pour la FSSS–CSN, il est temps de miser sur la décentralisation, la démocratisation et l’autonomie des équipes de travail pour mettre fin à la crise.

La Protectrice du citoyen cible des problèmes majeurs en déficience, dans les soins à domicile et dans la gestion de la pandémie auprès des personnes âgées. Ces problèmes récurrents sont dénoncés depuis de nombreuses années par la FSSS–CSN. Le rapport montre les lacunes du recours au privé en santé et la difficulté d’un réseau public hypercentralisé à répondre aux besoins de la population. Pour les régler, il est urgent d’agir en profondeur pour relever le réseau public de santé et de services sociaux. Pour cela, il faut mettre un terme au manque à gagner dans le financement du réseau, fermer la porte au privé, décentraliser l’organisation du réseau et viser réellement à revaloriser la contribution de l’ensemble des équipes de travail dans le réseau.

« Le rapport de la Protectrice du citoyen nous montre une fois de plus tout le travail à faire pour relever notre réseau public. On sent que le gouvernement prend de plus en plus conscience des problèmes, mais il n’en fait pas assez pour freiner la crise. Les solutions, on les connaît, il ne manque que la volonté politique d’écouter les travailleuses et travailleurs », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.


Réaction de la CSQ et de la FSQ-CSQ à l’annonce du ministre Christian Dubé

Montréal, le 23 septembre 2021. – La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ) accueillent positivement le plan présenté par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, pour faire face à la pénurie d’infirmières et d’infirmières auxiliaires.

Le président de la CSQ, Éric Gingras, est satisfait de constater que « le ministre et son gouvernement ont entendu notre message, et c’est encourageant. Il était important de penser au personnel en place, qui est demeuré en poste dans le réseau malgré la situation difficile, en même temps qu’on adopte des mesures pour convaincre des infirmières et des infirmières auxiliaires du privé de revenir dans le secteur public ».

Pour sa part, la présidente de la FSQ-CSQ, Claire Montour, reconnaît que « l’effort financier est important et qu’il aura très certainement un impact positif. De plus, nous avons l’engagement de la création d’un comité de travail portant sur les enjeux tels que l’attraction-rétention, la conciliation travail-famille et la stabilité des postes. Cela nous rassure, car ce sont des enjeux primordiaux à corriger si l’on veut vraiment régler les problèmes de pénurie du personnel à long terme », confirme Claire Montour.


Déclaration de la présidente de la FIQ à la suite de l’annonce du Plan « Dubé » : Il n’y a pas de révolution aujourd’hui

22 septembre 2021 - « Avec le plan du gouvernement annoncé aujourd’hui, les cibles sur les éléments les plus importants pour faire revenir les professionnelles en soins, la fin du #TSO et la conciliation travail-famille, n’ont pas fait l’objet d’engagements fermes.

Bien qu’il y des incitatifs financiers très importants et l’ajout de 3000 ressources en soutien administratif, est-ce que ce sera suffisant pour renverser la vapeur ? Les engagements sur les conditions de travail auraient dû être la priorité.

À partir d’aujourd’hui, le véritable test pour déterminer le sérieux de ce plan se fera sur le terrain. C’est dans les prochains jours que nos membres devront sentir le changement de culture. Le gouvernement a une obligation de résultat pour améliorer les conditions de travail des professionnelles en soins.

Nous allons travailler en ce sens et nous serons au rendez-vous pour nous assurer que les changements s’opèrent le plus rapidement possible. »

Nancy Bédard, présidente de la FIQ


Pénurie de main d’oeuvre en santé et services sociaux : L’APTS suspend ;a consultation de ses membres pour le renouvellement de la convention collective

Québec, 24 septembre 2021 - L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) est consternée que le gouvernement Legault continue d’ignorer l’ampleur de la pénurie de main-d’œuvre qui touche l’ensemble du réseau. En attendant une rencontre d’urgence avec le premier ministre, François Legault, et la présidente du conseil du Trésor, Sonia LeBel, l’APTS suspend son processus de consultation de ses membres pour le renouvellement de la convention collective.

« Nous avons demandé cette rencontre de la dernière chance pour trouver une voie de passage afin que l’ensemble des membres de l’APTS puissent obtenir les conditions de travail nécessaires à leur attraction et à leur rétention dans le réseau public. Le Secrétariat du Conseil du trésor nous a répété à plusieurs reprises à la table de négociation qu’il ne pouvait nous offrir plus, qu’il avait atteint sa limite. Mais nos délégué·e·s ont refusé de considérer l’offre du gouvernement comme une entente de principe. Avec l’annonce d’hier pour les infirmières, on constate en effet que le gouvernement a encore de la marge de manœuvre pour améliorer l’attraction et la rétention de la main-d’œuvre dans le secteur public. Nous avons par conséquent demandé au gouvernement de revoir son offre afin de prouver sa bonne foi et d’attaquer le problème à la source », annonce Robert Comeau, président par intérim de l’APTS, lors de la conférence de presse.

Les mesures annoncées hier ne visent qu’une catégorie d’emploi et n’auront aucun effet pour diminuer la surcharge de travail dans les laboratoires, dans les salles d’imagerie médicale et de médecine nucléaire, dans les centres jeunesse, dans les services à domicile, en santé mentale et dans les autres secteurs névralgiques où les listes d’attente s’allongent constamment. Il va sans dire que cette annonce a suscité la colère et l’indignation des 60 000 membres que l’APTS représente.

« Ce n’est que lorsque le premier ministre Legault et le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, comprendront que le réseau n’est pas uniquement constitué d’infirmières, de préposé·e·s aux bénéficiaires et de médecins que nous arriverons à changer véritablement le modèle de gestion et à améliorer l’attraction et la rétention du personnel. Pour diminuer la surcharge de travail qui pousse des centaines de salarié·e·s à quitter le réseau public et afin de réduire les listes d’attente qui empêchent la population d’avoir accès aux services dont elle a besoin, il faut avoir une vision globale. Ce n’est pas un médecin ou une infirmière qui peut effectuer les analyses sanguines, faire passer une résonance magnétique, assurer l’application des mesures en protection de la jeunesse, ajuster une prothèse, et j’en passe. Ce sont des professionnel·le·s et des technicien·ne·s de la santé et des services sociaux qui le font », a lancé Robert Comeau. 

Les œillères que porte le gouvernement Legault depuis le début de la pandémie créent une scission malsaine entre professions qui empêche la mobilisation nécessaire pour rebâtir un réseau public accessible, de qualité et sécuritaire. Sans compter que cette politique de division, exploitée depuis le début par le gouvernement, ne fait qu’alimenter un sentiment d’aliénation et augmenter la démobilisation du personnel dans le réseau public.

« Le gouvernement Legault manque à nouveau de respect à des milliers de travailleurs et de travailleuses du réseau de la santé et des services sociaux. En les excluant sciemment des mesures d’attraction et de rétention dont ces personnes ont aussi besoin, il vient ni plus ni moins leur indiquer la porte vers le privé. Au final, c’est la population qui paiera la note pour ce manque gouvernemental de vision et de cohérence », conclut le président de l’APTS.


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