Édition du 19 octobre 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

Rosalie Bélanger-Rioux, Candidate socialiste indépendante, conseillère d’arrondissement Desmarchais-Crawford

Manifeste – Pour une conseillère socialiste dans Verdun !

Être socialiste pour moi est un geste d’amour. Je suis socialiste, car je crois que c’est la meilleure façon d’aider les gens autour de moi. Parce que c’est l’unique façon d’obtenir des changements qui valent la peine et qui vont perdurer. On détruit les campements de sans-abris, mais on construit des condos de luxe, qui restent vides. On en demande toujours plus aux employé⋅es des systèmes de santé et de l‘éducation, mais toujours moins aux grandes compagnies. Les pauvres s’appauvrissent, les riches s’enrichissent. Chaque gain de justice sociale ou environnementale, comme l’avortement ou l’égalité raciale, doit être durement gagné et protégé à tout instant des assauts de la droite et des profiteurs du système. Rejoignez-moi et luttons pour un monde socialiste, un monde sans oppression, un monde démocratique où nos besoins sont remplis, pas ceux des millionnaires !
Rosalie Bélanger-Rioux

25 septembre 2021

Notre quartier, notre ville, notre pays et notre planète sont confrontés à des niveaux record d’inégalités sociales. Pendant que les géants du web font plus de profits que jamais, la reprise économique n’est toujours pas au rendez-vous pour la population. La destruction environnementale s’accélère. Elle cause des phénomènes climatiques extrêmes. Ces derniers touchent surtout les femmes et les personnes âgées ou vulnérables. Tout comme la pandémie de la COVID-19 qui n’a fait que creuser les inégalités sociales.

Alors que tout le monde souffre des conséquences de la crise économique et sanitaire, les plus grandes compagnies du monde continuent de faire des profits. Mais, les super riches ne réinvestissent pas leurs profits dans l’économie. Au contraire, ils sont cachés dans des paradis fiscaux ou placés hors d’atteinte des gouvernements.

Les gouvernements d’Ottawa, de Québec et de Montréal ont vite fait pleuvoir des millions de dollars sur les compagnies dont les profits ont diminué en raison des mesures sanitaires. Comme quoi de l’argent, il y en a quand on veut bien le prendre ! De l’aide financière directe a aussi été offerte aux personnes ayant subi des pertes de revenus. Toutefois, cette aide a été temporaire en plus d’être réaccaparée par les propriétaires sous forme de loyer. Elle a surtout servi à éviter une instabilité sociale encore plus importante. Maintenant que l’aide tire à sa fin pour les gens ordinaires, la situation économique, sanitaire et environnementale continue de s’aggraver.

L’organisation de mouvements regroupant ceux et celles qui veulent changer fondamentalement la société est plus que jamais nécessaire. Elle est essentielle pour éviter une dégradation encore plus importante de nos conditions de vie et plus largement, de notre planète.

Une crise qui profite aux acteurs de l’immobilier

Un des meilleurs moyens de faire du profit pour un promoteur immobilier consiste à acheter pour une bouchée de pain des stationnements, des terrains vagues ou des immeubles en ruine. Il faut ensuite les démolir pour reconstruire en hauteur des logements dispendieux. Ce stratagème fait augmenter la valeur foncière d’un terrain. En conséquence, les taxes perçues par la ville sur ce terrain augmentent. Il ne faut pas chercher longtemps pour comprendre pourquoi les élu⋅es du monde entier, incluant à Montréal, ont laissé leur ville être vendue et développée de la sorte.

Tous leurs discours sur la « lutte à l’itinérance », pour le développement de logements sociaux ou pour une « relance économique verte » sonnent creux face à leur véritable plan : laisser le privé gentrifier toujours davantage nos quartiers avec leurs tours luxueuses en béton. Ou encore subventionner allègrement des petites et moyennes entreprises dans l’espoir d’obtenir le vote de cette frange de petits propriétaires.

La frénésie des tours à condos de luxe a entraîné Montréal sur la même pente que Vancouver et Toronto : sa pire crise d’abordabilité du logement en 20 ans. Si les porte-parole des partis municipaux s’entendent pour demander davantage de « logements abordables » aux géants de l’immobilier, ces derniers sont morts de rire tellement la réglementation est faible et joue en leur faveur.

Dans les faits, il ne s’est jamais construit autant de logements locatifs privés en 30 ans au Québec. Pourtant, il n’a jamais été aussi difficile de se loger ! C’est dans le Sud-Ouest que la hausse du coût des loyers est la plus forte à Montréal. Laisser le privé construire des tours à condos de luxe au bénéfice des spéculateurs immobiliers ne réglera pas la crise du logement. Tout comme laisser l’initiative aux grandes compagnies énergétiques ne ralentira pas la catastrophe climatique en cours.

Un appui massif pour les mesures progressistes

D’après un récent sondage, 92% des Québécois et Québécoises sont d’avis que le gouvernement du Québec « est l’acteur qui devrait assumer le plus grand leadership dans la crise du logement ». La population du Québec appuie aussi une taxation des plus riches pour payer les frais de la pandémie (78%). Elle appuie également l’augmentation du salaire minimum à 15$/h (55%) afin de lutter contre les inégalités. Un consensus se dégage désormais parmi les organisations de défense des travailleurs et des travailleuses pour un salaire minimum à 18$/h.

Malgré le soutien généralisé à ces demandes, le patronat fabule sur leurs « terribles répercussions ». Rappelons que les inégalités sont plus prononcées que jamais et que les plus riches se sont enrichis durant la pandémie. Peu de personnes ont le courage de se dresser devant les grands acteurs économiques dans le but d’améliorer les salaires ou de financer la construction de logements. Si certains ou certaines élu⋅es osent le faire, ces personnes doivent pouvoir compter sur des mouvements de lutte massifs pour renforcer le rapport de force et renverser le statu quo.

Une candidature indépendante et socialiste

L’arrivée de Rosalie Bélanger-Rioux sur la scène municipale contraste fortement avec cette politique des « portes tournantes » où des acteurs du monde immobilier et des propriétaires ont été élu⋅es – et tentent encore de le faire – afin d’accélérer l’embourgeoisement des quartiers.

Rosalie vit à Verdun depuis son retour des États-Unis il y a 2 ans. Professeur de mathématiques à l’Université McGill, elle agit aussi comme coordonnatrice de la campagne Nos quartiers ne sont pas à vendre d’Alternative socialiste. Elle se bat contre les projets de gentrification dans Verdun et travaille à mettre sur pied un mouvement des locataires composé des travailleurs, des travailleuses et des jeunes du quartier.

Elle se présente au poste de conseillère d’arrondissement dans le district Desmarchais-Crawford dans le but d’aider à construire des mouvements sociaux larges et combatifs, en particulier sur la question du droit au logement. La construction de ces mouvements est essentielle, car advenant une victoire électorale, Rosalie devra faire face à toutes sortes d’attaques provenant des propriétaires et d’autres élu⋅es. Pour éviter la marginalisation de notre candidate dans les médias ou au conseil, il faudra montrer que les causes qu’elle défend sont soutenues par une communauté mobilisée et prête à se battre pour les changements dont elle a besoin.

Par exemple, la construction massive de logements publics abordables pour tout le monde. Elle permet d’offrir une solution aux femmes qui veulent quitter une relation violente. Elle permet aussi de lutter pour le climat en utilisant des procédés de construction et de rénovation écoénergétiques. Par-dessus tout, intégrer les services essentiels dans l’aménagement urbain (par exemple, le transport en commun, des espaces verts, des garderies, des cliniques, etc.) nous permettra d’améliorer notre santé et celle de la planète.

L’accès gratuit et universel au transport en commun doit aussi être assuré rapidement pour lutter contre la pollution et améliorer notre qualité de vie. Plutôt que d’engloutir des sommes astronomiques dans la police, la santé et la sécurité publique passent d’abord et avant tout par l’accès à des emplois et des logements décents ainsi qu’à des services essentiels de qualité et gratuits.

Si elle est élue, Rosalie s’engage à ne garder que l’équivalent d’un salaire moyen et à faire don du reste de sa rémunération d’élue à des causes, des organisations et des mouvements de justice sociale. La raison est simple : faire le même salaire que les gens qu’on représente nous amène à améliorer leurs conditions de vie !

Comment pouvons-nous changer la société ?

L’objectif d’une candidature comme celle de Rosalie n’est pas de s’en tenir strictement au jeu parlementaire. Sa candidature fait plutôt partie d’un effort pour changer les choses de manière drastique en nourrissant des actions militantes hors de la mairie. Pour se battre contre la puissance de l’argent, notre meilleure arme c’est notre nombre.

L’histoire prouve que les mouvements sociaux les plus déterminés sont ceux qui obtiennent de véritables changements. Les grandes victoires syndicales ont été possibles grâce à des actions de grève, des occupations et des protestations qui ont attaqué les intérêts du patronat. La reconnaissance des droits des femmes, notamment pour l’avortement et l’équité salariale, a nécessité des manifestations massives, de la désobéissance civile et une solidarité puissante. La conquête des droits pour les personnes de la communauté LGBT+ s’est aussi construite sur la base de larges protestations, de campagnes de sensibilisation et d’actions directes.

Ces dernières années, des gens ont organisé des manifestations massives pour dénoncer le racisme, les violences faites aux femmes et les changements climatiques afin de sensibiliser la population aux injustices de la société capitaliste. Malgré l’ampleur de ces actions, les pouvoirs en place ont réagi de manière superficielle (des actions symboliques et parfois l’ajout de faible financement). Cela détourne l’attention des profondes injustices systémiques et décourage l’organisation militante des gens ordinaires. Pour aller chercher de véritables gains, nous devons construire un mouvement démocratique avec des revendications claires et combatives. La force vive de la grève étudiante de 2012 reposait sur la tenue d’assemblées générales locales régulières dont l’action était coordonnée par une organisation nationale militante. Pour gagner la construction massive de logements publics au Québec, nous devrons créer ce type de mouvement.

Les idées socialistes sont de plus en plus populaires parmi les jeunes et la classe ouvrière. Un sondage réalisé en 2019 estimait déjà que la majorité des Canadiens et Canadiennes ont une opinion positive du socialisme. Aux États-Unis, les élu·es socialistes comme Bernie Sanders ou Alexandria Ocasio-Cortez bénéficient d’un appui massif. Des dizaines de milliers de personnes ont déjà rejoint des organisations socialistes. Maintenant, il faut lier ces idées socialistes à des revendications concrètes qui seront portées par des campagnes de terrain combatives.

L’approche de Rosalie s’inspire de celle de la conseillère municipale socialiste de Seattle, Kshama Sawant. Élue en 2013, son équipe socialiste a piloté des luttes historiques comme le salaire minimum à 15$/h, une législation pour les droits des locataires, l’interdiction par la police d’utiliser des armes chimiques, un définancement de la police ainsi qu’une Taxe Amazon pour financer du logement abordable.

Résistez aux intérêts des compagnies privées

Avec une approche terrain, nos revendications pourront aller bien au-delà de celles que les compagnies trouvent acceptables et profitables. Les élections municipales à Montréal, en particulier dans Verdun, exposent la volonté de tous les partis à présenter des candidatures issues du monde de l’immobilier, des affaires, des chambres de commerce ou de la gestion néolibérale. Ces personnes se battront bec et ongles pour éviter toute réforme progressiste qui pourrait nuire aux profits des compagnies privées. Nous avons besoin d’élu·es qui s’opposeront à leur politique capitaliste.

Nos adversaires continueront de promettre des logements sociaux, l’amélioration du transport en commun, la fin du profilage racial, etc. Mais après quatre ans d’administration Plante, l’itinérance a doublé et à peine un millier de logements sociaux a été livré. Cela contraste avec les dizaines de milliers d’unités de condos construites durant les dernières années. Les services de transport en commun seront réduits, mais les tarifs ont augmenté. Le projet de la nouvelle ligne Rose de métro est un rêve lointain dont les coûts continuent de gonfler. Les taxes résidentielles aussi ont grimpé, mais celles des commerçants ont baissé.

L’équipe de Denis Coderre propose d’aller encore plus loin pour favoriser les grandes, les moyennes et les petites compagnies, que ce soit en habitation, en culture ou pour l’offre de service au centre-ville. Son administration précédente a fait bien pire que Projet Montréal côté logement social. Il n’y a rien à attendre de toutes ces personnes qui vendent notre ville aux grandes compagnies et souhaitent que les PME nous sauvent de la crise économique mondiale.

Quant à Mouvement Montréal, ce nouveau parti se borne à réclamer plus d’argent de Québec pour garnir les coffres de la ville. D’ici là, il promet de financer les PME en attendant que la richesse ruisselle dans les poches des gens.

La recherche du profit nous empêche d’assurer une gestion rationnelle de nos transports collectifs, des ressources du secteur de la santé, de l’éducation, du logement ou des sources d’énergie. Elle gaspille et détruit au profit d’une toute petite élite. Pour cette raison, les plus grandes compagnies opérant au Canada – notamment les grandes compagnies de construction – devront passer sous contrôle public. Leur gestion doit être confiée démocratiquement aux travailleurs et travailleuses afin d’assurer que leurs activités répondent aux besoins humains et environnementaux. Cela pourrait jeter les bases d’un nouveau type de société basée sur la solidarité, la démocratie et la coopération.

Toutefois, l’administration publique des principaux secteurs industriels demeurera un coup d’épée dans l’eau si elle reste dictée par une économie capitaliste. La mobilisation massive est nécessaire afin d’arracher un contrôle démocratique, par la base, des entreprises et secteurs industriels afin de montrer à la classe ouvrière son pouvoir et son potentiel de gestion politique et économique de la société. Des victoires de cette ampleur peuvent lui donner les coudées franches dans son combat pour le contrôle de la société au grand complet, pour une société socialiste.

Les victoires dépassent les frontières

Le socialisme ne peut pas être réalisé dans une ville, une province ou même un seul pays. Le terrain municipal nous permet toutefois de construire des mouvements capables de remporter des victoires stratégiques ici et maintenant. On parle de mouvements assez forts pour faire taxer les compagnies, implanter des réglementations environnementales sévères ou renforcer les droits du travail. De telles batailles peuvent en inspirer d’autres ailleurs, comme cela a été le cas partout en Amérique du Nord avec le salaire minimum à 15 $/h.

Il est possible qu’ici aussi, une socialiste remporte des élections dans Verdun et utilise son poste pour organiser la lutte à un niveau supérieur contre les spéculateurs et les grands propriétaires immobiliers.

Pour garantir des changements encore plus profonds, nous devons organiser le pouvoir du nombre en un nouveau parti politique dédié uniquement aux intérêts des travailleurs et des travailleuses. Il pourra se construire à partir des mouvements en lutte, en particulier syndicaux, et disposera de structures démocratiques dans lesquelles ses dirigeants et dirigeantes auront des comptes à rendre.

C’est pourquoi Rosalie est fière d’être une candidate socialiste indépendante des partis des élites montréalaises. Elle sera redevable aux gens ordinaires de Verdun, pas aux vautours de l’immobilier. Nous avons besoin de plus de représentantes comme Rosalie pour rapprocher la politique municipale des gens en toute transparence. Nous avons besoin de Rosalie à la mairie de Verdun pour donner une plateforme à tous les travailleurs, les travailleuses, les jeunes et les personnes opprimées qui s’organisent pour améliorer leurs conditions de vie.

Cette campagne électorale s’inscrit en solidarité avec les personnes qui luttent contre l’injustice capitaliste partout dans le monde. Les actions mondiales pour le climat ou contre les violences faites aux femmes montrent que nous avons une lutte commune à faire au niveau mondial. Nous pouvons participer à construire un mouvement international pour un changement fondamental de la société. De Montréal à Barcelone en passant par Hong Kong et Seattle, les gens ordinaires peuvent s’organiser et ouvrir la voie.

Équipe électorale de Rosalie Bélanger-Rioux,
candidate socialiste indépendante dans Desmarchais-Crawford à Verdun

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