Édition du 12 février 2019

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Le blogue de la présidente de la CSQ

Peut-on vraiment couper sans toucher les services ?

La pensée magique, vous connaissez ? C’est ce raccourci intellectuel qui permet d’affirmer quelque chose en dépit des preuves assez éloquentes de son contraire. Un des exemples parfaits de cette pensée magique est de croire que l’on peut couper un milliard de dollars dans la fonction publique sans affecter les services à la population.

Si les 13 années au pouvoir du Parti libéral du Québec (avec un entracte de 18 mois d’un gouvernement du Parti Québécois) nous ont démontré une chose, c’est que l’on ne peut pas couper dans les budgets sans affecter les services. Que ce soit en éducation, en santé et services sociaux ou en petite enfance, nos réseaux publics ne se sont pas encore remis de l’austérité libérale. Et l’on voudrait remettre ça ?

Ça en fait de la paperasse !

Le premier ministre essaie de se faire rassurant. Il dit avoir été « très clair » auprès de son équipe gouvernementale : « d’aucune façon ça ne va affecter les services », « ça ne touchera pas les services ». Cela n’est pas sans rappeler le « il n’y a pas de coupures » lancé par Philippe Couillard, passé maître dans l’art de la pensée magique.

« On va réduire la paperasse », nous dit le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe. Entendons-nous ici, il y a de la paperasse inutile dans nos différents réseaux, petite enfance en tête. Parlez-en aux responsables de services éducatifs en milieu familial (RSE) !

Cette paperasse est souvent due à la reddition de comptes qui découle d’une philosophie de gestion axée sur le profit avant tout, qui broie de l’humain et empêche, justement, de donner les services auxquels la population est en droit de s’attendre.

Où coupe-t-on alors ?

Couper dans les services, c’est non. Couper dans « l’administration », c’est remettre le fardeau de cette gestion administrative à celles et ceux qui doivent donner ces services. Retour à la case départ donc… Peut-être est-ce la prémisse derrière une question qu’il faut remettre en cause. En effet, plutôt que de se demander où devrait-on couper, on devrait se demander est-il nécessaire de couper.

La réponse à cette question est bien plus facile : non. En raison des surplus budgétaires annoncés plus tôt cette année et compte tenu des besoins en réinvestissements importants dans le réseau (pour stabiliser des postes en santé, pour rétablir un niveau de service décent pour les élèves, pour annuler la modulation des tarifs de garde telle que promise en campagne électorale), couper n’est pas seulement non-nécessaire, ce serait irresponsable.

Sonia Éthier

Présidente de la CSQ (2018-...)

Elle siégeait sur l’exécutif de la CSQ depuis 2015 à titre de première vice-présidente. Enseignante en adaptation scolaire auprès d’élèves en difficulté d’apprentissage, elle a été présidente du Syndicat de l’enseignement du Bas-Richelieu durant neuf ans. Elle milite au sein du mouvement syndical depuis plus de 30 ans.

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