Édition du 16 juin 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

Que savons-nous de la situation des travailleurs agricoles étrangers qui arrivent ?

Les travailleurs étrangers qui viennent prêter main forte au Québec sont au nombre de 16 000 annuellement. Ils sont « conventionnés » sous deux programmes distincts soit le Programme de travailleur agricole saisonnier (PTAS) en vigueur depuis 1974 et le Programme des travailleurs étrangers temporaires. Les travailleurs en provenance du Mexique ou de la Grenade sont couverts par le premier programme, les travailleurs guatémaltèques par le second.

2020/04/13

Les salaires versés aux travailleurs agricoles étrangers temporaires indique le gouvernement fédéral doivent être comparables aux salaires versés aux travailleurs québécois, pour un travail identique. Ils sont de 12,72 $ l’heure pour la très grande majorité d’entre eux mais majorés à 13, 69$ pour la production bovine ou laitière ou à 14, 23$ pour la production chevaline.

Les travailleurs agricoles étrangers, un service essentiel

Le gouvernement canadien, en réponse à la COVID-19 a forcé la fermeture des frontières canadiennes à la mi-mars pour reconnaître quelques jours plus tard (18 mars) le statut de service essentiel aux travailleurs agricoles saisonniers qui viennent prêter main forte principalement dans le secteur maraîcher et de la transformation.
Les hauts cris des producteurs et de l’UPA ont été entendus :

« La présence des travailleurs étrangers temporaires sur nos fermes et dans nos entreprises agroalimentaires est absolument nécessaire. C’est ni plus ni moins qu’un enjeu de sécurité alimentaire. Nous avons fait en sorte que la chaîne d’approvisionnement ne soit pas compromise par la fermeture des frontières et nous avons maintenant besoin de milliers de travailleurs dans les champs pour la saison des semences, ainsi que pour la transformation des produits de la terre et de la mer. »
– L’honorable Marie-Claude Bibeau, C.P., députée, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire

Un assouplissement des exigences aux entreprises est alors accordé quant au processus d’étude d’impact sur le marché du travail pour les employeurs des secteurs de l’agriculture et de la transformation alimentaire. Ainsi, la période de recrutement d’une main d’œuvre locale de 2 semaines qui était requise a été annulée pour les 6 prochains mois.

De plus, la durée d’emploi maximale est dorénavant permise de 1 à 2 ans pour les travailleurs du volet de postes à bas salaire du Programme des travailleurs étrangers temporaires. La durée d’emploi maximale permise est aussi passée de 1 à 2 ans pour les travailleurs du volet de postes à bas salaire du Programme des travailleurs étrangers temporaires.

Toutefois, en plus de se soumettre aux protocoles de vérification médicale avant de voyager, toutes les personnes qui ont vécu à l’étranger doivent s’isoler pendant 14 jours à leur arrivée au Canada.

La quarantaine sur une ferme

Dès leur arrivés en sol québécois, les travailleurs agricoles étrangers pris en charge par les employeurs doivent être mis en quarantaine sur leur lieu de travail. Ainsi, les mesures en vigueur pour l’ensemble des résidents du Québec doivent pouvoir s’appliquer :

  • garder une distance de deux mètres entre vous et les autres (éloignement physique) en tout temps ;
  • laver ses mains souvent avec de l’eau tiède et du savon pendant au moins 20 secondes ou utiliser un désinfectant pour les mains à base d’alcool si vous n’avez pas accès à de l’eau et à du savon ;
  • appliquer les mesures requises en cas de COVID-19

Il est aussi indiqué dans les directives fédérales que « si vous avez des symptômes, mais que vous n’avez pas d’endroit où vous isoler, vous devrez vous isoler pendant 14 jours dans une installation désignée par l’administratrice en chef de la santé publique du Canada. »

Plusieurs questions se posent quant aux mesures qui seront mises en place pour protéger les travailleurs agricoles étrangers de la COVID-19 :

  • la quarantaine peut-elle s’exercer réellement dans les lieux d’hébergement habituels ?
  • quel suivi médical sera fait par les employeurs pour assurer la santé de ces travailleurs ?
  • qui vérifiera que les employeurs protègent réellement les travailleurs étrangers ?
  • quelles mesures seront mises en place pour les soigner, le cas échéant ?

Certains travailleurs agricoles étrangers sont déjà arrivés. Nous peinons à assurer les soins de base qui garantissent la survie de nos ainés dans les hébergements qui devraient les protéger. Comment nous assurer qu’une situation semblable ne se développera pas dans les lieux isolés que sont les fermes du Québec ?

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