Édition du 12 novembre 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Mouvement syndical

Secteur public québécois

Rien n’est encore réglé Monsieur Coiteux

Yves Chartrand est surveillant de dîner à l’Ecole Maisonneuve et délégué syndical APPA/CSN.

Contrairement à ce que vous laissez entendre Monsieur Coiteux, tout comme votre patron Monsieur Couillard, rien n’est encore réglé pour nous les travailleurs(euses) du secteur public. Même si nos négociateurs et chefs syndicaux ont donné leur accord nous n’avons pas encore donné le nôtre. Soyons clairs, tant que les travailleurs(euses) du secteur public n’auront pas voté majoritairement en assemblée générale pour les ententes intervenues tant sur les salaires que sur les conditions de travail il n’y a pas d’ententes. En ce qui concerne l’entente sur les conditions de travail nous ne savons toujours rien de soncontenu après deux semaines, étrange quand même... D’autre part contrairement à ce qui est véhiculé partout l’entente salariale sur cinq ans, alors que la demande syndicale initiale était de 13.5% sur trois ans, ne contient pas une augmentation de salaire de 10% sur cinq ans.

Nous obtiendrons une augmentation intégrée à nos salaires seulement pour les années 2016 ( 1.5% ), 2017 ( 1.75% ), et 2018 ( 2% ), pour un total de 5.25% sur trois ans. Pour l’année 2015 nous aurons un montant forfaitaire de 500$ non intégré au salaire, et 250$ en 2019 non intégré au salaire également. Ce qui veut donc dire qu’au niveau de l’augmentation salariale nous aurons eu au total en 2019 5.25% sur 5 ans, ce qui équivaut grosso modo à l’augmentation du coût de la vie prévisible pour le moment. Exit le rattrapage salarial et l’enrichissement dont les chefs syndicaux parlaient encore récemment... Il est donc faux de laisser entendre que les montants forfaitaires de 500$ et 250$ sont une augmentation salariale. Il est également faux de laisser entendre que le 2.4% d’augmentation de salaire en 2019 versé en vertu de la relativité salariale sera versé à tout le monde alors que seuls les enseignants, les professeurs de cégep et les infirmières y auront droit et les leaders syndicaux disaient encore récemment que la relativité salariale n’avait rien à voir avec la
négociation actuelle...

J’en arrive donc à la conclusion que cette entente est inacceptable. Je vais donc voter contre cette lorsqu’elle nous sera soumise en janvier et j’invite mes collègues de travail et tous, toutes les travailleurs(euses) du Front Commun à faire de même. Si l’entente est rejetée comme je l’espère nous donnerons alors un nouveau mandat de négociation à nos négociateurs ou nous changerons de négociateurs si nous n’avons plus confiance en eux, et nous poursuivrons nos moyens de pression. Ce n’est pas le temps de se mettre à genoux alors que nous construisons nos solidarités, et que nous avons l’appui des parents et de la majorité de la population qui comprend que tout en nous battant pour nos intérêts nous nous battons également pour le bien commun. Si nous sommes valorisés par une juste rémunération et de bonnes conditions de travail les services offerts à la population seront de meilleure qualité et des jeunes voudront encore occuper des emplois comme les nôtres dans le secteur public au cours des prochaines années. Nous continuerons aussi de lutter avec la population contre le démantèlement des services publics et la privatisation. La période des Fêtes est une belle occasion de refaire nos forces toute en échangeant avec nos proches.

Reposez-vous bien pendant les Fêtes Monsieur Coiteux car bien reposés nous-mêmes nous ne baisserons pas les bras en 2016, tenez-vous le pour dit.

Yves Chartrand

Intervenant social
Montréal

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