26 avril 2011| tiré d’Europe solidaire sans frontières
À environ 1 h 23 min 50 s, le 26 avril 1986, une explosion à la tranche n° 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl a entièrement détruit le réacteur. Vingt-cinq ans plus tard, une autre catastrophe nucléaire majeure se déclenchait à la centrale japonaise de Fukushima Daiichi [1]. De tels événements n’ont pas qu’une dimension technologique et scientifique ; ils touchent directement la vie de centaines de milliers de personnes. Conception du réacteur, instructions d’exploitation déficientes, absence d’information, mépris des règles de sécurité, négligence humaine — l’enquête sur les causes durera une dizaine d’années, avec des conclusions tirées tant par la commission soviétique que par les experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique [2]. En Ukraine, l’éruption active de substances radioactives provenant du réacteur détruit n’a été stoppée que vers la fin du mois de mai, par la mobilisation de ressources venues de toute l’URSS et au prix de l’irradiation massive de milliers de liquidateurs ; l’information sur l’événement a été étouffée ; l’évacuation depuis la zone des 30 kilomètres a été menée progressivement — et durant les jours les plus dangereux, les enfants allaient à l’école, les villageois·es consommaient les produits de leur jardin, et à Kyiv on célébrait le Premier Mai dans des rues ensoleillées [3].
Les corps comme matière dépensable de l’État — selon diverses estimations, jusqu’à 600 000 personnes ont participé à la liquidation des conséquences de l’accident : des spécialistes, hommes et femmes, dépêché·es pour effectuer les travaux sur la tranche endommagée et autour d’elle, ainsi que des unités militaires, à la fois régulières et composées de réservistes mobilisés à la hâte [4]. La majorité d’entre eux et elles, surtout dans les premiers jours après l’accident — les pompiers qui ont éteint l’incendie sur le toit de la centrale —, ne savaient rien de la radiation et ne disposaient d’aucun équipement de protection adéquat. Donner sa vie ou, au minimum, sa santé, et ne rien recevoir en retour : tel est le destin de la plupart des liquidateur·trices. Leur quotidien aujourd’hui, ce sont les procès pour les pensions « tchernobyliennes », les maladies, les emplois précaires (parce que leur état de santé ne leur permet pas de travailler à plein temps), le sentiment d’abandon et d’inutilité — et pourtant, le pathos humaniste qui donne sens au sacrifice personnel pour la vie d’autrui : « Aujourd’hui, la société pense qu’on est des parasites. Mais nous sommes des héros » (extrait des textes du projet « 1986. Deux regards »).
Tchernobyl comme infotraumatisme
Le chercheur Serhii Myrnyi, ancien commandant d’un peloton de reconnaissance radiologique à Tchernobyl, dans son article « Tchernobyl comme infotraumatisme » [5], montre comment l’accident technogénique de la centrale de Tchernobyl est devenu une catastrophe précisément par les silences et les distorsions de l’information, devenant un infotraumatisme global. La plupart des auteur·trices qui étudient le phénomène du traumatisme — sous la perspective de différentes disciplines — soulignent l’importance du travail de mémoire et de la conversion du souvenir traumatique de l’horreur sans mots vers le récit articulé, qui donne aux victimes la possibilité de nouvelles constructions de leur propre identité. L’établissement des causes véritables de la catastrophe et la divulgation officielle d’une information honnête et cohérente sont les conditions préalables au dépassement des traumatismes collectifs ; à défaut, comme les traumatismes individuels non dits, ils sont refoulés et ne font qu’aggraver le syndrome traumatique.
La catastrophe de Tchernobyl est devenue un choc et une tragédie non seulement à cause du cataclysme technogénique, mais aussi à cause de la dissimulation de l’information sur la situation à la centrale et autour d’elle, dont les véritables dangers, les citoyen·nes soviétiques devaient les deviner par eux-mêmes. L’impact sur la santé même du groupe le plus fortement irradié — les liquidateur·trices — ne peut s’expliquer par la seule action directe de la radiation. L’analyse de la dynamique et du caractère des maladies montre que les traumatismes psychologiques et le stress de longue durée jouent un rôle non moindre, et parfois plus important. Myrnyi conclut que les conséquences de l’accident de Tchernobyl sont globales, complexes et à long terme pour plusieurs raisons : il s’agissait d’un accident radiologique, de grande ampleur, qui s’est produit dans une région du monde culturellement et économiquement importante (l’Europe), à un moment historique critique — coïncidant avec le début des processus de démocratisation et de la perestroïka en URSS (où le mouvement écologiste a joué un rôle considérable), et avec le début de l’informatisation globale, l’accélération de la circulation de l’information à travers internet et les médias mondiaux (lesquels ont forgé l’association d’image durable entre l’Ukraine et Tchernobyl).
La période de la deuxième explosion informationnelle concernant l’accident dans les pays de l’ex-URSS s’est étendue de 1989 à 1992, quand de nombreux articles « sensationnalistes » non professionnels ont commencé à être publiés, ce qui n’a fait qu’intensifier le syndrome traumatique général de toutes les sociétés post-soviétiques. Le pic de l’infotraumatisme — soutenu par les manipulations politiques des nouveaux gouvernements visant à acquérir un capital économique (auprès des bailleurs occidentaux) et un capital symbolique (par la diabolisation du régime précédent) — s’est produit en 1996, dixième anniversaire de l’événement. Par la suite, les médias ont progressivement commencé à oublier la catastrophe, qui a été inscrite dans un nouveau discours nationaliste comme une défaite de plus et un sacrifice du peuple ukrainien sur le chemin de l’indépendance ; les commémorations ultérieures se sont construites selon des scénarios à la manière des Cloches de Tchernobyl [6] — lectures scolaires obligatoires-volontaires de poèmes pathétiques et dépôt de fleurs par les officiels.
La génération de 1986 et l’archive vivante
Les liquidateur·trices, dont l’expérience n’a pas encore été inscrite dans la mémoire culturelle de la communauté, deviennent une archive vivante, des monuments vivants dont la signification est bien plus grande que celle des plaques mémorielles érigées dans les rues des villes ukrainiennes. Leur expérience est dissimulée derrière diverses représentations de l’événement et manipulations informationnelles. Pour la génération née en 1986 — les jeunes citoyen·nes de 25 ans qui entrent activement dans la vie publique et professionnelle et qui forment le nouveau visage de la société ukrainienne —, la catastrophe qui fut l’arrière-plan de leur propre venue au monde reste lointaine, inconnue, inintelligible.
Articuler l’expérience de Tchernobyl et établir un lien entre les générations : tel est le travail du projet « 1986. Deux regards », réalisé sous la direction du photographe Viktor Marushchenko (Kyiv, galerie Lavra, 9-26 avril 2011). L’œuvre collective comporte deux volets : l’installation photographique 1986. Deux regards (S. Libet, L. Lykhtarenko, Ya. Pobolova, K. Strilets, S. Tereshchenko, M. Ubyi-Vovk, avec la participation de A. Bielov et A. Sumkina) et l’installation audio-vidéo Tchernobyl. Parole directe (Чорнобиль. Пряма мова) — réalisateur Yurii Rechynskyi, chef opérateur Ihor Terik, ingénieur du son Andrii Rohachov, compositeur Anton Baibakov, productrice Daria Sazhyna, journaliste Hryhorii Palii, designer Nataliia Replianchuk. Le projet est centré sur les destins de personnes ordinaires : les portraits photographiques de 25 liquidateur·trices et de 25 jeunes nés en 1986 sont accompagnés de textes — récits de l’expérience de la confrontation avec la catastrophe atomique et de la trajectoire personnelle. Les portraits des liquidateur·trices sont en noir et blanc ; leurs textes parlent de maladie et de l’ingratitude d’un État qui les a utilisés sans se soucier de leur sécurité ni de leur santé, ni pendant ni après les opérations de liquidation. Par contraste, les photographies des jeunes sont en couleur, dans des intérieurs qui permettent de tirer des conclusions sur leurs métiers et modes de vie — des personnes qui ont encore tout devant elles —, et les récits portent sur les circonstances de leur naissance en 1986 et, surtout, sur la méconnaissance de l’événement qui a si brutalement transformé la vie de centaines de milliers d’êtres.
Les photographies et les textes de parole directe sont disposés sur les murs opposés de la galerie. Entre les portraits, il y a une distance considérable, au sens physique comme symbolique, car les paroles des hommes et des femmes attestent à quel point ils et elles ont peu en commun — alors même que, sans les efforts de ces personnes des photographies en noir et blanc, il y aurait considérablement moins de couleurs dans la vie des jeunes. Il n’y a nulle part où en apprendre davantage sur le « comment ça s’est passé » : les plaques mémorielles ne parlent pas ; les musées ne s’animent qu’à l’occasion des sorties scolaires ; les programmes télévisés sont construits selon la logique de la sensation plutôt que celle de l’information fiable, et encore moins par la voie de l’empathie et du partage des sentiments.
Parole directe
C’est précisément l’art qui peut devenir ce moyen de compréhension mutuelle entre les générations, un moyen de transmettre une expérience qui est personnelle pour les uns et, indirectement, personnelle pour tous les autres. L’activité symbolique, métaphorique, radicalement honnête et directe — l’art — est toujours un domaine de création et d’expérience partagées ; le projet collectif « 1986. Deux regards » le démontre au mieux, refusant la pure ornementation tout en préservant le plus haut niveau de qualité professionnelle. (Le contraste est particulièrement visible avec Une odyssée cosmique : au même moment, les murs du Mystetskyi Arsenal, à quelques mètres de la galerie Lavra, étaient tapissés de mètres carrés de peinture pseudo-contemporaine sur le thème « l’humanité et le cosmos » [7].) Le projet est une composition complexe du travail de photographes, de réalisateur·trices et d’opérateur·trices, de recherches journalistiques substantielles et de parole directe, où les récits visuel et verbal se superposent et se complètent.
Cette histoire si importante, si nécessaire, et toujours non entendue, des liquidateur·trices, résonne dans l’installation audio-vidéo Tchernobyl. Parole directe, où les acteur·trices directs de l’événement racontent leur expérience : comment ils et elles ont été envoyé·es dans la zone, par convocation militaire ou en raison de leur métier (pompier, ambulancier, médecin, pilote) ; combien d’heures ils et elles n’ont pas dormi ; ce qu’ils et elles ont vu ; le silence des villages abandonnés, les champs ensemencés, les malades en phase terminale, l’horreur, la douleur — et, malgré tout, l’humanisme et la non-vanité du sacrifice personnel. Dans l’installation de vieilles télévisions aux images déformées, les visages se succèdent et les récits passent d’une bouche à l’autre : les fragments d’entretiens audio de personnes différentes sont montés de telle façon qu’un seul récit continu est porté par de nombreuses voix. Sur la vidéo, tout le monde se tait : les hommes et les femmes écoutent leur propre voix enregistrée, revivant tout à nouveau, et nous ne pouvons voir qu’un spasme aigu de la gorge ou un sourire, et répondre par nos propres émotions, partageant le passé personnel des locuteur·trices — un passé devenu partie intégrante de la vie de l’humanité tout entière [8].
Aleksandra Vlasenko, employée de banque
Quand l’accident s’est produit, j’avais deux mois. Ma mère n’est pas partie, parce qu’elle était seule et qu’elle ne voulait aller nulle part. Donc tout le temps qui a suivi l’accident, je l’ai passé à Kyiv. Je n’ai jamais été envoyée en cure, et je n’ai senti aucune attention particulière à mon égard. Pour moi, comme pour des millions de personnes, Tchernobyl est un grand chagrin et une tragédie.
Viktor Vassilievitch Bondarev, 80 ans
Contremaître pour le montage des turbogénérateurs et des réacteurs, liquidateur du 3 mai à la mi-décembre, Héros du travail socialiste [9]. À la centrale de Tchernobyl il a travaillé sur la construction du sarcophage, de l’entrepôt de déchets radioactifs, et sur la décontamination de l’eau.
Tchernobyl m’a fait comprendre qu’il faut prendre la vie plus au sérieux. Cela vaut autant pour les monteurs que pour les gouvernements.
Kristina Salii, danseuse, chorégraphe
Bien que je sois née en 1986, je ne savais rien de Tchernobyl. Et c’est seulement à l’âge de dix ans qu’on m’en a parlé. Mon anniversaire est en été, et l’accident, semble-t-il, a eu lieu au printemps. À l’école, quand on nous a dit que c’était déjà le dixième anniversaire, j’ai pensé : « Mais alors, ça veut dire que j’ai dix ans aussi ! »
Enceinte, ma mère a quitté Kyiv pour aller chez mon grand-père, qui lui tapait sur les nerfs. Et aujourd’hui je n’ai pas de rapport particulier à Tchernobyl.
Viktor Petrovitch Petchennyi, 56 ans
Avant l’accident il travaillait comme transmetteur. Il était à Tchernobyl du 28 avril au 15 mai. Ils faisaient le sale boulot — chargement de sable et de plomb dans des parachutes — et vivaient sous des tentes au bord de la rivière Pripiat. Ils dormaient habillés et bottés, quatre heures sur vingt-quatre. Aujourd’hui : malade en phase terminale d’un cancer (cancer du poumon), invalide du premier groupe. Par la voie judiciaire il a obtenu la pension prévue par la loi (8 salaires minimums = 6 500 hryvnia, environ 561 EUR au taux d’avril 2011), que la caisse de retraite a aussitôt récupérée unilatéralement, en le faisant passer sur une pension par catégorie d’invalidité (2 800 hryvnia, environ 242 EUR). À l’heure actuelle il a beaucoup de dettes. Il est aidé par d’anciens camarades de service et par ses enfants.
Tchernobyl m’a tout pris.
Sergueï Glouchtchenko, musicien, exerce une activité pédagogique
Je suis né à Kyiv. Tchernobyl a fait beaucoup de choses, mais la vie continue, il faut avancer, regarder les erreurs et ne pas les répéter.
Iouri Alexandrovitch Abramov, 57 ans
Avant l’accident, il travaillait à la centrale comme ingénieur en chef pour la protection du travail et la sécurité. Après l’accident, leur atelier a été rebaptisé Atelier de sécurité radiologique ; ils faisaient de la reconnaissance radiologique. Il a travaillé à la centrale jusqu’en 1998.
Je considère que la catastrophe de Tchernobyl a radicalement changé l’attitude vis-à-vis de l’énergie nucléaire et a montré que les erreurs qui mènent à de telles conséquences peuvent être commises non seulement durant l’exploitation, mais aussi lors de la conception.
Étant un spécialiste, j’ai contrôlé soigneusement mon temps dans la zone pendant les opérations et j’ai accumulé les 25 rems autorisés. Je n’ai pas à me plaindre de ma santé, et j’essaie d’y penser le moins possible.
Anton Kotovitch, doctorant en philologie
Ce malheur ne nous a pas directement touchés, ma famille et moi. Nous habitions un peu plus au sud, et le vent, comme on le sait, soufflait vers le nord. Parmi mes proches et mes amis, il n’y a pas non plus de personnes sensiblement affectées.
Sur les causes de l’accident, je sais peu de choses. Mais peut-être suffisamment pour tirer une conclusion très générale et probablement erronée : pour son confort, son auto-affirmation et le renforcement de sa puissance, l’homme crée des dispositifs qui peuvent détruire toute l’humanité. Je ne parlerais pas de personnes innocentes. Nous sommes tous coupables d’accepter de vivre dans un monde bourré de technique, d’armes, de poisons. La majorité n’y pense même pas. Une infime minorité proteste activement. Pour rejoindre cette dernière, il me manque, à moi, le courage, la conviction, la conscience… Rejeter le monde, devenir ermite, reclus, ascète, c’est difficile. Et changer l’humanité, c’est encore plus difficile. Voilà comment on en arrive à ce qui est.
Alexeï Alexéevitch Breus, 51 ans
Diplômé de l’École technique supérieure Bauman de Moscou [10] ; ingénieur en énergie nucléaire. Il travaillait à la centrale comme opérateur sur la tranche n° 4. Il devait commencer son service le 26 avril. Après l’accident, il est resté à la centrale pendant trois jours. Le premier jour ont été menés des travaux d’urgence ; le second, il a travaillé sur la tranche n° 3. Il est resté dans la zone jusqu’à la mi-mai, au camp de Pionniers Skazotchnyï (Le Conte de fées) [11].
Tchernobyl a complètement changé ma vie. Pendant plusieurs années après l’accident, j’ai travaillé dans le nucléaire, puis je me suis reconverti comme journaliste. Depuis dix ans je suis artiste ; je peins des tableaux. Je fais attention à ma santé, j’essaie de ne pas abuser des médicaments, et de temps en temps je plonge dans l’eau glacée. Invalide du troisième groupe.
Tamara Zlobina est une chercheuse féministe et critique culturelle ukrainienne, et rédactrice en chef de la ressource féministe ukrainienne en ligne Gender in Detail (Гендер в деталях). Au moment de la rédaction, elle contribuait régulièrement à la publication ukrainienne de gauche Спільне / Commons (commons.com.ua), où cet article a paru initialement le 26 avril 2011.
P.-S.
Source : https://commons.com.ua/uk/25-rokiv-pislya/
Traduit et notes pour l’ESSF par Adam Novak
Notes
[1] Sur la conjonction Tchernobyl-Fukushima au moment où Zlobina écrivait, voir « Fukushima est-il un nouveau Tchernobyl ? », Europe Solidaire Sans Frontières, 2011. Disponible à : https://europe-solidaire.org/spip.php?article20704
[2] Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) : organisme rattaché à l’ONU, fondé en 1957 pour promouvoir la technologie nucléaire et superviser les garanties. Les rapports du « Forum Tchernobyl » qu’elle a co-organisé en 2003-2005 avec l’OMS et d’autres organismes ont été critiqués par des spécialistes indépendants pour avoir minimisé les conséquences sanitaires à long terme.
[3] Sur la suppression institutionnelle de l’information relative à Tchernobyl et la complicité de l’AIEA et de l’OMS, voir « Les dossiers enterrés de Tchernobyl », Le Monde diplomatique, repris par Europe Solidaire Sans Frontières, 2011. Disponible à : https://europe-solidaire.org/spip.php?article21205
[4] Sur la persistance de la lutte des liquidateur·trices ukrainien·nes pour leurs droits sociaux quatorze ans après la rédaction de l’article par Zlobina, voir « Chronique sociale ukrainienne — compilation de janvier 2025 », Europe Solidaire Sans Frontières, 2025. Disponible à : https://europe-solidaire.org/spip.php?article73524
[5] Serhii Myrnyi, « Чернобыль как инфотравма », dans S. Ouchakine (dir.), Травма : пункты. Сборник статей, Moscou : Novoïe literatournoïe obozrenie, 2009, 903 p. Zlobina cite le chapitre sous sa propre traduction ukrainienne « Чорнобиль як інфотравма » ; la publication originale est en russe.
[6] « Дзвони Чорнобиля » (Les Cloches de Tchernobyl) : documentaire soviétique de 1987 réalisé par Rollan Sergueïenko sur la catastrophe ; le titre est invoqué ici comme raccourci pour le registre cérémoniel-commémoratif qui en est venu à dominer la mémoire officielle.
[7] Mystetskyi Arsenal : un grand complexe muséal et d’expositions au centre de Kyiv, fondé en 2006 dans un ancien arsenal militaire à proximité de la Laure des Grottes de Kyiv. Une odyssée cosmique (Космічна Одіссея) y a été présentée au printemps 2011, organisée à l’occasion du cinquantième anniversaire du vol spatial de Iouri Gagarine, le 12 avril 1961.
[8] Sur la lecture coloniale de la catastrophe et l’« occupation verticale » des territoires contaminés (concept de Svitlana Matviyenko), voir Tatiana Kasperski, « D’une certaine façon, Tchernobyl est une catastrophe coloniale » (entretien avec Mediapart), Europe Solidaire Sans Frontières, 2026. Disponible à : https://europe-solidaire.org/spip.php?article78644
[9] Héros du travail socialiste (Герой Социалистического Труда) : la plus haute distinction civile en URSS, attribuée entre 1938 et 1991 pour contribution exceptionnelle à l’économie et à la culture soviétiques.
[10] École technique supérieure d’État Bauman (МВТУ имени Баумана) : la plus ancienne université d’ingénierie de Russie, fondée en 1830, aujourd’hui appelée Université technique d’État Bauman de Moscou.
[11] Les camps de Pionniers étaient le réseau de colonies d’été organisées par l’État pour les enfants et adolescent·es en URSS ; nombre d’entre eux ont été reconvertis pendant la liquidation en hébergements temporaires pour les liquidateur·trices.
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