Édition du 12 novembre 2019

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Résistances ouvrières

Utilisation de l'amiante dans la construction - Il faut que ça cesse, croit la CSN-Construction

MONTRÉAL, le 14 févr. 2012 - La CSN-Construction appuie le Parti québécois et Québec solidaire qui réclament une réflexion collective sur l’exploitation et l’utilisation de l’amiante au Québec.

« Il nous apparaît plus qu’évident qu’il n’y a pas de méthode tout à fait sécuritaire de travailler avec l’amiante. Même si elle est manipulée conformément aux normes en vigueur, l’amiante peut rejeter ses poussières nocives lors de travaux ultérieurs, en brisant ou en concassant le matériau qui en contient comme l’asphalte, le béton ou le plâtre. Or les ouvriers ne savent pas toujours s’ils renferment de l’amiante ou non. La seule façon de combattre les risques à la source, quant à nous, c’est d’en bannir l’utilisation partout où ce produit n’est pas incontournable », explique le président de la CSN-Construction, Aldo Miguel Paolinelli.

La controverse sur l’utilisation « sécuritaire » de l’amiante a été relancée la semaine dernière par la diffusion de reportages qui remettent en question la valeur scientifique des études favorables à l’amiante menées à l’Université McGill. Notons que l’amiante est utilisé dans le mélange de ciment des canalisations du Centre universitaire de santé McGill actuellement en construction à Montréal. L’amiante est employé sous différentes formes dans plusieurs chantiers de construction au Québec.

Lorsque les travailleuses et les travailleurs savent qu’ils utilisent de l’amiante au moment de la construction, ils peuvent adopter les comportements sécuritaires. Ce n’est souvent pas le cas lors de travaux de rénovation ou de réfection, qui peuvent néanmoins laisser échapper des poussières toxiques. De même, les études sérieuses ont démontré que plus l’amiante est employé loin de sa source de production, plus le danger grandit. Cela s’explique par une perception incorrecte des risques à la sécurité, l’utilisation de l’amiante exigeant des mesures extraordinaires de protection.

« Dans notre industrie, il y a beaucoup à faire, nous le savons, pour enrayer les accidents de travail. Il ne faut pas oublier toutefois que plus de 300 travailleuses et travailleurs sont morts, l’an passé, des suites de maladies professionnelles. Il est possible d’améliorer ce bilan désolant, notamment en prenant les moyens dès maintenant pour réduire à la source le risque de contracter l’amiantose », souligne Aldo Miguel Paolinelli.

Consensus international

La Confédération des syndicats nationaux (CSN), à laquelle est affiliée la CSN-Construction adhère au consensus international visant la fin de l’utilisation de l’amiante. C’est notamment ce que recommandent l’Organisation mondiale de la santé ainsi que l’Organisation internationale du travail. De son côté, la Confédération syndicale internationale, dont fait partie la CSN, milite pour l’interdiction de l’amiante au plan mondial et des mesures de transition économiques pour les travailleuses et les travailleurs qui vivent de son exploitation. On estime qu’une personne meurt toutes les cinq minutes dans le monde à cause de l’amiante. La réglementation de nombreux pays étant cruellement déficiente à cet égard. Selon une lettre signée par 48 médecins et envoyée à Stephen Harper en juin dernier, l’amiante serait la cause d’environ 100 000 décès par année dans le monde, soit l’équivalent de la population d’une ville comme Terrebonne. Pour la CSN-Construction, le Québec et le Canada devraient dès maintenant se joindre à la grande majorité des pays industrialisés qui ont fait le choix de bannir l’amiante.

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