À chaque fois que se produit un attentat anti-juif en Occident ou encore qu’une opération palestinienne contre Israël est réalisée, les sionistes mêlent les deux événements et en appellent, bien sûr, à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Ils réaffirment le supposé « droit à l’existence » d’Israël, le seul État dont disposent les Juifs, mais sans jamais mentionner le droit à l’autodétermination des Palestiniens et Palestiniennes. Ils parlent « d’antisémitisme » dans les deux premiers cas de figure évoqués et en profitent pour condamner la cause palestinienne. L’antisémitisme est toujours par eux associé à du racisme, comme si les fidèles de la foi judaïque étaient une « race ».
Les classes politiques occidentales dans leur ensemble appuient indéfectiblement l’État hébreu et condamnent avec unanimité la lutte armée palestinienne qu’elles qualifient de « terroriste ». Toute une propagande anti-palestinienne s’est déployée en Occident qui visait à dénigrer les résistants palestiniens, toujours accusés de pratiquer une violence illégitime, et plus largement, les sociétés arabes, présentées comme inférieures à celle d’Israël en raison de leur échelle de valeurs politiques différente. Évidemment, dans cette optique, l’État hébreu fait figure d’exemple de démocratie bon chic bon genre. On passe sous silence la réalité historique de l’édification par les sionistes de leur État sur les ruines de l’ancienne Palestine arabe, et on parle encore moins de la légitime volonté des réfugiés palestiniens de pouvoir un jour remettre les pieds dans leur patrie perdue. On radote un discours obsessionnel à sens unique, pro-israélien et anti-palestinien.
Depuis toujours, les dirigeants occidentaux, en particulier à l’époque du colonialisme sans complexe, ont toujours méprisé « les Arabes », comme si ceux-ci formaient un groupe monolithique, et leur religion dominante, l’Islam. Ils avaient le tort de ne pas partager le libéralisme bon teint cher au coeur des responsables occidentaux.
Dans ce processus, une étape importante fut franchie durant la guerre du Yom Kippour, du 6 au 25 octobre 1973, entre l’Égypte et la Syrie d’une part, Israël de l’autre. Le but des deux premiers : pour l’Égypte, reprendre la péninsule du Sinaï et pour la Syrie, le plateau du Golan. Il n’entre pas dans le cadre de ce commentaire de raconter les péripéties de ce conflit. Mais l’OPEP (Organisation des pays producteurs de pétrole) a décidé d’imposer une embargo pétrolier envers les États-Unis et les Pays-Bas, nations dont les gouvernements avaient soutenu Israël durant le conflit ; cette politique s’est traduite par une augmentation le prix du baril de pétrole de 70% le 17 octobre et par la réduction de sa production. Cette stratégie a provoqué ce qu’on a surnommé le choc pétrolier. Ses conséquences sur les économies occidentales sont ce qu’on a surnommé « la stagflation », c’est-à-dire un mélange d’inflation forte et de croissance économique désormais faible, caractérisée par un taux de chômage structurel plus ou moins élevé, mais incompressible.
L’OLP (Organisation de libération de la Palestine, fondée en 1964) fut reconnue en tant que seule représentante du peuple palestinien ; le 22 novembre 1974, l’Assemblée générale des Nations Unies lui a consenti le statut d’observateur. Ce qui n’a pas pourtant permis la reconnaissance officielle de la Maison-Blanche à l’organisation.
C’est à partir de cette guerre que la hargne occidentale anti-arabe s’est déployée ; on accusait les pays producteurs de pétrole de se servir de cette ressource naturelle pour faire chanter le pauvre Occident ; et on a très fréquemment invoqué « la démocratie israélienne » pour justifier l’appui inconditionnel à l’État hébreu et l’exigence que les Palestiniens reconnaissent au préalable la légitimité de leur dépossession de 1948 pour entamer un dialogue direct avec eux.
Dans tout ce contexte, où se situe le racisme ? Malheureusement, il subsiste en Occident un courant faussement qualifié d’antisémitisme (les Juifs forment une groupe religieux, pas une « race » au sens génétique du terme) qu’il faut condamner certes. Mais on doit le distinguer de l’antisionisme qui, lui, vise une certaine idéologie nationaliste juive ; les tenants de celle-ci ont procédé à l’édification de l’État hébreu. Certains Juifs sont opposés au sionisme.
Par contre, pour décrire le courant anti-palestinien dominant au sein des « élites » politiques et d’une partie de l’opinion publique occidentale, ont peut évoquer un véritable racisme. Ces gens s’identifient aux Israéliens, car la plupart de ces derniers sont des Blancs, ils ont longtemps été persécutés en Europe, ce qui a entraîné par la suite un immense complexe de culpabilité à leur endroit, ils partagent l’échelle de valeurs politiques dans nos pays, c’est-à-dire le libéralisme et l’électoralisme. Par contre, iles sionistes contemplent de haut les Arabes en général, et les Palestiniens en particulier.
Ceux-ci sont à l’opposé de l’image idéalisée et embellie que les sionistes (juifs et non-juifs) entretiennent de la société hébreue. En effet, les Palestiniens ont la peau brune, les cheveux bouclés, ils portent des habits différents (on pense au tchador) et ils sont musulmans, certains intégristes. Ils se défendent avec les moyens du bord, fondés sur la guérilla, alors que les Israéliens, eux, disposent d’une armée dernier cri largement équipée par les puissances occidentales, surtout les États-Unis.
Le fréquent dénigrement des Palestiniens et Palestiniennes révèle où loge le véritable racisme. Il faut donc défaire tout ce discours empreint de demi-vérités, de fausseté et de contradictions. Il existe tout de même une modeste gauche israélienne qui défend les droits des Palestiniens. On doit saluer le mérite de ces gens.
Depuis plusieurs années déjà, devant les abus de pouvoir flagrants des gouvernements israéliens contre la population palestinienne, la cause de celle-ci a cependant accompli de grands progrès en Occident Mais le pas décisif n’a toujours pas été franchi de la part des politiciens occidentaux, c’est-à-dire adopter des mesures de rétorsion contre leur protégé israélien pour le contraindre à négocier sérieusement, de bonne foi, avec les représentants palestiniens.
Lancer un appel impérieux aux gens de bonne volonté s’impose, au-delà des clivages politiques et idéologiques, et il ne pas hésiter à bousculer et essayer de renverser de vieilles politiques bien ancrées dans les moeurs de nos dirigeants. Par exemple, continuer à faire pression sur le gouvernement du Québec pour qu’il ferme sa délégation générale à Tel-Aviv...
Jean-François Delisle
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