20 août 2025 | tiré de democracy.now
AMY GOODMAN : Le Tennessee est devenu le sixième État républicain à accepter d’envoyer des troupes de la Garde nationale à Washington, D.C., afin d’appuyer la mainmise grandissante du président Trump sur la capitale nationale. Les gouverneurs républicains de Louisiane, de l’Ohio, de la Caroline du Sud, de la Virginie-Occidentale et du Mississippi font de même. Une partie des troupes est arrivée mardi. Ces gouverneurs ont mobilisé leur Garde nationale même si plusieurs de leurs villes connaissent des taux de criminalité pires que ceux de D.C. Selon le média The Handbasket, des membres de la Garde nationale de D.C. ont commencé à s’entraîner à porter des armes de poing dans les rues de la capitale.
Trump a envoyé la Garde nationale la semaine dernière en déclarant que D.C. faisait face à une « urgence criminelle », alors que les archives montrent que la criminalité violente y est au plus bas depuis 30 ans. En janvier, le bureau du procureur fédéral du district avait publié un communiqué intitulé « La criminalité violente à D.C. atteint son plus bas niveau depuis 30 ans ». Mais Trump a mis en doute ces chiffres, et les procureurs fédéraux ont lancé une enquête criminelle pour savoir si la police locale avait manipulé les données. Cette enquête est supervisée par l’avocate par intérim nommée par Trump pour le district de Columbia : l’ancienne animatrice de Fox News, Jeanine Pirro.
Pendant ce temps, The Washington Post rapporte qu’un nouveau sondage indique que 80 % des habitants de D.C. s’opposent au décret fédéralisant les forces de l’ordre. La mairesse Muriel Bowser a accusé Trump de mener une offensive autoritaire. Voici ses propos :
MURIEL BOWSER : « Les chiffres dans le district ne justifient pas l’arrivée de mille personnes d’autres États. Vous le savez… Ce n’est pas logique. Si vous voulez comprendre ce qui se passe, la question n’est pas pour nous, mais pour savoir pourquoi l’armée est déployée dans une ville américaine pour y surveiller des Américains. »
AMY GOODMAN : Des organisateurs communautaires se sont mobilisés contre le déploiement de la Garde nationale. Voici Samantha Davis, fondatrice de la Black Swan Academy, qui œuvre pour l’autonomisation des jeunes noirs :
SAMANTHA DAVIS : « Ce n’est pas une question de criminalité, c’est une question de contrôle. Ce n’est pas une question de sécurité publique, c’est une question de pouvoir. La semaine dernière, Donald Trump a proposé que nos enfants à D.C., dès 14 ans, soient jugés comme des adultes. Voulez-vous ça ? »
PUBLIC : « Non ! »
SAMANTHA DAVIS : « Et la procureure de Trump a dit qu’elle voulait poursuivre nos jeunes, mais qu’elle était frustrée parce qu’elle “ne pouvait pas mettre la main sur eux”. Voulez-vous ça ? »
PUBLIC : « Non ! »
SAMANTHA DAVIS : « Trump a menacé que si D.C. ne punissait pas plus sévèrement nos enfants, il fédéraliserait notre ville. Voulez-vous ça ? »
PUBLIC : « Non ! »
SAMANTHA DAVIS : « Nous ne sacrifierons pas nos enfants à un tyran. »
AMY GOODMAN : Nous allons maintenant à D.C., avec Keya Chatterjee, directrice de Free DC. Pouvez-vous nous faire un point sur les troupes déployées ?
KEYA CHATTERJEE : « Ce que nous voyons ici, c’est une situation qui, si D.C. était un État, serait considérée comme un acte de guerre civile. Des Gardes nationaux envoyés d’un État vers un autre, contre la volonté des élus locaux et des habitants. C’est le manuel classique d’un dictateur : prendre le contrôle de la capitale pour faire taire la dissidence.
Nous sommes vulnérables car D.C. n’est pas un État. Nos élus ne contrôlent même pas notre propre Garde nationale. Cette prise de pouvoir armée met en danger non seulement les habitants de D.C., mais aussi la démocratie américaine et, par extension, le monde entier. Nous voyons déjà des postes de contrôle illégaux, des fouilles humiliantes, des arrestations arbitraires. Tout cela, c’est l’illégalité organisée, mais elle vient de la Maison-Blanche. »
Vie quotidienne et résistance
Chatterjee décrit la peur quotidienne : habitants enlevés dans la rue par des agents fédéraux masqués, familles sans nouvelles de leurs proches. Mais aussi la résistance :
- solidarité de voisinage,
- musique go-go dans les rues,
- casserolades tous les soirs à 20 h, symbolisant les huit quartiers de la ville.
- « C’est une méthode éprouvée contre les dictateurs : répondre par la joie, la communauté, la fierté culturelle », dit-elle.
- Sur les financements bloqués
- Le Congrès a gelé 1,1 milliard de dollars de fonds locaux de D.C. :
- « Si le gouvernement voulait la sécurité, il permettrait d’investir dans le logement, l’éducation, la santé et l’alimentation, ce qui réduit la criminalité. Au lieu de cela, il bloque nos ressources. C’est du vol pur et simple. Et rappelons-le : l’absence d’égalité juridique pour D.C. est un héritage direct de l’esclavage et du racisme. Aujourd’hui, on doit choisir : être du côté de D.C. et de l’égalité, ou être du côté de la tyrannie. »
Les sans-abri visés
JESSE RABINOWITZ, du National Homelessness Law Center :
« Enfermer les gens qu’on ne veut pas voir, c’est du pur autoritarisme. Trump commence par cibler les sans-abris, les personnes trans et les migrants, parce qu’il pense qu’ils n’ont pas de soutien populaire. Mais bientôt, ce sera tous ceux qui ne sont pas des hommes blancs, riches, cisgenres, chrétiens et héérosexuels. »
KEYA CHATTERJEE ajoute :
« Ils détruisent les campements, jettent les affaires des gens à la poubelle. Ils veulent criminaliser la pauvreté, criminaliser l’existence même de ceux qui dorment dehors. Mais ce sont nos voisins, une partie intégrante de notre communauté. Nous exigeons que cette brutalité cesse immédiatement. »
Conclusion :
Les habitants de D.C. restent unis pour exiger le départ immédiat des troupes fédérales et de la Garde nationale déployées par Trump.
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