Édition du 1er décembre 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Amérique centrale et du sud

Au Brésil, une défaite claire pour le camp Bolsonaro aux municipales

Les candidats ouvertement soutenus par le président brésilien ont affiché de mauvais résultats au premier tour des élections municipales du 15 novembre. Ce désaveu dans les urnes complique les projets du dirigeant d’extrême droite, qui vise sa réélection en 2022, estime O Globo.

Tiré de Courrier international.

“Le message des urnes est cristallin”, écrit le journal O Globo dans son éditorial, lundi 16 novembre, au lendemain du premier tour des élections municipales brésiliennes. Pour le quotidien, le président Jair Bolsonaro “sort plus fragilisé” du scrutin.

Sur les six candidats aux mairies de capitales régionales ouvertement soutenus par le dirigeant d’extrême droite, seuls deux se sont qualifiés pour le second tour, mais ils obtiennent un score inférieur à leur concurrent direct, signale O Globo dans un autre article.

À Rio de Janeiro, l’ancien pasteur et maire sortant Marcelo Crivella est ainsi largement devancé par son prédécesseur Eduardo Paes (centre droit). À Fortaleza, dans le nord-est du Brésil, le policier militaire Wagner Sousa Gomes arrive légèrement derrière Sarto Nogueira, candidat de centre gauche.

Dans la capitale économique São Paulo, le candidat Celso Russomanno, qui avait bénéficié de l’appui du président brésilien, se retrouve hors course, dépassé par le maire actuel de centre droit Bruno Covas et par un jeune candidat de gauche, Guilherme Boulos (PSOL, Parti socialisme et liberté).

Ancrage d’une vision conservatrice

Mais pour Jair Bolsonaro, qui vise un second mandat en 2022, pas question de perdre la face. “Les partis de gauche ont souffert d’un échec historique”, un “signal clair que la vague conservatrice qui a surgi en 2018 va rester” d’actualité, a-t-il écrit, tard dimanche, sur les réseaux sociaux, après avoir supprimé une publication avec une liste de ses candidats préférés.

Pour une politologue interrogée par O Globo, “certains résultats positifs de partis de droite, même ceux qui se sont éloignés de [Jair] Bolsonaro, indiquent que la vision plus conservatrice” de la politique “reste encore solide”.

Il n’empêche : le président brésilien “est jugé mauvais dans sa gestion du pays. Dans ce sens, je crois que ce rejet a pu bénéficier aux champions locaux”, estime-t-elle.

“Il est clair que le discours sur la ‘nouvelle politique’” adopté par le chef de l’État lors de sa campagne de 2018 “a perdu de sa force”, observe pour sa part un autre spécialiste en sciences politiques interviewé parle journal.

Dans le même temps, Jair Bolsonaro, qui a quitté son parti fin 2019, “n’a pas le projet d’organiser un camp politique, un parti”. Or, pour ce scrutin municipal, il y a un retour à la “vieille normalité”, celle des partis traditionnels, estime le politologue.

Néanmoins prévient-il, “le résultat d’une élection municipale ne se reflète pas toujours dans une élection nationale”.

Pour autant, Jair Bolsonaro “n’a rien à fêter” : la défaite de plusieurs de ses champions “est un mauvais signe” pour le prochain scrutin présidentiel, car ces candidats “auraient été des militants en 2022. La défaite de [son] camp, dispersé pour cette élection, est claire”, ajoute le spécialiste.

Le second tour des élections municipales se tiendra le 29 novembre.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : Amérique centrale et du sud

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...