Édition du 29 novembre 2022

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États-Unis

États-Unis : échec du « tsunami rouge » des Républicains, défaite des trumpistes

Le Parti démocrate a fait mieux que prévu lors des élections de mi-mandat aux États-Unis, empêchant ce que les Républicains prétendaient être un « tsunami rouge » (le rouge étant la couleur républicaine). «  C’était un bon jour pour la démocratie, et je pense un bon jour pour l’Amérique », a déclaré le président Joe Biden.

Hebdo L’Anticapitaliste - 637 (17/11/2022)

Par Dan La Botz

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Wikimedia Commons

Les Démocrates ont réussi à conserver une majorité au Sénat même si il y aura un second tour de scrutin en Géorgie le 6 décembre. Les Républicains pourraient probablement prendre le contrôle de la Chambre des représentants.

Trump affaibli

Cette élection est une défaite pour l’ancien président Donald Trump et ses candidats de l’extrême droite du Parti républicain, ce qui affaiblit ses chances pour l’élection présidentielle de 2024.

Les Républicains se sont présentés sur la question de l’inflation, de la criminalité et du contrôle de l’immigration, tandis que les Démocrates avaient pour thèmes principaux le droit des femmes à l’avortement et la préservation de la démocratie étatsunienne. Le succès des Démocrates semble avoir été basé sur les jeunes électeurEs, les femmes et les Noirs, et plusieurs candidats progressistes ont obtenu de bons résultats. Au sein du camp démocrate, plusieurs nouveaux progressistes ont été élus.

Trois États, le Vermont, le Michigan et la Californie ont voté pour protéger le droit à l’avortement tandis que le Kentucky a rejeté une loi destinée à restreindre ce droit.

L’annonce par Biden qu’il envisage de se présenter à la présidence en 2024 — en fonction de son état de santé et d’une discussion avec sa famille — pourrait constituer un problème pour les Démocrates. Biden a déjà 79 ans, trop vieux aux yeux de beaucoup, et il n’y a pas d’alternative évidente pour le moment. Et Bernie Sanders, qui a perdu deux courses à l’investiture présidentielle, a maintenant 81 ans.

Trump, qui a pris ces dernières années le contrôle du Parti républicain, avait soutenu une série de candidats au Sénat et à la Chambre qui ont nié les résultats de l’élection de 2020, affirmant que Trump avait gagné et que Biden n’était pas le président légitime. D’autres sont des adeptes de diverses théories complotistes — anti-vax et Q-Anon —, certains étaient liés à des milices d’extrême droite, et au moins un d’entre eux se trouvait au Capitole au moment de l’insurrection du 6 janvier 2021. Les électeurs ont trouvé une trentaine de ces candidats trop extrémistes et ont refusé de voter pour eux. En conséquence, plusieurs politiciens républicains et personnalités médiatiques de droite ont commencé à critiquer Trump et suggéré qu’il ne devrait plus être le chef du parti. À 76 ans, certains pensent également qu’il est trop vieux.

À gauche, une voie politique à trouver

Le rival de Trump, le républicain Ron DeSantis, âgé de 44 ans, a remporté une victoire éclatante dans sa course à la réélection au poste de gouverneur de Floride, obtenant près de 60 % des voix. DeSantis, qui est tout aussi conservateur que Trump, a mené des politiques d’immigration répressives et racistes, s’oppose à l’avortement ainsi qu’à la « théorie critique de la race » (un terme utilisé pour désigner les discussions sur le racisme) et est devenu célèbre pour sa législation « Don’t Say Gay  » interdisant d’enseigner aux jeunes enfants le genre et l’identité sexuelle. Il est trop tôt pour dire si Trump perdra sa mainmise sur le Parti républicain, mais son emprise semble se desserrer.

Depuis la campagne présidentielle de Bernie Sanders au sein du Parti démocrate en 2016, soutenu par le Democratic Socialists of America (DSA), et avec la menace de la politique d’extrême droite de Trump, la majorité des sympathisantEs de la gauche ont soutenu les Démocrates comme un rempart contre Trump et le fascisme. Les socialistes qui, aux élections, se présentent à l’investiture du Parti démocrate ou décident de se présenter de manière indépendante n’ont (sauf exceptions) pratiquement aucune chance d’être entendus, et encore moins d’être élus. Lorsque les Verts ou d’autres partis de gauche présentent des candidats, ils obtiennent généralement très peu de voix.

Le débat au sein de la gauche est de savoir si l’on peut construire un futur parti socialiste au sein du Parti démocrate ou si l’on doit présenter des candidats socialistes indépendants comme par le passé. Tous s’accordent à dire que tant qu’il n’y aura pas de mouvement de masse de la classe ouvrière, la création d’un parti socialiste plus important et plus implanté que les petites organisations existantes ne sera pas possible. Quoi qu’il en soit, l’effondrement de la vague rouge redoutée nous donne encore quelques années pour construire le mouvement et trouver la bonne voie politique.

Traduction Henri Wilno

Dan La Botz

L’auteur est un professeur d’université américain et un militant de l’organisation socialiste Solidarity.

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