Édition du 10 décembre 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

Lettre ouverte à l’équipe de coordination de la tournée

Faut qu’on se reparle

Nous sommes quelques-uns des 5000 participantes et participants des assemblées de la tournée Faut qu’on se parle. Ce mouvement a généré un engouement indéniable chez les gens de gauche de partout au Québec et divers horizons. Nous croyons qu’il y a un grand potentiel de renouveau politique, mais que trop de mystères planent sur ce qui suivra la publication du livre synthèse en février.

Par souci démocratique, nous appelons à renforcer le pouvoir d’agir des citoyens impliqués. Nous nous demandons ce qui adviendra des idées, des analyses et des coordonnées compilées par les personnes organisatrices. Dans un esprit collaboratif, la publication de Gabriel Nadeau-Dubois et consorts pourrait être soumis au débat public et à une relance qui pourrait aider la gauche québécoise à s’organiser. N’y a-t-il pas des épisodes inspirants qui guideraient une issue féconde pour ce genre de projet ?

En 2004, une série de personnalités des mouvements sociaux, dont Françoise David, François Saillant et Manon Massé, avait fait le tour du Québec, sous le nom du mouvement D’abord solidaire. Les différentes assemblées avaient permis de réfléchir sur les principes et les actions permettant l’émergence d’un Québec progressiste. À la fin de cette expérience collective, les participantes et participants ont été conviés à une activité finale où trois options ont émergé, dont l’une, majoritaire, a fait naitre Option citoyenne, une gauche politique qui investirait le terrain électoral. Le reste de l’histoire est connu : Option citoyenne a fusionné avec l’Union des forces progressistes (UFP) pour créer Québec solidaire.

Comme D’abord solidaire à l’époque, Faut qu’on se parle ne peut pas se constituer directement en organisation politique, et c’est d’ailleurs ce qui a été admis dès son lancement. Ses leaders doivent tout de même permettre aux personnes ayant participé d’agir ensemble. Plusieurs voies sont possibles, hors des partis politiques, pour mobiliser citoyennes et citoyens progressistes, dans la veine des forums sociaux ou des nouveaux médias alternatifs. Encore faut-il ouvrir un espace pour que des choix se fassent, dans des assemblées ou des instances de réseautage.

Le collectif de coordination de la tournée pourrait proposer quelques options, puis organiser des assemblées régionales ou une consultation électronique. Finalement, dans une rencontre nationale, Faut qu’on se parle disparaîtrait pour céder le pas au lancement de différents projets auxquels on adhérerait selon nos affinités. Parmi ces options, il faudra assurément prévoir la consolidation d’une gauche indépendantiste qui entrerait directement en dialogue avec Québec solidaire et Option nationale. De notre avis, les idées de gauche, indépendantistes, écologistes et féministes qui ont été discutées recoupent les programmes de ces partis. C’est un socle sur lequel s’appuyer pour bâtir notre avenir.

La construction d’un Québec progressiste et indépendant, au-delà de l’accumulation de candidatures vedettes « par en haut », sera la mise en mouvement de milliers de personnes, « par en bas ». La gauche renouvelée, que souhaitent les leaders de Faut qu’on se parle, est celle qui multiplie les espaces de coordination, entre différentes générations et cultures militantes, pour préparer les luttes à venir.

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