Édition du 2 mars 2021

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Opinion

La bataille de Rabaska et ... John Le Carré

Récemment je revisionnais le film La constance du jardinier, tiré du roman de John Le Carré. Je venais tout juste de voir le documentaire La bataille de Rabaska. Les parallèles sont saisissants.

La constance du jardinier se déroule principalement en Afrique. Afin de faire rapidement des milliards de profit, une industrie pharmaceutique utilise un médicament sans avoir fait les test suffisants mettant ainsi en danger la vie de milliers de gens. Complice, l’ambassadeur qui est courant de tout ne dit rien, voire même contribue à réduire définitivement au silence ceux qui osent se tenir debout.

En Afrique, c’est devant la puissance de l’industrie pharmaceutique qu’on s’incline. Au Québec, c’est devant les pétrolières.

Bien sûr au Québec, il n’y a pas eu de meurtre dans ce dossier. Des pressions ? Oui. Des menaces ? Nos élus tant provinciaux que municipaux n’ont même pas besoin de menace pour se mettre à genoux. Depuis leur capitulation devant le néolibéralisme et ses consignes de déréglementation, libéralisation, privatisation tous azimuts, PPP, etc. cette position leur est maintenant toute naturelle.

Dans les deux cas, on parle de désinformation. Pourtant, le grave danger que comporte le projet de ce port méthanier, en s’installant si près de la population est bien réel. Comme d’habitude, on attend qu’il y ait des morts pour réagir. Et cela sans parler du tort à l’environnement et de la façon dont ce projet va souiller un des plus beaux sites en Amérique du Nord. Comme une grosse verrue dans le plus beau des visages. Aux États-Unis, on refuse l’installation de ces « porcs » méthaniers. Au Québec, en bon colonisés, on accepte de courir tous les risques même si c’est pour acheminer ce gaz aux États-Unis.

Face au Suroît, face à la spoliation du Mont-Orford, les citoyens se sont levés. Le gouvernement a été obligé d’écouter la population. Cette fois, le lourd silence médiatique au moment le plus crucial de la lutte, les intérêts conjugués des proprios des Compagnies gazières et de La Presse ont réussi à tromper la vigilance des citoyens.

Si John Le Carré connaissait les enjeux de cette bataille, il aurait de quoi faire un bon roman....

Mots-clés : Opinion Québec
Françoise Breault

Après une carrière en enseignement, dont un an avec les Échanges France-Québec, j’ai poursuivi en travail social auprès des familles. Vers l’âge de cinq ans, je me demandais pourquoi il y avait des pauvres et ce que je pouvais faire. Sans en prendre pleinement conscience, cette interrogation m’a habité toute ma vie. Une année en Amérique du Sud ne m’avait toujours pas apporté de réponse. Cela m’a pris du temps à voir clair... Maintenant que la lumière est allumée, je ne peux et ne veux la refermer... Tous les faits, toutes mes lectures me confirment comment le système économique actuel contribue à ce fossé grandissant entre riches et pauvres. Me voici maintenant à ma 3e carrière, celle où je peux mettre tout mon temps et énergie à sensibiliser les gens aux graves enjeux d’aujourd’hui, afin de vivre dans un monde plus juste... « mais nous, nous serons morts mon frère... ».

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