Édition du 22 novembre 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Canada

La révolte de certaines forces de la droite et de l’extrême droite

Un moment particulier dans "la lutte des classes"

Pendant que la pagaille et la foire d’empoigne se déploient à la Chambre des communes à Ottawa et dans les couloirs de l’Assemblée nationale à Québec, un mouvement bruyant et costaud de protestation se manifeste. D’Est en Ouest au pays, des « poids lourds » bloquent littéralement l’accès à des passages douaniers ou à certaines artères routières qui sont des voies d’accès stratégiques à la libre circulation des marchandises.

À Ottawa, la circulation est paralysée principalement (et pas exclusivement) devant le Parlement fédéral. Le chef de police de la ville avoue ne pas avoir les moyens et les ressources pour déplacer ces mastodontes sur roues. Une partie de la population de la capitale nationale canadienne est excédée par le bruit qu’elle doit endurer. Pour faire cesser le vacarme nocturne et diurne, un tribunal a récemment émis une injonction interlocutoire. La classe des gens d’affaires est aux abois tant tout ce qui nuit ou affecte de manière négative le PIB est considéré comme intolérable et inacceptable à ses yeux et commande rien de moins qu’une réponse répressive forte. Il a même été question d’une possible intervention de l’armée canadienne pour casser ce mouvement d’opposition qui bloque entre autres choses le pont Ambassador (cette voie de communication par laquelle transitent quotidiennement 450 millions de dollars de marchandises) et la rue Wellington à Ottawa. « La loi et l’ordre » ne semblent plus aller de soi dans ce pays qui a pour nom le Canada… le moment est bien choisi pour réfléchir à la dynamique contradictoire de la lutte des classes.

Une classe politique divisée et des revendications impossibles à satisfaire

La classe politique, fidèle en cela à elle-même, nous met en présence en ce moment d’une division classique motivée possiblement par les gains électoraux qui pourraient en découler. Imaginez, il y a même au moins deux députés libéraux fédéraux qui dénoncent publiquement la gestion pandémique de leur chef Justin Trudeau. Des députés conservateurs appuient publiquement les revendications du « Convoi de la liberté ». Alors que c’est la science (et uniquement elle) qui devrait nous indiquer les comportements individuels et collectifs à adopter pour passer à travers la présente pandémie, alors que c’est aux recommandations des autorités sanitaires que nous devons adhérer tout un et chacun, nous assistons plutôt à un moment d’exaspération d’une partie de la population et au déploiement sur le terrain de forces qui réclament l’impossible : un plan d’application immédiate de levée des restrictions sanitaires accompagnée de la démission d’au moins un gouvernement récemment élu.

Mais la classe politique actuelle diverge aussi de celle du passé, alors que le courant néolibéral s’est imposé de manière à diviser pour mieux régner, de manière à instrumentaliser des valeurs démocratiques — comme la liberté — dans un but populiste. Sous l’apparat du capitalisme, la liberté prêchée n’est pourtant pas celle entendue dans les manifestations actuelles ; elle est celle défendue lorsque des voies de communication économiques sont obstruées entre deux points ou plus d’un vaste réseau de villes mondiales participant à la suprématie du marché. Ainsi, la liberté d’échange subit paradoxalement l’assaut du Convoi de la liberté… Pour clarifier les choses, disons que la classe politique actuelle a davantage réagi à l’obstruction d’un pont, voire d’une voie de transport « économique », qu’à l’occupation d’une capitale bien sûr « politique » et qu’aux demandes d’une « population » désirant recouvrer sa tranquillité de vie.

La liberté vantée dans notre société contemporaine occidentalisée est celle qui exige une « capacité de payer » ; celle favorable au matérialisme, au prestige, au pouvoir, ou simplement à la satisfaction toujours insatisfaisante. Autrement dit, l’attaque contre l’économie se révèle être un acte plus dommageable qu’une attaque contre la politique, ou plutôt un barrage érigé contre l’économie aura toutes les chances de devenir une contrainte politique beaucoup plus néfaste qu’une attaque directe. Voilà pourquoi des policiers travaillent actuellement à la réouverture du pont Ambassador plutôt que de mettre un terme au siège d’Ottawa. Voilà aussi des contradictions ouvertement exposées : un pont prend plus d’importance qu’une capitale ; un droit de manifester, plus qu’un droit de circuler pour la résidente et le résident habitant la ville ; un mouvement anti-vaccin ou anti-mesures sanitaires plus que la majorité qui a choisi d’accepter de vivre pour un certain temps avec ces contraintes dans l’espoir de revenir à une vie plus normale.

Le « Convoi » de quelle(s) liberté(s) ?

Soulignons que la « liberté » réclamée à cor et à cri par celles et ceux qui se définissent comme le « Convoi de la liberté » n’a rien à voir avec la disparition ou l’élimination d’une forme quelconque d’exploitation économique ou d’oppression sociale, politique, sexuelle ou raciale. Il s’agit d’un mouvement de négationnismes multiformes qui se situe à droite et nous dit-on à l’extrême droite même de l’échiquier politique. Ce convoi c’est au fond celui d’un mouvement du grand refus : refus du vaccin, refus du passeport vaccinal, refus de suivre les mesures sanitaires décrétées par les autorités sanitaires et politiques. Ce mouvement perdure dans le temps. Pour l’affronter et le casser, la classe politique a manqué d’unité et de solidité, jusqu’au vendredi 11 février du moins. C’est en effet cette journée qu’a choisi le premier ministre de l’Ontario pour sortir de son silence et de sa passivité interprétée comme un geste d’appui tacite à certaines revendications des opposant.e.s aux politiques sanitaires émises par le gouvernement fédéral. Il vient tout juste d’annoncer les amendes salées (100 000 $) et les peines d’emprisonnement (un an) auxquelles s’exposent les contestataires.

Le « droit au refus » suppose une liberté d’action, voire d’opposition par rapport à des décisions ou des mesures jugées inappropriées. Faut-il présumer que les manisfestant.e.s ont jugé comme étant inappropriées les actions qui ont été prises par les différents paliers de gouvernement pour contrer la pandémie ? La classe politique a su réagir face à une menace extérieure, un coronavirus, qui dès son arrivée a fragilisé les réseaux de la santé partout au pays, y compris l’activité économique dans sa globalité. Parmi les devoirs de l’État, il y a celui d’assurer le bien-être et la sécurité de ses citoyennes et citoyens. Avoir laissé faire le coronavirus aurait été un manquement des gouvernements canadien et provinciaux à ce devoir ultime. L’erreur commise toutefois aura été d’alléger trop tôt les mesures sanitaires en sachant fort bien que des variants allaient apparaître.
Vouloir rouvrir l’économie au plus vite expose une nouvelle fois cette inclination néolibérale, ce qui s’est ensuite transformé en un jeu du balancier faisant augmenter et réduire les restrictions, selon le flot des statistiques sur les infections et les hospitalisations. Mais lorsque la majorité a acquiescé au confinement, à la vaccination et aux autres mesures, elle a aussi fait le choix d’éviter des conséquences plus dommageables au réseau de la santé, dans un esprit de solidarité, dans un souci de maintenir cette institution qui a été malheureusement fragilisée par des décisions politiques (économiques) antérieures.

Un moment très particulier dans la lutte des classes et les oscillations de François Legault

Le moment actuel en est un particulier dans la dynamique de la lutte des classes ; un moment où ce ne sont pas les forces de la gauche progressiste qui portent au devant de la scène leurs revendications. Il s’agit plutôt d’un moment où ce sont certaines forces de la droite et de l’extrême droite qui exigent et réclament le retour des libertés sans restriction, et ce même si la prudence élémentaire nous contraint toutes et tous à agir dans le respect des normes en vue de sauver la vie, la nôtre et celle des autres. Ce mouvement c’est également un mouvement qui réclame le droit de contracter une maladie qui a pour effet d’encombrer les centres hospitaliers et de contaminer aveuglément autrui. Tout se passe comme si l’appel au respect des normes minimales ne passe plus auprès de certaines personnes. La croyance qui fait illusion et obstacle à la raison, la connaissance crasse, la fatigue des mesures restrictives à appliquer, les « promesses brisées » par des membres de la classe dirigeante, etc… tout ceci semble alimenter et motiver ce mouvement de protestation.

S’il est question dans ce mouvement d’une liberté à défendre, d’une « liberté à libérer » des mesures sanitaires, elle reste néanmoins un instrument qui a servi à rallier des gens issus de tous les milieux. Il n’est plus question seulement des camionneuses et des camionneurs, mais d’un groupe de différentes conditions et de statuts (incluant des membres de la classe politique). Dans cette interpellation, chacune et chacun y trouvent son intérêt, même si chacune et chacun peut reconnaître chez l’autre des sentiments qui ressemblent aux leurs. Cette mobilisation en est une à la base par affectivité ou par émotion, c’est-à-dire une rogne contre les mesures sanitaires, peu importent laquelle ou l’ensemble. En revanche, ce qui a su les rallier de manière plus efficace représente une valeur commune à laquelle tout le monde se reconnaît dans une réalité occidentale, c’est-à-dire la liberté, à la fois indiscutable et floue. Étant donné son abstraction, elle peut alors être aisément instrumentalisée par certains individus de manière à gonfler le mouvement et à partager d’autres points de vue afin de réaliser leurs intérêts comme celui de renverser un gouvernement.

Désormais l’adhésion volontaire et le respect des normes ne semblent plus passer auprès de certaines personnes. Les opposant.e.s aux mesures sanitaires décrétées sont appuyé.e.s et financé.e.s par des puissances économiques et des forces politiques qui campent à droite et du côté de la réaction conservatrice et réactionnaire de l’extrême droite. Il est même question d’un financement d’origine étrangère à ce mouvement qui déstabilise et perturbe la vie sociale. Face à lui, les différents paliers de gouvernement soufflent le chaud et le froid en même temps. Il y a certes des gestes qui semblent annoncer que ce mouvement ne sera plus toléré, mais en parallèle nous assistons à l’annonce d’un relâchement de certaines mesures sanitaires. François Legault, après avoir d’abord menacé d’imposer la vaccination obligatoire a décidé par la suite de retraiter sur cette question. Il a finalement décidé de céder à certaines pressions et d’annoncer un calendrier qui doit mener à rien de moins que la fin de l’urgence sanitaire au mois de mars. De quoi au juste relève cette nouvelle orientation ? De la prudence ou de l’inconscience ? Le tout s’inscrit nous dit-on dans le cadre « d’un risque calculé ». Et qui dit calcul, dit souvent économie, dit fin aux obstructions des voies de transport des biens économiques. Nous verrons où cela nous mènera éventuellement.

Deux poids, deux mesures

Dix ans après le Printemps étudiant, trente ans après Oka, cinquante ans après le premier front commun intersyndical dans les secteurs public et parapublic au Québec, il semble y avoir manifestement d’autres forces sociales et politiques, à droite et à l’extrême droite de l’échiquier politique, qui se manifestent et s’opposent frontalement à des politiques gouvernementales. Remarquons que les forces de l’ordre sont plutôt très tolérantes à leur endroit et très hésitantes à les affronter. Il semble y avoir réellement deux poids, deux mesures face aux mouvements oppositionnels de résistance aux politiques gouvernementales. Pourquoi ? Probablement parce que Justin Trudeau dirige en ce moment un gouvernement minoritaire et qu’il ne parvient pas à dégager une majorité parlementaire d’appuis à ses divers scénarios de dénouement de la crise. Nous pouvons ajouter ici l’inaction, jusqu’à vendredi le 11 février 2022, du gouvernement ontarien dirigé par nul autre que Doug Ford (qui semblait se délecter de voir autant de colère se déchaîner devant les mesures adoptées par le gouvernement dirigé par le libéral Justin Trudeau). Pensons également à certains députés du Parti conservateur qui appuient publiquement ces personnes qui contestent. Pas facile, dans ces circonstances, de dégager une majorité en faveur d’une intervention qui annoncerait la fin de la contestation. Pas facile non plus de se montrer capable de défier qui que ce soit en lui disant sur un ton inébranlable : Just watch me !

Il y a deux poids, deux mesures, puisque justement nous ne faisons plus affaire à la même classe politique qu’autrefois, justement aussi parce que la société a changé de manière importante depuis la Deuxième Guerre mondiale. Elle s’est « néolibéralisée », elle a accordé une place différente à l’individu qui doit savoir se débrouiller, s’informer et faire sa place dans une guerre de « places ». Cet individu a la responsabilité de veiller à son bien-être, puisque le support offert par l’État n’est plus universel mais conditionnel. Et cette réalité à laquelle il a accepté d’adhérer se voit subitement chambarder en raison d’une pandémie qui fait réapparaître l’État prévoyant. Alors qu’il faudrait peut-être s’en réjouir, puisque cette situation augure un plus grand support à l’individu et à sa santé, une réaction de certains groupes démontre plutôt une crainte de manquer de liberté. Demandons-nous si vivre une liberté dans une société qui fait peser la charge de l’existence sur le dos de l’individu est réellement meilleure que celle vécue dans une société qui se charge de veiller aux imprévus et de fournir une aide au moment opportun à tous celles et ceux qui ont contribué à son maintien ?

La lutte des classes dans tout cela ?

Des autrices et des auteurs ont écrit sur la lutte des classes. Parmi les précurseurs il y a bien entendu Hegel (sur lequel nous reviendrons un peu plus longuement éventuellement), Guizot, Thierry et le duo Marx et Engels.

De ces auteurs ceux qui sont allés le plus loin dans le possible dénouement heureux de la lutte des classes figurent bien haut Marx et Engels qui ont prédit rien de moins que la fin de l’exploitation économique et de la domination politique ; en bref, l’avènement de la vraie liberté et de la vraie égalité pour toutes et pour tous. Plus de 170 ans après la publication du Manifeste du parti communiste, le grand soir n’est toujours pas arrivé. Car le problème chez Marx et Engels concerne leur focalisation sur l’économie et leur incapacité à suggérer une structure étatique ou politique différente de celle existante. Il ne suffit pas de renverser un gouvernement ou un régime pour espérer un monde meilleur, surtout si les mêmes structures d’exploitation et de domination restent en place.

Est-il nécessaire de mentionner que la lutte des classes est, depuis au moins les premiers regroupements humains qui se sont sédentarisés, toujours parmi nous. Il appartient tantôt à des forces politiques de la gauche et de l’extrême gauche d’exercer des pressions en appui aux changements qu’elles réclament (et obtiennent parfois) et à d’autres moments à des forces de la droite et de l’extrême droite de s’immiscer dans le jeu politique extra-parlementaire pour obtenir les changements qu’elle veut obtenir. L’issue de cette forme d’affrontement est toujours, jusqu’à maintenant, imprévisible dans son dénouement ultime…

Il importe donc de pousser plus loin cette allusion à la lutte des classes, puisque la conscience collective qu’elle suggère normalement ne représente pas celle qui se voit dans le mouvement de la liberté en cours et un peu partout. Elle ne concerne effectivement pas la lutte des prolétaires contre les bourgeois, mais des dirigeant.e.s et des dirigé.e.s aux points de vue divergents par rapport à d’autres dirigeant.e.s et dirigé.e.s. Si l’économie prend plus d’importance pour certain.e.s, pour d’autres c’est la prudence et la santé de la population qui dominent ; si la liberté dans un monde sans mesures sanitaires est davantage valorisée pour certain.e.s, pour d’autres elle doit être adaptée à un avenir différent. Qui plus est, une existence dans les extrêmes a toujours été néfaste ; mieux vaut trouver un juste équi« libre ».

Conclusion

Le présent mouvement d’opposition soulèvera un certain nombre de questions face à certaines façons de faire aux niveaux économique et politique : économique, le modèle japonais du Just-in-time ne s’avère pas nécessairement le plus profitable en période de crise, ce modèle sera peut-être délaissé par certaines entreprises du secteur de l’automobile localisées dans la région de Windsor ; et politique, du côté américain la tentation sera grande chez certains membres de la classe politique de là-bas, de remettre en question des éléments stratégiques du Pacte de l’automobile Canada-États-Unis.

Se pose également une question théorique incontournable : devant ce mouvement d’opposition de la droite et de l’extrême droite, dix ans après le printemps étudiant 2012 et cinquante ans après la lutte des salarié.e.s syndiqué.e.s des secteurs public et parapublic, deux mouvements d’opposition aux revendications populaires progressistes, il y a lieu de se demander s’il peut y avoir véritablement dans l’histoire à venir résolution des contradictions ? Autrement dit, devant ces forces sociales et politiques opposées qui s’affrontent peut-il y avoir un groupe qui viendra réellement à bout de ses opposant.e.s ? La vie politique ne s’accompagne-t-elle pas, depuis qu’elle existe, de la présence plus ou moins active de forces réactionnaires, conservatrices, progressistes, réformistes et utopiques ? Le mouvement de l’histoire n’est-il pas inséparable de l’opposition inépuisable entre ces forces contraires ?

Guylain Bernier

Yvan Perrier

Ce texte a été écrit entre le 11 et le 13 février 2022
13 février 2022
10h30

yvan_perrier@hotmail.com

Zone contenant les pièces jointes

Yvan Perrier

Yvan Perrier est professeur de science politique depuis 1979. Il détient une maîtrise en science politique de l’Université Laval (Québec), un diplôme d’études approfondies (DEA) en sociologie politique de l’École des hautes études en sciences sociales (Paris) et un doctorat (Ph. D.) en science politique de l’Université du Québec à Montréal. Il est professeur au département des Sciences sociales du Cégep du Vieux Montréal (depuis 1990). Il a été chargé de cours en Relations industrielles à l’Université du Québec en Outaouais (de 2008 à 2016). Il a également été chercheur-associé au Centre de recherche en droit public à l’Université de Montréal.
Il est l’auteur de textes portant sur les sujets suivants : la question des jeunes ; la méthodologie du travail intellectuel et les méthodes de recherche en sciences sociales ; les Codes d’éthique dans les établissements de santé et de services sociaux ; la laïcité et la constitution canadienne ; les rapports collectifs de travail dans les secteurs public et parapublic au Québec ; l’État ; l’effectivité du droit et l’État de droit ; la constitutionnalisation de la liberté d’association ; l’historiographie ; la société moderne et finalement les arts (les arts visuels, le cinéma et la littérature).
Vous pouvez m’écrire à l’adresse suivante : yvan_perrier@hotmail.com

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