Édition du 23 février 2021

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Planète

La « sécheresse », quand la réalité dépasse la fiction

Plus de 2 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, une ressource vitale qui est désormais échangée en bourse.

photo et article tirés de NPA 29

Le 7 décembre, l’eau – base de la vie sur notre planète – a commencé à être échangée en bourse. Désormais, le prix de l’eau fluctuera de la même manière que celui du pétrole, de l’or ou du blé.

La nouvelle, traitée par les médias de pouvoir, n’a pas produit l’horreur qu’elle aurait dû produire, ni provoqué des manifestations massives pour la défense d’un bien indispensable au développement de la vie.

Le nombre de décès liés à la pandémie dans le monde en 2020 a occupé les principales premières pages des médias qui s’efforcent maintenant de démontrer par des enquêtes la confiance et la suspicion que suscitent les vaccins, selon leur origine et leur provenance.

Les loups de Wall Street passent aux profits et pertes ce qui était jusqu’à hier un droit fondamental, un bien nécessaire au développement de la vie.

La marchandisation de l’eau et sa rareté imminente avaient été jusqu’à présent l’une des ressources de l’inventivité des grands auteurs de dystopies et de scénarios apocalyptiques.

James Graham Ballard a imaginé, dès 1979, un monde dans lequel l’eau potable a pratiquement disparu, obligeant les populations à s’installer sur les berges comme seule option de survie.

Dans « The Drought », Graham Ballard risque un avenir qui, en décembre dernier, a commencé à se concrétiser.

Alors que plus de 2 milliards d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable, cette ressource a été marchandisée, manipulée par un système si pervers qu’elle est capable de capitaliser sur les biens communs les plus précieux.

Les contrats sur l’eau donneront aux agriculteurs et aux investisseurs les coudées franches pour parier sur le risque de pénurie d’eau.

Les contrats à terme sur l’eau seront réglés financièrement, ce qui signifie que les acheteurs de contrats n’auront une livraison de millions de litres d’eau comme ils le feraient avec d’autres contrats à terme de marchandises comme le pétrole ou les céréales.

En d’autres termes, on peut dire que ce sont les mêmes multinationales qui polluent l’eau qui bénéficieront de la marchandisation de l’eau.

Selon les Nations unies, dans les prochaines années, les deux tiers de la planète connaîtront des pénuries d’eau, entraînant le déplacement de millions d’êtres humains. Et la réalité, d’ici là, aura largement dépassé la fiction.

Walter C. Medina 2 février 2021

https://www.nuevatribuna.es/

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