Nous sommes convaincus-es que les Évangéliques influencent la politique américaine. Mais il est peu connu et peu diffusé qu’ils ont une énorme influence dans le caucus conservateur. Pourtant cela pourrait expliquer les politiques de destruction de l’environnement et tous les projets de loi « omnibus ».
La plupart des Canadiens-nes sont plutôt tolérants à l’égard des religions en ce début de 21ième siècle. La mentalité de « vivre et laisser vivre » est dominante. Nous sommes enclins-nes à ne pas trop nous occuper de ceux et celles qui croient en autre chose ou qui n’ont pas du tout de croyance religieuse et nous nous attendons à ce notre attitude soit partagée.
Mais quand la supposée séparation de l’Église et de l’État commence à s’éroder, nous réagissons. Les élections approchent. Plusieurs d’entre nous se demandent si les changements que le gouvernement de M. Harper a imprimés dans ce pays n’ont pas été largement influencés par les convictions religieuses du Premier ministre.
Dans The Armageddon Factor, le livre de Mme Marci McDonald, publié en 2010, l’auteure s’interroge à propos des conservateurs théologiques, « theo-cons » selon l’expression de M. Harper ; ces gens voient « la science et l’environnementalisme comme une contradiction de la Bible ». Elle notait que les fidèles de l’Église, The Christian and Missionnairy Alliance Church, à laquelle appartient M. Harper depuis près de trois décennies maintenant, croient que la Bible est infaillible et que la prochaine venue du Christ est imminente.
Cela signifie que cette Église fait partie de la tradition évangélique dite « dominionism ». [1] On y croit en le soit-disant « mandat de domination » tel qu’inscrit au chapitre 1 verset 28 du livre de la Genèse : « Et Dieu les bénit, (Adam et Ève) et il leur dit allez et multipliez-vous, remplissez la terre entière et dominez-la ; dominez les poissons de la mer, les airs et tout ce qui vit et se meut sur la Terre ». [2]
La plus part de ceux et celles qui adhèrent au « dominionism » (même si ce ne sont pas tous et toutes) prennent ce passage comme une injonction divine qui va à l’encontre de toute idée de régulation et de protection environnementales. Cette interprétation littérale de la Bible, plutôt qu’y voir une métaphore ou une vérité symbolique, les amène aussi à croire que l’âge de la terre n’est que de 6,000 ans et que la fin du monde est non seulement imminente mais ils et elles la désirent. Leur foi leur assure que ses fidèles seront élevés-es vers le ciel avant que la grande bataille de l’Armageddon n’ait lieu au Proche-Orient. Il existe un calendrier (raptureready.com) pour les aider à évaluer le temps qui leur reste avant la fin des temps.
Des Canadiens-nes s’inquiètent : est-ce que le bureau du Premier ministre vérifie son calendrier du temps qui reste régulièrement ? Est-ce qu’il le fait lui-même ? Autrement dit, jusqu’à quel point la séparation entre l’Église et l’État a été érodée au Canada ?
L’Église et l’État
Marci McDonald a été la première a à soulever cette question dans un article du magazine Walrus en octobre 2006, intitulé : Stepen Harper & the Theo-Cons ». Elle y écrivait : « on estime à 70 le nombre d’Évangélistes qui font partie du caucus conservateur », à la grande surprise des lecteurs. Elle identifiait les Évangélistes membre du cabinet : Deborah Grey, Vic Toews, un des plus conservateurs de ces évangélistes et Jason Kenney. Il est catholique mais on le voit quand même fréquenter les églises évangéliques couramment. Elle rapporte aussi une des rares fois où M. Harper s’est exprimé au sujet de sa foi religieuse. C’était en février 2005, dans une entrevue de Drew Marshall, animateur d’une station évangélique : « Je ne dirais pas que je tiens constamment séparées mes convictions religieuses et politiques. Mais, je ne mêle jamais ma défense de mes positons politiques de celle de ma foi ». Cette déclaration semble régler la question de déterminer si ses propos sont d’ordre politique ou religieux.
Dans un essai publié en 2003 sur le site canadien de la Christian Coalition International, M. Harper accuse la gauche de « nihilisme moral, (c.a.d.) de rejet de toute tradition ou de tout contrat moral ». Il désigne un « ordre du jour social » qui cause « des dommages (à) nos institutions les plus importantes, particulièrement la famille ».
Un article du Vancouver Sun du 18 août 2007, soulignait que l’élimination d’un programme de garderies national par M. Harper était en accord avec les convictions des Chrétiens évangéliques. Ils ne « veulent pas que l’État se mêle du devoir sacré d’éducation des enfants ». Cet article informait aussi ses lecteurs-trices que l’Église de M. Harper et de M. Preston Manning, la Christian and Missionnary Alliance, « compte environ 2 millions et demi de membres dans 14,000 congrégations dans le monde. Un cinquième de ces personnes vivent en Amérique du nord et l’Alberta est un de ses points chauds ». L’article soulignait aussi que « conscient que beaucoup de Canadiens-nes sont plutôt soupçonneux-euses face aux Évangéliques, M. P. Manning avait organisé une série de conférences en 2006 pour demander aux leaders de ces groupes de se montrer plus modérés dans leurs discours » (appelant à appliquer leurs croyances tous azimuts).
Peu après son élection en 2006, M. Harper a remercié de ses services le conseiller national pour les sciences, M. Arthur Carty. Son mandat prévoyait qu’il devait fournir au Premier ministre « des avis fiables, sans biais et sans partisannerie sur les sciences et les technologies ». Environnement Canada a dû aussi retirer de son site internet toutes les références aux recherches scientifiques du groupe intergouvernemental sur le climat (GIEC) reconnu par les Nations Unies.
En juillet 2009, M. Gary Goodyear, alors ministre d’État aux sciences et à la technologie, a procédé à des coupures de 147 millions 900 mille dollars dans les programmes scientifiques. Le 17 mars 2009, le journaliste des questions scientifiques du Globe & Mail rapportait que certains-es scientifiques se demandaient si M. Goodyear ne redoutait pas la science parce qu’il est « créationniste ». Quand il a été questionné au sujet de la théorie de l’évolution, il a répondu : « Je ne répondrai pas à cette question. Je suis un Chrétien et je pense que toute question à propos de ma religion est impertinente ».
Cet incident avait soulevé une petite tempête médiatique. Le National Post l’avait qualifié de « pseudo scandale visant un blanc, mâle, et chrétien anglophone ». Mais c’était le début des efforts du gouvernement Harper pour museler les scientifiques au Canada.
« L’extrémisme intérieur »
Les ressentions du livre de Mme McDonald n’ont pas changé grand-chose. On n’a pas plus parlé de la séparation de l’Église et de l’État qu’auparavent. Même quand M. Harper a versé 26 millions de dollars à 14 collèges Chrétiens privés. Le silence s’est poursuivi jusqu’en mars 2011. Le président du bureau du Trésor de l’époque, M. Stockwell Day, un Évangéliste du courant « dominioniste » a annoncé des coupes de 1,6 millions dans les services environnementaux à travers le pays. 20% de ces coupes se sont appliquées à Environnement Canada.
Ce silence a duré jusqu’en 2012. À cette époque, le ministre de la sécurité publique, M. Vic Toews a annoncé que les membres du courant environnementaliste avaient été inscrits sur une liste identifiée « extrémisme local pour une cause » et seraient sujets-tes à une surveillance accrue. (Un autre Évangéliste, M. Deb Grey occupe actuellement la présidence du Comité de surveillance des activités de renseignements par intérim).
C’est M.Andrew Nikiforuk qui a brisé le silence dans un article de The Tyee le 26 mars 2012. Il y écrivait que l’Église de M. Harper « croit que le libre marché est d’inspiration divine et que les non-croyants-es sont des âmes perdues ». Il écrivait : « Quand on voit les attaques directes contre les environnementalistes et la science en général, on peut penser que M. Harper va chercher ses avis et conseils à la Cornwall Alliance. Il s’agit d’une coalition d’intellectuels-les et d’économistes Évangéliques.
Cette Alliance est sceptique face à la science officielle, doutent des changements climatiques, considèrent les environnementalistes comme des « démons de l’intérieur », défendent les énergies fossiles à tout crin et sont des libéraux économiques. (…) Cette Alliance voit les règlementations environnementales comme des obstacles à la volonté divine : Nous aspirons à un monde dans lequel la liberté conditionne l’action morale et est préférée aux actions du gouvernement dans la gestion de l’environnement comme un but collectif ».
Quelques semaines après la parution d’A. Nikiforuk, en juin 2012, le gouvernement Harper faisait adopter la loi C-38 qui a éliminé 70 lois fédérales sur l’environnement et en octobre suivant, la loi C-45 qui a réduit à presque rien les lois sur les pêches et sur la protection des eaux navigables et qui a largement diminué les droits des Premières nations sur leurs terres et sur les traités les concernant. Tout cela a été suivi de la guerre ouverte de M. Harper contre la science avec d’autres coupures de millions de dollars et milliers de postes à Pêches et Océans, Environnement Canada et ailleurs dans les activités scientifiques du gouvernement.
Au même moment, M. Toews, le ministre de la sécurité publique à l’époque, a remercié congédié tous les aumôniers non Chrétiens à temps partiel dans les prisons. Cela signifie que maintenant, dans nos prisons, la majorité des aumôniers sont d’(acception) obédiance Chrétienne.
L’alliance de Cornwall,
Cette alliance est un lobby évangélique américain fondé en 2006 par M. Calvin Beisner. Le site religiondisparches.org le décrivait le 15 août dernier comme : « l’Évangélique anti-environnementaliste le plus influent des États-Unis ». C’est un « dominionist » qui lutte avec véhémence contre toute régulation en matière d’environnement. Il réfute également toute la science concernant le climat. Son groupe et lui-même croitent : « que la terre et ses écosystèmes ont été créés par le dessin intelligente de Dieu et son pouvoir infini et que tout cela est soutenu par sa divine Providence. Ces créations sont robustes, résilientes, se régulent sans autre intervention, possèdent la capacité de s’auto corriger, sont admirablement ajustées aux besoins de l’humanité florissante et sont une démonstration de sa gloire. Le climat ne fait pas exception à cette règle.
En 2010, lors d’une rencontre spéciale d’Heritage Foundation mais soutenue par l’industrie pétrolière, l’alliance de Cornwall a lancé un livre accompagné d’une vidéo intitulés « Resisting the Green Dragon ». On y désigne le mouvement environnementaliste comme « la plus grande menace pour la société et l’Église en ce moment ».
Cette alliance est fondamentalement en accord avec le libre marché et le néo libéralisme. Elle semble bien être opposée à toute propriété collective des parcs, des régions sauvages, des ressources naturelles et des services publics. Elle est également opposée à la propriété collective des Amérindiens de leurs réserves, de leurs terres et territoires traditionnels. (Le gouvernement Harper a longtemps essayé d’imposer « des droits de propriété privés » sur les réserves amérindiennes et sur leurs administrations).
Le site internet thinkprogress.org a mené une enquête sur cette alliance en 2010. Ces enquêteurs ont mis au jour des « liens profonds avec l’industrie pétrolière » particulièrement ExxonMobil et Chevron et des liens directs avec « la vieille droite qui orchestre la machine de négation de la science sur le climat ».
Le 5 mai 2011, le quotidien britannique The Gardian questionnait M. Beisner au sujet de ces liens. Il s’est défendu en disant que l’alliance : « n’a reçu aucun don d’entreprises et certainement pas des pétrolières ». Mais il n’a pas nié les liens avec la machine de négation de la science sur le climat.
M. Beisner a monté le ton récemment. En 2013, il a désigné le mouvement environnementaliste de :« la plus grande menace à la civilisation occidentale (parce qu’il) s’appuie à la fois sur la vision marxiste utopique, la façade de la science séculière humaniste et le fanatisme des djihadistes ». Il attaque aussi les autres Églises évangéliques chrétiennes qui ne sont pas aussi virulentes que la sienne envers l’environnementalisme.
Une machine bien huilée,
L’Alliance de Cornwall est un membre clé du Council for National Policy (CNP). Ce Conseil est une organisation secrète considérée comme un des piliers de la Nouvelle Droite aux États-Unis qui a récemment augmenté son pouvoir au Congrès américain avec la victoire des Républicains dont les membres du Tea Party. Beaucoup de ces politiciens-nes, dont des gouverneurs dans les États, sont des sceptiques à l’égard des problèmes du climat et leurs campagnes étaient lourdement financées par les intérêts des énergies fossiles. Ils et elles s’assurent de pouvoir s’opposer à la création de zones naturelles protégées, pouvoir retirer toute régulation environnementale, forcer l’installation de l’oléoduc Keystone XL et d’ouvrir la côte pacifique à l’exploration pétrolière.
Selon l’auteur et militant Chris Hedges, le CNP a réussi à fédérer les Évangélistes « dominionist-es » et : « l’aile droite industrielles disposée à les financer ». Le CNP se réunit trois fois par année dans des endroits ultra secrets et distribue des milliards des dollars aux organisations Chrétiennes de droite. Sa liste de membres et de contributeurs-trices est gardée secrète. Le public et les journalistes sont interdits à ses rencontres et autres événements. Il est maintenant connu que ce groupe a donné un prix aux milliardaires Koch qui sont très impliqués dans l’exploitation des sables bitumineux et qu’il finance l’Institut Fraser.
Au fil des années bien des orateurs de droite se sont adressés à cette organisation : Ronald Reagan, l’économiste des libres marchés, Milton Freidman, Dick Cheney, Mitt Romney, G.W.Bush et en juin 1997, Stephen Harper alors président de la National Citizens Coalition.
Dans son nouveau livre, Party of One : Stephen Harper and Canada’s Radical Makeover, Michael Harris dit que le CNP est : « essentiellement une société secrète de Républicains riches de l’extrême droite. Leur plan de travail est collé à l’héritage chrétien au soutient sans réserve à Israël, à une armée forte, aux droits aux armes pour les individus, aux valeurs traditionnelles et au gouvernement de taille réduite. (…) Toutes choses auxquelles le NCC canadien et M. Harper ne s’objecteraient pas. M. Harris souligne que le discours de M. Harper au CNP où l’audience était essentiellement américaine, était remarquable : « essentiellement, il décrivait le gouvernement canadien comme une dictature dirigée par son Premier ministre ».
Depuis 2011, le gouvernement fédéral a coupé les subventions à au moins 31 organisations féminines et à 10 groupes amérindiens à travers le Canada. Depuis 2012, l’Agence du revenu du Canada a mené des enquêtes « pour activités politiques » auprès de 52 ONG environnementalistes et progressistes. Récemment Oxfam Canada s’est fait dire : « que soulager la pauvreté est charitable mais que la prévenir ne l’est pas ». On a su par la suite que plusieurs de ces enquêtes faisaient suite à des plaintes d’ Ethical Oil un groupe fondé par un ancien membre du personnel de M. Jason Kenney pour qui il a été porte-parole et assistant exécutif.
La politique étrangère,
En janvier 2014, dans un de ses blogues, le Vancouver Sun révélait que lors de son récent voyage en Israël, le Premier ministre était accompagné de 10 pasteurs évangéliques protestants influents (dont le président de la Christian & Missionary Alliance Canada), de 21 rabbins. Un seul prêtre catholique (un chroniqueur du National Post) avait été invité et aucun représentant des Églises protestantes dominantes ne l’avait été. L’article soulignait que pourtant : « plus de 60% des Canadiens-nes appartiennent aux Églises protestantes dominantes au à l’Église catholique, alors que les Évangéliques comptent pour environ 10% de l’électorat. Cet article faisait le lien entre les croyances des Évangéliques que l’actuel conflit (entre les Palestiniens-nes et les Israélites) est une preuve de l’accomplissement des prophéties bibliques.
Plus tard, en février 2014, Warren Bell dans le Vancouver Observer’s s’interrogeait également à propos de ce voyage de M. Harper en Israël. Il soulignait que ces autorités évangéliques telle la Christian & Missionary Alliance Church : « voient le réchauffement de la planète et les événements climatiques extrêmes comme un signe que la « fin des temps » est imminente » (et qu’en conséquence, tenter de les amoindrir serait aller à l’encontre de la volonté divine).
Se pourrait-il que la subtile mixture idéologique de l’Alliance de Cornwall qui combine la foi dans l’économie de marché et dans la domination (chrétienne) soit le fer de lance des décisions politiques du gouvernement Harper ? W. Bell croit que c’est le cas : « Ce mélange intime entre politique et religion est complètement nouveau au Canada. On n’a jamais vu auparavent les politiques fédérales, intérieures et internationales, être conçues en référence avec un tel cadre doctrinaire Chrétien ».
On peut voir un autre exemple de cette disposition dans la soudaine volte-face de M. Harper envers la Chine communiste. Selon Marci McDonald : « Durant des années M. Harper et le Parti conservateur ont refusé toute entente avec la Chine ». Mais, en 2009 M. Harper a envoyé sept missions ministérielles commerciales dans ce pays. « Il s’avère que la droite religieuse a joué un rôle dans cette décision », nous dit Mme McDonald dans son livre. L’année précédente, en 2008, M. S. Day, ministre du commerce international dans le cabinet Harper à l’époque et un Évangélique « dominionist » reconnu avait rencontré le Dr. Zhai Xiao : « Un éminent économiste et un des rares Évangéliques influents dans ce pays. On le connait pour ses rapports de recherche qui avancent que le succès financier des États-Unis lui vient de ses liens avec les Églises ».
Plus tard, le Dr. Zhao est devenu partenaire du programme de maitrise en leadership des arts à la Trinity Western University, une institution chrétienne privée à Langely en Colombie britannique. Il y forme une nouvelle génération de dirigeants-es du Parti communiste chinois en éthique. Ce programme a été : « crée par Don Page un ancien haut placé des affaires extérieures qui se spécialise dans l’enseignement des techniques de gestion modelées sur l’exemple de Jésus-Christ ».
Cette université qui fait les manchettes pour des accusations de discriminations contre les LGBT : « supervise la formation de centaines de dirigeants-es chinois-es. Ils et elles sont éligibles à ses diplômes » selon les dire de Mme McDonald en 2010.
En 2012, M. Harper a autorisé la controversée vente de la compagnie Nexen à la compagnie chinoise CNOOC pour l’exploitation des sables bitumineux. Récemment, il a aussi signé l’Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE) avec la Chine. Cet accord de 31 ans permet aux compagnies chinoises de poursuivre les conseils municipaux, les gouvernements provinciaux et le fédéral si les règlementations émises par ces administrations ne leur conviennent pas.
C’est spécialement inquiétant si tous ceux et celles du Pari communiste chinois qui étudient à la Trinity Western University se sont fait convaincre que Dieu n’aime pas les zones sauvages, les règlementations environnementales et les restrictions au fonctionnement divin du capitalisme de libre marché.
Grand Dieu ! Que ferait Jésus !









