S’il est un besoin universel, c’est bien celui de respirer un air pur, rendu possible par les végétaux terrestres et aquatiques qui produisent l’oxygène et assainissent l’air. Le secteur est déjà affecté par la pollution générée par l’aéroport et d’importantes voies de circulation. La pollution nuit également à la santé des autres espèces animales alors que les normes visent seulement les humains. La destruction d’écosystèmes ne fera qu’aggraver la situation.
Le besoin de se nourrir est également incontestable. Tout comme les milieux naturels, les terres agricoles de ce secteur constituent un héritage précieux. Les événements météorologiques extrêmes affectant de plus en plus les récoltes, les chaînes d’approvisionnement et les voies de circulation, les États décideront de nourrir leur population plutôt que de poursuivre les exportations. Se donner la possibilité d’assurer notre sécurité alimentaire à proximité devrait donc être privilégié surtout que ce territoire offre déjà framboises, pommes, cerises, noisettes, mûres, amélanches, asclépiade et bien d’autres ressources.
Vivre dans un état optimal de santé physique et mentale constitue également une aspiration universelle. Et le seul contact avec la nature offre des bénéfices incalculables et gratuits. Une amélioration du fonctionnement du système immunitaire, la prévention du déclin cognitif, une réduction de la tension artérielle, une diminution des comportements hyperactifs et impulsifs chez les enfants et une augmentation des interactions sociales n’en sont que quelques exemples. Observer tranquillement les plantes se développer, apercevoir des traces de vie animale ou bouger intensément au grand air, à travers la beauté naturelle, sont des activités qui peuvent être mises en place rapidement sans investissement important.
Nous devons réaliser que la place de l’humain se situe au sein même des écosystèmes plutôt qu’à l’extérieur ou au-dessus. Le respect de la nature dont nous dépendons pourrait alors devenir le centre de nos préoccupations et se refléter dans l’orientation prioritaire d’aménagement de notre territoire, de sorte que nos besoins humains pourraient être plus adéquatement et durablement satisfaits.
Pour assurer ce respect, il est nécessaire d’avoir en main les études de caractérisation indépendantes nous permettant de de connaître parfaitement les espèces animales et végétales peuplant le territoire. Des études devraient également être faites, notamment, concernant les espaces de liberté à consentir aux ruisseaux et aux milieux humides puisqu’ils se déplacent au fil des changements environnementaux.
Un autre besoin humain fondamental est celui d’avoir un abri. Dans les zones appropriées, nous devrions développer du logement social et abordable puisque c’est ce type d’habitation dont la population a actuellement le plus besoin. La Ville agirait enfin dans le sens inverse au marché spéculatif qui fait en sorte que ce sont davantage les banques, que les personnes, qui sont propriétaires de leur habitation. Nous sommes aussi d’avis que le milieu de vie devrait inclure différentes catégories de gens, dans un même édifice : personnes âgées, familles, personnes à faible revenu, notamment, car ce sont ces personnes qui ont actuellement le plus besoin de logement à coût raisonnable.
Puisque le lien social et l’autonomie sont également des besoins humains fondamentaux, la densification résidentielle constituerait la règle. Pour optimiser l’espace intérieur, des aires communes dédiées à différents usages, collectifs ou individuels comme recevoir un invité, devraient être envisagées, tout en prévoyant des espaces d’intimité.
La construction de bâtiments économes en énergie, par exemple en les positionnant dans une orientation favorable à une basse consommation énergétique, devrait être favorisée ainsi que l’utilisation de matériaux à faible empreinte environnementale.
D’autres usages complémentaires aux vocations résidentielles et agricoles pourraient également être inclus, dans la mesure où ils s’inscrivent dans une perspective écologique, comme des services de garde, le partage des savoirs, diverses formations dont l’agroécologie, et des ateliers de réparation. La réduction, la récupération et le traitement sur place des déchets, notamment liés à la construction, devraient d’ailleurs faire partie intégrante de la planification.
Par ailleurs, puisque l’ensemble des zones naturelles sont interdépendantes, il n’est généralement pas question, de segmenter le territoire, par exemple par des routes asphaltées traversant de part et d’autre le secteur. Ainsi, on devrait tenir compte de la proximité avec la route de l’aéroport à l’est et de la route Jean-Gauvin à l’ouest dans le choix des lieux à développer. La connexion entre les nouveaux secteurs et avec les zones déjà existantes au sud serait finalisée grâce à des sentiers pédestres, de vélo, de ski et de raquette.
Les modes de transports collectifs réduiront aussi notre empreinte sur le territoire en évitant le recours à de vastes stationnements. Et cela abaissera les coûts de transport individuels.
La perspective écologique, en plus de viser à ce que les humains entretiennent des relations équilibrées avec la nature, concerne également l’organisation humaine. L’entraide a permis à la nature de prospérer généreusement, bien davantage que la concurrence. Par exemple, les champignons mycorhiziens dans le sol sont essentiels à la plante pour se nourrir et la plante lui fournit en retour les sucres qu’elle synthétise grâce à l’apport du soleil. La coopération a également permis à l’humanité de tirer le meilleur d’elle-même.
Les personnes qui évolueront au sien de nouveau milieu de vie, celles qui y produiront la nourriture ou celles qui y assumeront diverses autres responsabilités devraient être impliquées dans la planification et la création des différents espaces. La participation du voisinage dès les premières phases des projets, devrait également être favorisée, encouragée et activement recherchée afin qu’ils s’intègrent harmonieusement au quartier actuel et puissent susciter des collaborations. Tous ces gens contribueront à la création de cette vision pacifiste et démocratique en favorisant espaces communs, transports collectifs et actifs, constructions et activités ayant un impact minimal sur la nature.
Réunir des personnes qui ne se connaissent pas et proviennent d’horizons divers constitue un beau défi. Des organisations ayant l’expérience dans ce genre de défi devraient appuyer les personnes concernées afin qu’un dialogue respectueux et constructif puisse permettre un avancement harmonieux des différents projets. Des ressources plus spécialisées dans le domaine de la construction, par exemple, devraient également s’adjoindre aux groupes citoyens.
La ville a la possibilité d’agir pour favoriser la création d’un milieu de vie agréable dans le secteur sud de l’aéroport qui soit à l’image des populations qu’il pourrait desservir. Surtout, elle a le devoir de favoriser la résilience face aux changements climatiques, ce qui inclut de conserver la fraîcheur de la ville et les fonctions écologiques des milieux naturels. Ce faisant, elle peut contribuer à préserver la santé de ses citoyennes et citoyens ainsi que des autres êtres vivants actuels et futurs auxquels nous sommes intrinsèquement liés.
Cela implique que la Ville et ses partenaires cessent de traiter l’environnement comme un dossier parmi d’autres en minimisant l’importance des milieux naturels. Les ressources humaines, matérielles et financières pourraient alors être redirigées de manière à ce que les écosystèmes puissent demeurer nos alliés à perpétuité, tout en favorisant la création d’emplois conséquents. Aucun objectif, même économique, ne peut être atteint sans stabilité et durabilité écologique - fondement de toute aspiration humaine depuis toujours.
Résidents et résidentes de Québec ayant signé :
Coralie Rousseau, pour un futur vert et sain
Maxine Dandois-Fafard, Mère au front Québec
Enrique Macias, La Ville que nous voulons
Claire Murati, Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale nationale
Marie-Hélène Joannette-Cartier, Mère au front pour Céleste
Katherine Robitaille, Doctorante à l’Université Laval
Ariane Leduc, Mère au front
Béatrice Lara Bilodeau, Mère au front pour Rose
Thms Gsln, Citoyen concerné et engagé pour la préservation des écosystèmes
Linda Auclair, citoyenne consciente que le VIVANT est essentiel et qu’il doit être aimé et protégé inconditionnellement
Marie-Hélène Felt, Mère au front pour Élie et Jeanne
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